[Interview] The Struts

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Exténués par une éprouvante mais fantastique tournée les ayant envoyés aux quatre coins du globe, les Anglais de The Struts, emmenés par son charismatique chanteur Luke Spiller, ont accepté de nous rencontrer avant leur superbe show au Download Festival Paris.

crédit : George Fairbairn
crédit : George Fairbairn
  • Pourquoi avez-vous décidé d’ôter quelques chansons de votre album (Everybody Wants) sur sa seconde édition, à l’instar de « My Machine », « You and I »… ?

Luke Spiller (chant) : Eh bien, nous estimions que l’album, qui était sorti deux ans plus tôt, n’avait pas reçu l’accueil escompté. Il n’a pas été assez mis en avant. Lorsque nous avons eu l’opportunité de réaliser un nouveau travail, aux États-Unis, une partie de nous pensait que les chansons étaient super, qu’elle plaisant bien sûr au public ; mais nous avons été repérés en France, à Paris précisément, et regardez ce qui arrive si les gens jouent de la musique aujourd’hui. Donc, avec ça à l’esprit, nous nous sommes dit « Retournons en studio pour remastériser et conclure le travail », pour le faire proprement. Nous avons ajouté combien de nouveaux titres ?

Adam Slack (guitare) : Cinq !

Luke : Cinq nouvelles chansons et maintenant nous avons un meilleur album que le précédent.

  • Est-ce que votre première tournée américaine vous a inspiré pour les titres « Young Stars » et « These Times Are Changing » ?

Luke : Yeah ! « These Times Are Changing » est comme le frère de « Could Have Been Me », c’est comme si « Could Have Been Me » était le début. La chanson a été écrite il y a quatre ans et dit que nous devons aller de l’avant, nous devons continuer, nous devons être qui nous sommes, nous sommes sur le point de le faire, nous allons obtenir ça. « These Times Are Changing » dit presque que c’est arrivé ! Nous avons été à New York, nous avons rencontré les Rolling Stones. « These times are changing, are your ready ?», ça dit qu’il faut être fort. C’est comme le début et la suite, quelque chose de tout nouveau.

  • Vos nouvelles chansons traitent de deux sujets : la montée, l’essor du groupe et des histoires d’amour qui se terminent mal, pourquoi ?

Luke : Tu sais, « Mary Go Round » avait quelque chose que nous avions envie d’inclure dans le premier album. La première version d’« Everybody Wants » était très mouvementée et nous avions besoin de douceur, comme un petit câlin. Bref nous avions besoin de casser un peu ce dynamisme et d’écrire sur une belle histoire d’amour, de jouer sur les mots. « Only Just A Call Away », qui est un autre type de ballade, est plus inspiré par la vie, comment je ressens les choses pendant cette longue relation dans laquelle nous étions aux États-Unis. Mais c’est bien ; ça rend l’album plus dynamique, vous ne pouvez pas garder un rythme fort tout le temps, vous avez besoin de hauts et de bas, de couleurs différentes.

  • Oui, mais « Black Swan » par exemple était plutôt calme, non ?

Luke : Oh c’est une vieille chanson, on venait de faire l’album… Je pense que beaucoup de fans l’aiment. C’est comme une faveur, elle plaît beaucoup peut-être parce qu’elle bouge différemment, ce n’est pas la même ambiance que les autres morceaux. C’est une histoire très sombre, peut-être étions-nous plus sombres et profonds que vous ne le pensez…

  • Est-ce que l’ordre des morceaux sur l’album a une importance ? Nous pouvons imaginer que certaines chansons racontent une histoire, lorsqu’elles se suivent comme « The Ol’Switcheroo » et « She Makes Me Feel ».

Luke : Ah oui, je vois ! Est-ce que vous parlez de l’ordre « un, deux, trois… » ou de la façon dont nous aimons raconter une histoire au fil des chansons ?

  • Un peu des deux…

Adam : Il n’y a pas de lien linéaire entre les morceaux.

Luke : Non !

Adam : On pensait que c’était le bon ordre des chansons quand on a établi la tracklist. « The Ol’Switcheroo » c’était juste… je ne sais pas trop…

Luke : C’est une histoire drôle, elle n’est basée sur rien…

Adam : Un genre de copine en gros.

