[Live] Royal Blood au Grand Mix de Tourcoing

Difficile de nier que l’excitation est à son comble ce 15 novembre 2014 dans la métropole lilloise. Ce qui justifie ce sentiment exalté ? La venue des Anglais de Royal Blood au Grand Mix de Tourcoing. Ce groupe est sans conteste une des grandes révélations de l’année 2014 avec « Royal Blood », album éponyme de génie, et le concert affiche complet depuis des mois.

Royal Blood © David Tabary

Nul doute que, alors que le groupe vient d’annoncer qu’il assurerait la première partie des Foo Fighters lors d’une tournée des stades au printemps prochain, chaque spectateur a conscience du privilège que représente le fait de pouvoir voir le duo jouer dans une salle ne pouvant accueillir que quelques centaines de spectateurs. Pas étonnant dès lors de voir une foule importante devant la salle bien avant l’ouverture des portes : les places aux premiers rangs seront chères !
Pour ma part, j’arrive à négocier un accès en bord de scène, plein centre. Le fan de Royal Blood est compréhensif et bon esprit, ce qui se confirmera tout au long de la soirée. À ma gauche, un spectateur me confie être venu surtout pour voir les pédales d’effets de Mike Kerr et comprendre enfin comment ce type fait pour sortir un son de guitare de sa basse. Derrière moi, on parle anglais et flamand.

Passons sur la première partie assurée par Bad Breeding, autre groupe anglais, sorte d’ovni post punk qui donne plutôt l’impression d’être venu prendre la pose qu’autre chose : montée sur scène en retard, larsens, hurlements et grandes lampées d’eau minérale pour se rafraîchir au programme…

Le concert des Royal Blood débute étonnamment avec une B-side de l’EP Out Of The Black, « Hole ». Encore un titre pour se chauffer (Come On Over) et le public commence à jouer des coudes sur « You Can Be So Cruel ». Mais c’est véritablement sur « Figure It Out » que se lance le premier vrai pogo de la soirée. Alors que j’essaie de m’extraire de la masse, je montre à un type que je protège un appareil photo et celui-ci s’excuse platement en m’ouvrant un passage pour m’aider à bouger. Prenant le large sur un côté de la scène, je découvre un spectacle auquel je n’avais jamais assisté auparavant : un pogo mêlant des jeunes d’à peine 20 ans et des types approchant la cinquantaine. Le tout dans une ambiance survoltée et bon enfant à la fois. Le rock dans ce qu’il a de plus beau à offrir, en somme.

Côté scène, on est impressionné par le charisme des Royal Blood. Ces deux-là communiquent peu (à peine une ou deux questions au public pour lui demander s’il passe un bon moment), mais ils en imposent tellement derrière leurs instruments qu’ils forcent tout à la fois le respect, l’admiration et la ferveur. La technique de Mike Kerr à la basse est absolument prodigieuse : certes, il y a les pédales d’effets, mais il faut le voir jouer de son instrument des deux mains pour le croire (la main gauche sur le manche est souvent plus active et rapide que la droite). Et si l’on a pu s’inquiéter de le voir débuter le concert en buvant du café ou du thé (les suites de son récent « arrêt maladie » ?), on le retrouve rapidement à boire du Jack Daniel’s directement à la bouteille. Ouf, l’honneur du rock est sauf ! Quant à Ben Thatcher, c’est la force tranquille derrière ses fûts, une énergie qui l’amène parfois à se lever pour jouer debout, ne pouvant plus tenir en place.

L’un des points d’orgue du concert des Royal Blood est atteint sur le titre « Ten Tonne Skeleton ». Ceux qui savent compter se seront-ils rendus compte qu’il s’agit du 10e morceau du concert, soit autant de titres que compte l’album Royal Blood (une autre B-side, « You Want Me », celle du single « Come On Over », a été jouée un peu plus tôt) ? Toujours est-il que le public se donne sans compter à l’amorce de cette chanson, poings en l’air pour les uns, pogo ravageur pour les autres au son des paroles « I waited too long – Yeah, I waited too long ».

Autre point culminant, comique celui-ci, sur l’excellent « Loose Change » : un spectateur, à la faveur d’un slam, se retrouve sur scène. Raccompagné par la sécurité, il lui vient à l’idée de faire un stage diving à l’endroit de la salle où sont concentrées quelques jeunes groupies du duo. Résultat : un hurlement et un public qui s’écarte, laissant le type s’écraser au sol comme une crêpe, heureusement sans trop de mal. Là encore, on est raccord avec les paroles alors que Kerr scande : « They’ll get down on your floor »

Tout le monde se reconcentre immédiatement sur le concert alors que Royal Blood conclut le show par « Out Of The Black », le morceau qui débute a contrario l’album. Dans une version encore plus percutante que celle du disque, les Royal Blood donnent tout ce qu’il leur reste d’énergie. Mike Kerr s’essaie au crowdsurfing et joue sur le dos tandis que Ben Thatcher se met debout sur un de ses fûts pour haranguer la foule. Le concert s’achève sur un dernier effet de pédale de Kerr, qui laisse sa basse émettre d’ultimes sons de bonheur au sol. Pas de rappel : le concert aura duré le temps de 12 titres joués d’un bloc et tout en tension : c’est court mais déjà énorme, et encore bien au-delà de toutes les espérances des fans les plus fervents !


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