[LP] Lisa Portelli – La nébuleuse

Avec « La nébuleuse », Lisa Portelli nous offre un disque où le sang et la passion s’entremêlent, à travers des mélodies rock et un chant vivant et d’une incroyable poésie. La rencontre de deux extrêmes dans un seul et unique but : montrer l’amour sous toutes ses formes, des plus belles aux plus obscures.

La sortie du nouvel album de Lisa Portelli était entourée d’un mystère partiellement dévoilé au fur et à mesure des indices disséminés durant les semaines qui l’ont précédée. Avant de découvrir « La nébuleuse », l’auditeur sentait que quelque chose de fort était sur le point de se passer ; mais n’imaginait pas une seule seconde que le résultat serait aussi traumatisant. Car l’opus, chavirant avant de reprendre le large sans jamais sombrer, lutte continuellement contre vents et marées, une image qui le traverse de part en part. Et pour cause : l’embarcation de fortune se métamorphose, sous nos yeux, en un navire dont on explore les cales et les cabines en y collectant, pas après pas, de véritables trésors.

Il serait vain de chercher toute forme de rébellion dans « La nébuleuse ». Au contraire, Lisa Portelli expose, au regard de tous, des textes intériorisés et passionnés, portés par des élans rock puissants et profonds afin d’en affirmer les qualités et les images qu’ils inspirent. « De noir et d’or » semble nous inviter à un rêve, tourmenté certes, mais purificateur, avec toutes les rencontres et émotions que cela induit. « Appartenir au large » fait cracher des riffs martelés et écrasant les idées reçues, afin de trouver, dans la pierre, la perle rare et charnelle qui fait de la séduction une aventure semée d’embûches, mais impossible à ne pas vivre ; tandis que, plus loin, « Vers d’autres voies » dévoue à la saturation une réponse essentielle aux griffures et blessures éprouvées quand l’usure guette, hurlement aussi avide que bouleversant. Le sentiment ultime demande de l’engagement, du respect, de l’écoute ; mais, surtout, de se dépasser pour faire exister le lien si ténu qui unit les êtres. « Naviguer » regarde au loin, n’abandonnant jamais son objectif quelles que soient les erreurs et les douleurs. La pop instrumentale de « La nébuleuse » est une confidence, un journal intime du doute de soi et des multiples visages qu’une femme peut revêtir, tout en s’appliquant parfaitement à la dualité masculine. Des pictogrammes spatiaux conviant l’individu à dépasser la prière pour être entier (« Cherche la joie »), fouiller dans les décombres d’une solitude taillée par la pression quotidienne mais que le disque explose en des milliers d’étoiles. Pour finalement invoquer la symbiose, évidente et naturelle, des âmes et de leurs élans (« Je suis la terre »).

« La nébuleuse » est une confession autant qu’un testament à suivre, à parcourir des yeux afin de s’en imprégner. Une prière et un espoir que seuls les acteurs de la parole et du regard, ceux que l’on échange en étant face à l’autre, peuvent enfin comprendre et désirer du plus profond de leur cœur. Lisa Portelli, grâce à cet album, devient notre Mater Dolorosa, celle par qui la splendeur et la vérité ne sont plus de vains mots, mais de bouleversantes évidences. Sans conteste possible, « La nébuleuse » est un voyage exceptionnel, humain et inoubliable.

crédit : Yann Orhan

« La nébuleuse » de Lisa Portelli est disponible depuis le 15 septembre 2017 chez AT(h)OME.


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