Luke : C’était comme « Voilà, c’est un sujet osé ». Ça parle de…

Adam : Oh rien de bien sérieux. Je pense qu’on essayait d’écrire quelque chose à cette époque, de perdre ce côté sérieux. Nous voulions être… heu merde… « faces, small faces ». Quelque chose de purement britannique.

Luke : Anglais !

Adam : De très anglais et insolent. Nous imaginions ce côté insensé de « The Ol’Switcheroo », c’est une sorte de roi pas vraiment l’idée d’un meilleur ami : qu’attends-tu d’un meilleur ami/ d’une copine, qui pensent être comme tien ?

Luke : On nomme ça « a tangled shit » (littéralement « une merde emmêlée ») aux États-Unis.

Tous : Oh non !

Luke : Pardon, en Grande-Bretagne. C’est insolent. Ce n’est pas vraiment sérieux, mais des paroles osées avec cet auteur de génie que je suis…

Adam : C’est l’une des chansons les plus drôles à jouer en concert! C’est ma chanson préférée de l’album !

Jed (bassiste) : Je crois que ça fait un peu grogner les fans, à leur première écoute certains s’exclament « eeerk » puis à la fin elle devient l’une de leurs favorites.

Adam : Je crois ça fait ressortir pas mal de nos influences, celles de nos débuts. Pour moi ça a toujours un rapport avec Slade. Tout le mouvement glam faisait partie de nos influences lorsque Luke et moi avons commencé à écrire des textes.

Luke : Nous ne savions pas vraiment comment terminer cette chanson. Quand nous avons enregistré « The Ol’Switcheroo », nous avions toute cette histoire et le genre de fin que nous souhaitions. Donc quand ce titre est entré sur la tracklist c’était super, on s’est dit « Essayons et voyons ce qui va se passer ! » Et quand c’est sorti, ça sonnait très bien. Les gens nous classent, classent The Struts, comme un groupe de glam rock et, pour moi, cette chanson et « Where Did She Go » sont les plus glams.

  • Selon vous, pourquoi êtes-vous plus médiatisés aux États-Unis qu’en Europe ?

Luke : La différence avec les États-Unis, c’est que c’est immense, imagine une interminable campagne autour de toi. Tu dois jouer dans des centaines et des centaines de radios. C’est génial et c’est vraiment un des aspects importants du monde de la musique. Tu dis « Yes ! », tu passes du Royaume-Uni à l’Europe puis au Japon et à l’Australie, les lieux sont incroyables et le marché est très grand.
Nous avons un peu fait les choses dans le sens inverse. Normalement pour un groupe britannique, il faut devenir célèbre dans son pays puis tu essayes d’attaquer le marché américain lors de ton second album. Nous avons fait l’opposé. Notre plan est de devenir, le plus possible, connus aux États-Unis puis de nous faire repérer au Japon, comme nous allons le faire prochainement, et en Australie. Est-ce que tu demandes ce que les Américains pensent de nous ?

  • Oui aussi.

Luke : Je pense qu’aujourd’hui, c’est plus intentionnel de notre part. Pour être honnête, l’Amérique a toujours aimé les bons groupes britanniques : regarde l’Histoire. Je pense que la même chose pour nous, peut-être pas au même niveau, mais nous leur plaisons et nous sommes plus enclin parce que nous adorons la langue anglaise et nous parlons d’argent.

  • Le premier clip de « Kiss This » montre vos premiers pas en France, et votre première session Oüi FM. Le second clip montre vos premiers pas aux États-Unis, est-ce une sorte de repère pour montrer votre ascension ? Avez-vous cherché à dresser un parallèle entre ces deux clips ?

Luke: Yeah! Je ne crois pas que c’était intentionnel, mais c’est super que tu l’aies remarqué. Nous n’y avions jamais pensé, c’est sympa de voir les deux vidéos l’une après l’autre parce qu’elles montrent des choses différentes de nous : deux moments différents où notre carrière a pris un bon tournant. Avec la France, par exemple, parce que c’est vous qui nous avez soutenus au début, nous avons fait la première partie des Rolling Stones, c’était il y a deux ans maintenant !

