[Live] Parcels et Garçon de Plage à Stereolux

De passage à Stereolux dans le cadre de sa tournée européenne se jouant à guichets fermés, le quintet australien Parcels a fait de nous les témoins éclairés de sa pop funky et généreuse. Une soirée mémorable qui a régalé les Nantais présents, bienheureux de pouvoir découvrir avant l’heure les pépites radieuses d’un long format attendu en début d’année prochaine.

Parcels – crédit : Fred Lombard

En ouverture de notre soirée du 15 novembre, farniente et chemises à fleurs s’invitent en compagnie de Garçon de Plage et ses « plagistes ». Le chanteur parisien, tel un Nusret Gökçeet, saupoudre sa prestation malicieuse de mélodies et de mots doux, portant avec ses complices tropicalisés un mouvement de fraîcheur et d’élégance somme toute très française. Sans une once de timidité, notre ouvreur de salle se fait le conteur de l’ennui sans jamais le paraître et développe avec une aisance naturelle et ingénieuse ses histoires irradiées de textes de velours et de notes délicieusement rétro.

Cette première partie surprise (et vice-versa) – l’Israélien Hush Moss était initialement annoncé – rayonne de sensations enivrantes, quand son acteur principal fait admirablement l’éloge d’une élégante paresse, sinon d’une audacieuse finesse. Impossible alors de ne pas tomber dans les bras de cette pop très française rangée dans les étagères de la belle chanson à textes, entre la mélancolie en cavale d’Étienne Daho, la gravité lunaire d’Octave Noire et l’imaginaire intrépide de Mathieu Chedid. Belle surprise donc que ce rafraîchissant projet aux notes fleuries d’un été indien entretenu par un séducteur à la méthode douce.

Devant un immense rideau argenté, les Australiens profitent de l’entracte pour peaufiner les ultimes réglages d’une performance qui s’annonce déjà millimétrée, sous la bienveillance de leur éternelle ambassadrice, Kylie Minogue, sur un « Can’t Get You Out Of My Head » diffusé à plein tube. Portée par un public enthousiaste, pas besoin de warm-up pour lancer la machine Parcels : une intro savoureuse, l’entraînant « Myenemy » et le non moins détonnant « Hideout » ouvrent le bal des singles. Émissaires d’un funk dans son époque, croisant la pop et l’électronique tel un alliage à la fois noble et d’une grande limpidité, les cinq amis baignent à l’aise dans leur musique sensuelle et follement enivrante, jamais trop aguicheuse mais toujours magnifiquement incarnée. Les instant classics défilent ainsi tout au long de l’heure de jeu, résonnent en nous et nous entraînent, jeux de jambes aidant, dans cette party fine et chaleureuse, souvent accolés à quelques harmonies vocales délicieuses et du plus bel effet, que l’on retrouve d’ailleurs sur « Alie », première nouveauté convaincante, puis sur le très choral et percussif « Bemyself », autre bonne surprise du set.

Entre deux jeux de mots bien trouvés (« Are you ready or Nantes? », il fallait oser !), les nouveautés bientôt couchées sur platine tiendront ainsi la réplique aux singles déjà adoptés. Le charme du Pacifique, lui, opère indéniablement lors de cette prestation chaleureusement remuante et enflammée d’une douce torpeur. À l’aise sur scène, le quintette funk n’a alors plus qu’un mot à dire pour nous emmener au-delà de la nuit, sur la piste de danse d’un Stereolux bondé mais grandement respirable, au sein d’un public à l’air radieux sur l’irrésistible « Overnight ». Nous garderons ainsi le souvenir intact d’un concert flash passant, à la vitesse de la lumière, d’un groove sensuel aux pulsations intenses d’un funk des très grands soirs. Un show généreux, passionnant et d’une indéniable efficacité, pour une performance venue défier les lois de la pop terrestre sur le très métaphysique « Physics », évoluant vers des plages instrumentales de plus en plus expérimentales, pour notre plus grande extase. Avec Parcels, l’épopée du cool ne fait que commencer !


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