[EP] Omar Jr – Aloha 666

En cherchant bien sur la toile, « Aloha 666 » est un hommage au catcheur d’origine japonaise, Omar del Diego de la Paz Junior de son surnom, dont l’histoire s’est écrit exploit après exploit au Mexique. Spécialiste de la lutte corps à corps, vicieux dans l’âme et généreux dans l’effort, il est le leitmotiv de cet EP illuminé et coloré, qui met instantanément la banane et le baume au cœur.

Lors d’une rencontre au sommet, sur un concert d’une salle dont nous tairons par respect le nom, deux trublions, bien connus de nos services, malins comme des singes, décidés comme des sauterelles, se sont reconnus une fascination irrépressible et mutuelle pour ce combattant légendaire d’Amérique centrale. Ni une ni deux, quelques jours plus tard, El Nicolas (responsable de nombreux méfaits au sein de The Casablanca Drivers) et Martin Luther BB King (le Monsieur qui rêve secrètement de provoquer un featuring entre le génie du Wu-Tang, RZA et la blondasse de service Rod Steward sur un morceau de son groupe Naive New Beaters) se sont donc précipités dans l’aventure d’un surf trip commun au Mexique. Un soir, après une belle session sur le spot mythique de Puerto Escondido, ressassant sans entrain cette belle gauche (loupée) qui déroulait pourtant depuis le matin, en buvant quelques C—–, les deux amis avaient finalement l’esprit occupé par le héros de tout un peuple. Passant à des choses plus sérieuses un peu plus tard dans la nuit, ils ont été pris d’une inspiration soudaine, libre et prolifique. Un premier titre est sorti du sol comme un geyser de pop sautillante et enlevé, prompt à renvoyer à leurs chères études les Versaillais de Phoenix et à rendre dingue n’importe quel programmateur de radio avec ses chœurs imparables et son évidence mélodique. Tombant sur une rediffusion de l’un des matchs les plus acharnés de l’année d’Omar Jr, sur la TV de la « guest house », ils ont vu se déverser tout un tas de couleurs vives de l’écran, perturbant leurs sens et leurs repères, et surtout télescopant leurs souvenirs récents de clips vus dans l’avion pour obtenir un mélange détonnant de funk torride et d’electro-pop remuante comme si les Chromeo étaient soudain produits par Mister LCD Soundsystem himself.

Emportés par leur élan, à deux doigts d’être électrocutés par le ventilateur vrombissant du bar, les voilà en piste pour un karaoké surprise sur un mashup inédit entre Hot Chip et Junior Boys, le tout devant un parterre de retraités américains médusés (« Shadowz »). Refusant de finir tel Elvis à Las Vegas, ils entonnèrent alors ce qui pourrait être le tube de toute une vie, l’imparable « Someone Else », trésor de candeur et d’autorité, capable de faire oublier en une seule mesure, l’intégralité de la discographie réunie de Ra Ra Riot et de Of Montréal. Certaines rumeurs rapportent une fameuse nuit blanche, suivie d’une mise à l’eau matinale pour des exploits qui navigueraient d’Instagram en Instagram. Mais à ce jour, hormis ce témoignage en forme d’EP, notre rédaction est malheureusement sans nouvelle de nos deux aventuriers, qui ont de quoi être sacrément fier de leur bébé. Un concert est annoncé sous peu à Paris, en espérant qu’ils puissent tenir leur engagement.

crédit : Jean-Baptiste Dominici

« Aloha 666 » d’Omar Jr est disponible depuis le 12 octobre 2018 chez Montlery Music.


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La musique comme le moteur de son imaginaire, qu’elle soit maladroite ou parfaite mais surtout libre et indépendante.

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