Jed : Deux ans ce week-end !

Luke : Deux ans ce week-end et tu n’as pas idée : toutes les putains d’interviews aux États-Unis : « Stones, Stones, How was it like? How was it like? »
Ça a été vraiment important pour nous, Paris nous a beaucoup aidés. Le second clip de « Kiss This » est cool, c’est comme… c’était l’une de nos meilleures tournées à ce jour, nous avons joué dans plein de radios, la foule était toujours comprise entre trois cents et cinq cents personnes, comme ici. Nous n’avions jamais connu ça avant : être dans un grand bus ! C’est cool, c’est l’une de nos raisons d’être. Donc ce n’était pas intentionnel, mais tu peux dire que oui !

  • Comment avez-vous eu l’idée de faire un mashup de « I Always Knew » (The Vaccines) et de « Hotline Bling » (Drake) ?

Luke : Nous adorons tous The Vaccines. Je me souviens en train de jouer au piano « I Always Knew ».  Nous étions dans cette pièce en Grande-Bretagne, et nous faisions des covers et nous nous sommes dit « Faisons « Hotline Bling » ». C’était un tube aux États-Unis et je l’aimais beaucoup. Donc nous avons essayé, mais ça ne fonctionnait pas vraiment et j’ai lancé « Pourquoi on ne la jouerait pas avec les mêmes accords qu’« I Always Knew » ? » Donc nous avons associé les deux morceaux, c’était vraiment spontané !

Jed (en français) : Comment on dit “spontaneous” en français?


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ENGLISH

The Struts

  • Why did you choose to eject some songs as “My Machine”, “You And I”, on the second issue of “Everybody Wants”?

Luke: We felt that the album was out two years ago and didn’t have the justice it deserved in terms of the way it was advertised and pushed out. So when we had the opportunity to realize a new labor, in America, both of ourselves thought the songs are great, they obviously resounded in the people because we were looked in France, and Paris especially, and we were like this: « hey this is what happened if people are still playing the music. »

So, with that in mind, we thought let’s go back and remaster and finish the songs, and do it properly. And we added five new tracks, so now we’ve got a better album than we have before. It’s good.

  • Does your first American tour inspired you for “Young Stars” and “These Times Are Changing”?

Luke: Yeah! So “These Times Are Changing” is like “Could Have Been Me”’s brother. It’s like Could Have Been Me is the beginning, it was written four years ago and it talks about that we have to carry on, to be who we are, we gonna make it, we gonna get that. “These Times Are Changing” is talking about like it happening, we’ve been in New York City, we met the Rolling Stones “These times are changing, are you ready?” It’s about to get heavy, it’s like the beginning and the start of something brand new. So it’s very cool.

  • Your New tracks deal with two subjects: the ascension of the band and love stories’ sad ends, ant them?

Luke: You know “Mary Go Round” was something that we felt for the first album. The first version of “Everybody Wants” was like “Bang bang bang”, very emergency. We needed that softness, we needed like a little cuddle, we needed to bring it more dynamic and, I think, it just felt naturel to write about a very good love story and to play on words. “Only Just A Call Away” which is again another kind of balladry, was more inspired by life, how I’d must feeling, all along this relationship when we were in the U.S. And it gave the album more dynamic, it can’t just be hard all the time, you need ups and downs and different colors.

  • Yes, but “Black Swan” for example was very calm…

Luke: “Black Swan”, yeah, I mean that’s an old song, we’d just make the album…I think so many people and the fans loved it, it’s seams a fan’s favor, I think because it’s so different in terms of mood than the other tracks that we’ve done. And again that’s a very dark story… I don’t know you know… maybe we were more deep and dark than you think…

  • Does the order of the songs on the new album have an importance? Because we can imagine that the songs tell a story, as an example “The Ol’Switcheroo” is followed by “She Makes Me Feel”…

Luke: Oh yeah, I see, are you talking about the way the songs go to one, two, three… or are you talking about the way we liked to tell a story throughout the songs?

