The Maccabees, Given To The Wild

Sorti depuis peu en Angleterre, le troisième opus des Maccabees « Given To The Wild » est déjà quasiment en tête des ventes et encensé par la presse anglaise. J’ai eu la chance de pouvoir l’écouter depuis lundi et à ma grande surprise, je reste sur ma faim.

Les Maccabees c’est avant tout un quintet en provenance de Brighton, mené par le charismatique Orlando, dont la voix ne laisse personne indifférent. On retrouve aussi les frères White (Hugo et Felix) derrière les guitares, Rupert à la basse et Sam à la batterie (après avoir remplacé Robert sur le deuxième album). Ils ont déjà à leur actif deux albums hauts en couleur qui ont montré une progression certaine des garçons, tant dans la maturité des textes que dans la maitrise des instruments. Si « Colour It In » se veut un opus un peu « brouillon » et très rock avec ses guitares incisives, « Wall of Arms » le second est un pur bijou pour ses mélodies percutantes, ses lignes de basses envoutantes et ses textes très poignants.

Suite à ça, le groupe souhaite changer de direction et enfin trouver son « propre son », celui qu’il recherche depuis longtemps. Et dès la première écoute, dès le premier morceau on sait qu’il y a, en effet, eu un changement radical dans les compositions. L’album commence avec l’intro « Given To The Wild » qui se veut planante, apaisante et qui annonce haut et fort la suite de l’album. Dans l’ensemble les chansons se font très calmes très douces avec l’apparition d’un piano et de claviers.

Piano qui a un côté très poignant sur « Ayla », Ayla qui reste d’ailleurs mon morceau préféré de l’album et de loin. On retrouve aussi des cuivres sur Child, chanson que le groupe jouait depuis quelque temps en live et que j’aime beaucoup. Mais sur cd, la magie opère moins, la faute a une production que je trouve un peu trop lisse, trop « parfaite ». Les arrangements sur la voix tant particulière d’Orlando ne m’emballent pas non plus des masses. Trop de reverb, trop d’effet, on ne la retrouve plus dans son état « brut » comme sur les albums précédents. La basse se fait beaucoup moins entendre à mon grand regret, c’est ce que j’aime tant chez ce groupe, ces lignes percutantes qui vous restent en tête. On l’entend au début de « Unknown » avant qu’elle ne soit trop « couverte » par la voix là encore réarrangée d’Orlando.

Certes le chanteur a encore progressé dans son chant et s’est ouvert un répertoire plus large, mais on aurait peut-être souhaité entendre ce que le tout donnait sans ses effets derrière. Le groupe a incontestablement pris un virage pop limite psyché avec toute cette expérimentation et ces ajouts d’instruments. On regrette que les guitares ne se fassent à nouveau puissamment entendre que quelques instants, comme sur « Child » ou encore à la fin de « Feel To Follow ». En constat, le premier single « Pelican » annoncé par le groupe se veut surement être le seul morceau à être différent du reste de l’album ; morceau que justement j’apprécie beaucoup pour ses guitares et le fait que Hugo White y prête sa voix ! Les chœurs sont tout de même un point positif, car ils amènent de la puissance aux chansons, comme sur « Grew Up At Midnight ».

Le groupe n’a-t-il pas voulu aller trop loin en cherchant la perfection sur cet opus, à travailler d’arrache-pied pendant une bonne année en studio. Cet album va en surprendre plus d’un, mais je ne doute pas qu’il sera apprécié à sa juste valeur et montré du doigt comme l’un des meilleurs de 2012. Pour les réticents comme moi, beaucoup d’écoutes seront de rigueur afin de l’apprécier, et les voir en concert changera surement la donne. Il est en tout cas certain que le groupe a atteint une grande maturité et une certaine maitrise dans la production de leur musique. On ne leur souhaite que la réussite qu’ils méritent.

Les morceaux qui marquent l’album : « Went Away », « Pelican », « Ayla » et « Grew Up At Midnight ».

« Given To The Wild » sort le 30 janvier en France chez Fiction Records.

www.themaccabees.co.uk

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