[LP] Ringo Deathstarr – Pure Mood

Perdu entre éléments furieux et calmes, mais dissimulant une tempête d’idées inépuisables, le nouvel album de Ringo Deathstarr devient rapidement indispensable et puissant. Et en profite pour laisser sur le carreau bon nombre de groupes shoegaze qui vont devoir courir vite pour rattraper cette locomotive partie pour être inarrêtable.

Ringo Deathstarr - Pure Mood

Une explosion, d’abord contenue, puis se répandant partout, dans nos oreilles, dans nos esprits, dans notre cœur. Que dire d’un tel disque, sinon qu’il dépasse toutes les espérances que l’auditeur pourrait porter dans le rock et le shoegaze ? Comment résumer ce choc, malingre, fort, parfois violent mais toujours juste ? « Pure Mood », le nouveau LP des Texans de Ringo Deathstarr, frappe un grand coup ; mais, surtout, s’invite à la fête en branchant des guitares dont le volume est réglé à fond, pour nous bercer de douces mélodies vocales prêtes à imploser. Un coup de génie, tout simplement. Et, pour certains, une révélation.

Tout commence pourtant de manière assez posée grâce à « Dream Again », une courte ballade qui ne laisse en rien supposer la déflagration qui s’apprête à envahir tout l’espace sonore qui nous entoure. Le bien nommé « Heavy Metal Suicide » et ses six cordes acérées, lui, plante le décor : le bruit sera ou ne sera pas. Ce que viennent confirmer les dépassements de décibels toujours parfaits de titres langoureux mais débridés (Show Me the Truth of Your Love, California Car Collection), dissimulant des trésors noisy et contemplatifs (le solo de « Guilt » et celui, tout en larsens, de l’incroyable « Boys in Heat »). Ne pas faire dans la dentelle, tout en conservant ce minimum harmonique vital à la respiration, avant d’y retourner pour une nouvelle claque destructrice (Old Again, Acid Tongue). Que dire, sinon qu’on est immédiatement transporté par ces pistes magnifiques et magistrales, où la sueur se mêle à la beauté ? La belle et la bête, en quelque sorte.

Détruire les fondations du shoegaze pour mieux les rebâtir, avec ce supplément d’âme que les voix se chargent de lisser, de polir sur ces terres brûlées où tout se confond, nous échappe, nous parle. Entre l’air et la poussière, Ringo Deathstarr se montre tour à tour âpre et enjôleur, faisant fi des modes et des contraintes pour mieux se libérer et exaucer nos prières. On se retrouve alors à genoux devant ce déchaînement des éléments, chauds puis gelés ; ces mouvements fantomatiques qui nous encerclent et s’abattent sur nous. Ces comètes et météores créatifs qui nous écrasent et nous enserrent, viscéralement. On touche au sublime, à la perfection, face à ces errances parfois brutales mais souvent bienfaisantes. Comme frapper des poings contre les murs avant de s’effondrer, le souffle court, pour mieux se relever.

Ringo Deathstarr

Dévastateur et immatériel : « Pure Mood », le compagnon idéal des nuits froides et des ballades en solitaire, sur les sols imprégnés d’une pluie éparse et de notre sueur. Exceptionnel.

« Pure Mood » de Ringo Deathstarr est disponible depuis le 20 novembre 2015 chez Club AC30.


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