Adam: There is no linear story…

Luke: No!

Adam: We thought it was exactly good in order about the choice of track list things. “The Ol’Switcheroo” it was just… I don’t know…

Luke: It is a funny story, not based on anything

Adam: A sort of girlfriends basically.

Luke: It was just like “ok that’s it, that’s a heinous subject”. It talks about…

Adam: Oh anything that would be glad to be serious. I think we tried to write something at the time, losing a side which was quite serious. We wanted to be… oh what the fuck… faces, small faces. Something more, like very British

Luke: English!

Adam: Like English and cheeky. We thought this side insane of “The Ol’Switcheroo” that just a kind of king not really the idea of a best friend: what do you want of a best friend, girlfriend, because they though they’re like yours?

Luke: We call it a tangled shit in America.

All: Oh no!

Luke: Sorry, in the UK. It’s cheeky. It’s not really serious, but heinous lyrics with that genius song writer who is me…

Adam: Is one of the most fun songs to play live! It’s my favorite song of the album!

Jed: I think it’s a real fan’s growl as well, so many fans at their first listen they’re like “eeerk” and by the end it’s one of their favorite.

Adam: I think it’s like a lot of our influences, from the start of the band. To me it’s like always with Slade. But the all glam movement I think is one when Luke and me start to write songs.

Luke: We didn’t really know how to achieve the song. When we recorded the “Ol’Switcheroo” we had all of this history of what we kind of like wanted to like achieved. So when it came for this new list it was great, it was like: let’s try it and see what happens!

And when it turned out it sounded really good. People call we, call The Struts, like a glam rock band and to me that song and “Where Did She Go” are the most glam.

  • Do you think that you’re more mediatized in America than in Europe? Because you did two important Late Show.

Luke: The difference is the U.S is so big, if you imagined like a grand campaign around you. You get play on hundreds and hundreds radios stations. So it’s great and it’s really considered as only one aspect about the musical world. You know you still gone like “yes!”: you go to the UK, to Europe, to the Japan, Australia, massive places and a very big market. You know we’ve gone kind backward. Normally for a British band you get big in the UK and America is something that you try to crack on your second author album. We’ve done the opposite. Our plan is: we’ve going to get biggest as we can in the US and, and after all this time, to get interested in Japan now and Australia soon. You talk about how Americans think of us? Well, I think we find it more intentional today. To be honest America always loves a good British band, look in the history. So I think it’s the same with us, maybe not the same level, but they enjoy us and they find us more inclined because we love English, we speak, we talk money.

  • The first clip of “Kiss This” showed your first steps in Paris, and your first Oüi FM session. The second clip shows your first steps in America. Is it a sort of landmark of your ascension? Did you want to draw a parallel between those clips?

Luke: Yeah! I think it was unintentional but it’s really cool you point it out. We never thought about that, it’s nice to see those two videos next to each other because they were both show like you said: two different occasions where our career is really taken a turn for the better. You know, with France for example, because you guys had really embracing us, we then managed to support the Rolling Stones, it has been two years now!

Jed: Two years on this weekend!

Luke: Two years on this weekend and you have no idea: every fuckin interview in the US Stones, “Stones, Stones, How was it like? How was it like?”

That was very big for us, Paris helped us immensely. The second “Kiss This”’s video is cool, it’s like… it was one of our best tour today, because we’ve been play on the radio on the time, the crowd went and was around three hundred, five hundred, it’s like the above. We never had that before: been on a big bus! This is cool; this is a stuff we live for. So it was unintentional, but you could say that what we wanted to do.

  • How did you think to make a mash up of “I Always Knew” (The Vaccines) and “Hotline Bling” (Drake)?

Luke: We’re all glad to love The Vaccines, I remember playing the piano and doing a version of “I Always Knew”. We were through into this room in the UK, and we had to do cover and we said “oh let’s do “Hotline Bling”. It was very big in the US and I really enjoyed the song. So we tried it and it didn’t really work and then I said Why don’t we try to do the same chords by playing “I Always Knew”? So then we put the two together and it was very spontaneous!

Jed:  Comment on dit “Spontaneous” en français ?

  • It’s spontané!

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