[Live] Le ciné-concert « Berlin » de Zenzile au Nouveau Casino

Fort de son expérience réussie d’illustration musicale du film « Le Cabinet du Professeur Caligari », Zenzile est revenu nous surprendre au Nouveau Casino de Paris le 5 novembre dernier avec un ciné-concert jubilatoire autour du presque centenaire moyen métrage de Walther Ruttman « Berlin, Die Sinfonie der Großstadt ».
Une journée type dans la capitale allemande en noir et blanc où le son de Zenzile nous en fait voir de toutes les couleurs.

Zenzile

Zenzile, grand manitou angevin de la scène dub depuis 20 ans, aime par-dessus tout relever tous les défis et explorer des territoires inconnus. Le quintet multi-instrumentiste s’est donc attelé à la tâche, mi-2013, pour produire en avant-première et à l’initiative, entre autres, de Xavier Massé, pilier du Festival de cinéma Premiers Plans, un ciné-concert pour l’édition 2014 dudit événement.
Le choix des images s’étant porté sur une œuvre mondialement reconnu de Walther Ruttman « Berlin, la symphonie d’une grande ville », c’était sans compter sur l’extrême imagination et l’inspiration du groupe pour venir soutenir les images de ce film jugé à l’époque de « cinéma absolu ».
Du lever au coucher, la musique, le son, les tempos de Zenzile viennent rythmer avec acuité cette tranche de vie quotidienne type et chronologique de la grande métropole aussi hyperactive qu’insouciante.

En mode dub, reggae ou électro, le groupe s’est méticuleusement attaché à donner une dimension encore plus intense à l’ambiance et au ressenti des images, finement montées et assemblées. Les différents tableaux, tous aussi captivants les uns que les autres, en ressortent esthétiquement amplifiés et sublimés. On ne sait plus trop si les plans ont dicté la partition musicale ou l’inverse. Plus qu’une symphonie, c’est une symbiose qui se déroule sous nos yeux qui ne sont pas habitués à ce genre d’expérience cinématographique.
On se prend penser qu’un film sans dialogue et sans titrage, soutenu par une telle bande musicale, peut se révéler être un extraordinaire vecteur d’émotions et de sensations.
Les notes claquent, éructent et tempèrent les saynètes qui filent à toute vitesse dans un tourbillon sonore. Les musiciens, dos à l’écran, se permettent de regarder le public dans les yeux comme pour mieux lui prouver leur totale communion avec le film.

crédit : Nicolas Nithart
crédit : Nicolas Nithart

« Berlin, la symphonie d’une grande ville » peut ainsi être regardé et apprécié différemment, en se délestant de son étiquette restrictive de simple documentaire testamentaire. Une renaissance insoupçonnée pour Berlin, qui passe de capitale à œuvre capitale.
Et de devenir la seule ville qu’aujourd’hui, on peut écouter les yeux fermés, grâce à la bande originale sortie il y a peu en CD et vinyl. Depuis Angers, Paris, Angoulême et partout ailleurs dans le monde.


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