[EP] La Vague – Serotonin

Le monde de La Vague est assez difficilement comparable, voire assimilable à un courant particulier. Car les deux musiciens développent, au fil de leurs chansons, une succession ininterrompue d’atmosphères aussi colériques que bienveillantes, faisant souffler autant de vents violents que de brises réconfortantes. Le résultat est un EP aux couleurs multiples, immédiatement séduisant et que l’on n’a de cesse d’explorer de fond en comble.

La Vague. Celle qui vous prend par surprise, vous fouette, vous fait perdre l’équilibre. Celle qui charrie autant de débris que de trésors, mouvement incessant et intense que l’on admire et que, parfois, on craint. Concernant le duo parisien du même nom, c’est exactement à ce phénomène que l’on est confronté, musicalement parlant ; et c’est bel et bien ce qui fait sa force, autant que son originalité. Pas de rock ou de pop ici ; pas d’électro ou de R’n’B, non plus. Au contraire, un son unique, précis et consciencieux, mais aussi sensuel qu’affirmé et sûr de lui. Une pure phase énergétique et extatique (voire érotique) qui déferle sans crier gare, dans des mélodies immédiatement immersives et à la dynamique implacable.

Une « musique protéiforme » ; voilà comment La Vague définit son art. Et on est obligé d’être totalement d’accord. Il suffit d’ores et déjà de pénétrer dans les élans successifs du terriblement puissant « Crush in a Crash », ballade dans un véhicule futuriste bientôt lancé à vive allure sans que personne n’en garde le contrôle, avant que « Hardcore Melancholia » ne délite ses appels obsédants grâce à une guitare centrale d’une beauté profonde, bientôt transfigurée par un débit vocal millimétré et revendicatif, accompagné de claviers langoureux et mystérieux, et qui nous donne immédiatement envie de signer pour, à notre tour, vivre cette mélancolie encore jamais éprouvée mais pourtant criante de vérité. Pièce maîtresse de ce perturbant (dans le bon sens du terme) « Serotonin », « Maybe I Forgot » s’amuse à mêler la solitude d’une seconde partie terriblement émouvante à la conviction d’une introduction pourtant chargée d’espoir ; ce que prolongera la sensibilité progressive de « Say Goodbye », égarement dans un labyrinthe où mille plaisirs et épreuves harmoniques seront à apprivoiser afin de délivrer une piste tourmentée et hypnotique, notamment dans des percussions finales auxquelles personne ne peut résister.

« Serotonin », la molécule du bonheur mais, également celle qui, du fait de son absence de production par l’organisme, est la source principale de la dépression, est ainsi le traitement idéal à la morosité et à la solitude. Car, au-delà d’un formidable génie structurel et sensible dans ses chansons, La Vague passe surtout au-dessus de nous pour éradiquer tous ces parasites qui nous empêchent de respirer et de savourer les rencontres, les fêtes, les passions. Un opus hybride, fascinant et que l’on n’est pas prêt d’oublier de sitôt. En plus de nous faire un bien fou !

crédit : Jeremy Toix Photographe / Adesias

« Serotonin » de La Vague est disponible depuis le 28 mars 2017.


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