[LP] The Preatures – Blue Planet Eyes

Durant l’été 2013, on découvrait « Is This How You Feel? » et, du même coup, l’une des figures montantes de la nouvelle scène australienne : The Preatures, ou l’incarnation d’un soft-rock actuel entre HAIM et San Cisco, allant parfois trouver l’inspiration du côté du Fleetwood Mac des 80’s.

The Preatures - Blue Planet Eyes

Un titre diablement accrocheur, basé sur des riffs mélodieux et rebondis, et sur le chant à la sensualité transpirante d’Isabella Manfredi couplé à celui de son guitariste, Gideon Bensen.
Une mixité des voix, un savant dosage de pop vintage et de rock FM, pour un titre imparable et évident à la première écoute, à destination des amoureux de déhanchements torrides sur la piste de danse.

S’en suivait un premier EP éponyme à ce premier single, en août 2013, qui dévoilait la palette des talents du groupe, entre pop-rock obsédant et tourmenté (Manic Baby) et ballades blues pop langoureuses (Revelation (So Young)) ou à la mélancolie fiévreuse (All My Love).

Le temps de bâtir les fondations d’un premier album, le quintet de Sydney dévoilait, en février 2014, le passionnant « Better Than It Ever Could Be », réveillant d’un coup tous nos souvenirs nostalgiques d’un pop-rock mélodieux ayant bercé toute notre jeunesse, entre le « MMMBop » des frères Hanson (quitte à remonter plus loin dans le kitsch) jusqu’au « Girls Just Want To Have Fun » de Cindy Lauper. On vous avait prévenus. Malgré ces références qui pourraient sembler risibles aux yeux de certains, on retrouvait chez The Preatures cette patte unique, qui ajoutait un cachet actuel et immédiat à sa musique. Des refrains qu’on chantonne à tue-tête, des mélodies qui nous collent à la peau, des petits battements de jambes qu’on fait pour accompagner la musique ; pas de doute possible, Isabella et ses garçons savent écrire et composer des tubes.

Malgré ce beau démarrage, il restait pour le groupe australien à concrétiser ces premiers actes sur long format. Telle était donc la mission de « Blue Planet Eyes » : dévoiler d’autres hits potentiels, seuls à même d’installer The Preatures au Panthéon des groupes pop australiens sur une décennie ou plus.

Après l’éponyme « Blue Planet Eyes », titre aérien et rêveur, plus introductif que véritablement marquant, « Somedy’s Talking », nous prouve en 3 minutes et demie que The Preatures en a décidément bien sous la semelle. Lancé par une série de riffs directs et entêtants, on se met dès lors à bouger frénétiquement les deux jambes, à faire vriller notre torse sur le chant faisant sens avec la sensualité débordante de l’irradiante Isabella, à laisser nos bras suivre les mouvements de notre corps tout entier, de la tête au pied. Un vent de fraîcheur souffle sur la pop et embrase au même instant notre cœur palpitant. Un hit est né et, tel une étoile, bien parti pour briller…

Loin de s’en contenter, « Ordinary » prolonge notre plaisir avec une sensualité désarmante, à l’aide de ces mêmes riffs caractéristiques qui, sans relâche, réveillent nos instincts de danseurs-nés.

Et comme pour prouver que nous avions raison d’attendre, grâce à The Preatures, le disque parfait pour ambiancer une soirée, « Two Tone Melody » offre, après ces quelques minutes de défoulement, une parenthèse apaisante et réconfortante, de celles qu’on appelle communément un slow. Sur des rythmiques freinées à la batterie, on laisse le chant d’Isabella nous accompagner le long de notes de claviers plus apparentes. Avec toujours cette même sensualité, mais c’est bien une autre saveur, plus délicate, plus mesurée, qui s’extrait alors de notre écoute.

Après des titres moins indispensables, plus discutables (la vaporeux « Rock And Roll Rave » et le turbulent et pressé « Whatever You Want »), « Cruel » nous remet sur la bonne voie énergique des premiers titres. Jonglant entre un jeu vibrant et un chant animé et profondément détendu, on prend définitivement goût à la spontanéité du titre.

Arrivée dans les derniers titres, notre oreille ne nous trompera alors pas ; l’excellent « Better Than It Ever Could Be » est bien présent, répondant sur l’album au doux nom de « It Gets Better ». L’honneur est sauf.
Pour conclure en beauté, mais sans artifice inutile, « Business, Yeah » vient alors graver avec une langueur infinie, à la manière du « Temptation » de Moby, un dernier souvenir ému d’une écoute fourmillante de sentiments et d’intensité aux polarités inversées.

crédit : Phil Smithies
crédit : Phil Smithies

« Blue Planet Eyes » de The Preatures, disponible depuis le 26 septembre 2014 chez Maison Barclay.


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