[Clip] [Exclusivité] Passion Coco – Blue Hotel

L’exercice de la reprise peut-être un acte de pure créativité et d’inventivité quand elle prend le chemin d’un détour stylistique aussi vivifiant et joueur que celui de Passion Coco. Et un peu de nostalgie régressive n’a jamais fait de mal à personne :  en effet, le groupe s’est attaqué à l’imposante ballade rock du crooner américain de la fin des années 80, Chris Isaak, le tube en puissance à hurler sous la douche, « Blue Hotel ». La rédaction d’indiemusic vous propose d’ailleurs en exclusivité pour vos yeux et vos oreilles ébahis un délicieux moment d’évasion cumbia avec leur dernier clip malin et psychédélique.

Mais mettons déjà les choses au clair, même si en France, Chris Isaak a fait les beaux jours du top 50 dans les années 80, il n’en reste pas moins un musicien intéressant à plus d’un titre. Certains albums contiennent quelques morceaux de bravoure comme « Baby Did a Bad Bad Thing », « Solitary Man »…. pour une carrière qui a décollé un peu par hasard, poussée par le coup de pouce du grand David Lynch, le tout dans un background musical typiquement US, entre blues, folk, rockab’, boogie… De son côté, Passion Coco se signale depuis quelques années comme l’un des groupes les plus excitants du revival cumbia planétaire. Certainement moins connus que les différentes entités du DJ anglais Will Holland alias Quantic, en tout cas, pour le grand public, les Angevins démontrent à leur manière que la cumbia est encore aujourd’hui le fruit d’un métissage permanent et d’une constante évolution. Apparue en Colombie, à la fin du 19e siècle, la cumbia a traversé les époques et les révolutions musicales, pour donner ce mélange détonnant et coloré qui anime aujourd’hui l’esprit et la musique de Passion Coco. Au cœur de leur reprise décalée et voyageuse, la guitare surfe sur les vagues du psychédélisme, la basse groove comme celle des Clash dans leur fameux triple album « Sandinista », les percussions naviguent à vue dans l’axe transatlantique, à mi-distance entre l’Afrique et l’Amérique du Sud, le cuatro, cousin andin du ukulélé, est fier de son acoustique si marquée et si vibrante. À écouter les digressions sonores et réverbérées de l’ensemble, la chose pourrait avoir été transformée par un infernal sorcier du dub, comme pouvait l’être le regretté Lee Perry.

À travers leur cover détournant l’imaginaire de base du road trip qui colle forcément à la musique de Chris Isaak, c’est à un décollage cosmique en règle que nous invitent les Passion Coco. Mais à la différence de Thomas Pesquet, l’embarquement ne se fait pas dans une fusée, mais bien dans une BX, de flammes toutes vêtues, et emblème de leur nouvel album à venir ! Au volant de la Citroën siège une sorte de Sergent Garcia (incarné par l’un des membres de Passion Coco) qui viendrait de passer ses vacances au camping des Flots Bleus : au détour d’une route, il serait emporté dans le tourbillon d’un épisode de La Quatrième Dimension. Vous suivez toujours ?

Pour résumer, les membres de Passion Coco aiment jouer avec les codes des cultures populaires qu’ils soient musicaux, cinématographiques, graphiques… et surtout brouiller les pistes, avec beaucoup d’esprit, de finesse et d’espièglerie. À ce jeu-là, ils pourraient d’ailleurs se disputer le prix international de la reprise en mode cumbia de ces dernières années, en compétition avec Nada Importa (« Nothing Else Matters ») et Quantic y su Conjunto Los Míticos del Ritmo (« Don’t Stop Till You Get Enough »). Mais vous l’aurez compris, du côté d’indiemusic, nous avons déjà délibéré et le grand gagnant est…

« Saga Cósmica » de Passion Coco, sortie le 13 décembre 2021 chez MaAula Records.


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