Rencontre avec La Jambe de Frida

Né au cœur de la scène choletaise, La Jambe de Frida est ce sextet rock cuivré, héritier de La Ruda. Deux ans après ses débuts et après plus de cent concerts, je vous propose une rencontre avec les membres du groupe pour la sortie de leur premier album Magdalena et leur première grande tournée.

La Jambe de Frida

  • Bonjour les gars, comment allez-vous ?

Eh bien, écoute, très bien, en forme olympique ! Et surtout heureux !

  • Pouvez-vous me présenter succinctement votre groupe ; de qui est-il composé, comment vous êtes vous rencontrés et ce qu’est aujourd’hui La Jambe de Frida ?

Le groupe est composé de six membres, Axel à la batterie, Xavier à la basse, Hugo à la guitare et aux chœurs, Romain à la guitare, Clément au sax et Lucas au chant et à la trompette. L’histoire vient d’une bande de potes de collèges choletais à la base. Aujourd’hui, La jambe de Frida garde exactement le même esprit fraternel, avec une envie musicale plus aboutie.

  • Votre premier album, Magdalena vient tout juste de sortir. Si j’en crois le nom de votre groupe, La Jambe de Frida, Magdalena était le prénom de naissance de Frida Kahlo. Pourquoi avoir choisi comme emblème de votre projet cette artiste mexicaine ? Est-ce ses engagements, les causes qu’elle a défendu qui vous ont poussés vers ce choix ?

La Jambe de Frida - Magdalena

Magdalena est en fait le premier des trois prénoms de Frida, Magdalena Carmen Frida Kahlo, et c’est aussi le premier mot prononcé sur l’album d’où ce choix comme nom d’album.
Frida nous a inspirés par ses engagements politiques, ouais. Et aussi son combat humain. Elle s’est battue toute sa vie dans des conditions physiques plutôt difficiles. On retrouve ce côté-là dans ses peintures très expressives souvent basées sur des autoportraits.
Du coup, Frida a eu un intérêt pour nous pour ces choses-là, puisque ça correspond aussi à ce que nous défendons politiquement, humainement, mais aussi dans l’idée d’une musique chaude et cuivrée rappelant sa nationalité mexicaine.

  • Votre groupe aborde des sujets souvent engagés politiquement. L’engagement, le militantisme sont-ils au cœur de l’énergie, de la dynamique de votre groupe ?

On ne veut pas se coller l’étiquette « groupe engagé » dans le dos. Même si ces thèmes nous sont chers et que nous les défendons toujours, on ne peut pas promettre de ne faire que de l’engagé. On essaye de voir autre chose dans les textes où ils peuvent être de simples récits. C’est le cas pour les quatre nouveaux titres qu’on présente en live où l’on s’intéresse peut être plus à des personnages, ou des histoires… Après certaines revendications pourront apparaître, mais de manière plus subtile.

  • Votre album est sorti grâce à des souscriptions proposées à votre public. C’est un modèle qui tend aujourd’hui à se développer considérablement pour financer un enregistrement ou un clip. Finalement, il y a quelque chose de solidaire dans ce principe qui pourrait pleinement s’apparenter à vos convictions, non ?

C’est un peu ça, on avait suivi ce même fonctionnement pour notre EP, il y a deux ans. On aime ce côté relationnel avec le public que les gens participent à leur manière à notre projet. Nous les avons tenus au courant durant l’enregistrement, et les mois suivants, grâce à plusieurs mails, et teasers.



C’est aussi un moyen d’aider au financement de l’album qui représente un coût relativement élevé.

  • Parlons de l’enregistrement de l’album. Où a-t-il été enregistré ? Avez-vous tout produit sans aide extérieure ?

Il a été enregistré à Chanzeaux (49), au studio Mezzanine par Julien et Léo, qui à la base font ce travail d’enregistrement à Paris. C’est une production de Frida Label, notre propre association devenue désormais un label associatif. C’est-à-dire qu’on ouvre des places aux groupes qui souhaitent un soutien grâce à différentes aides : financières, booking, design, administrative que l’on va désormais proposer. Une sorte de communauté musicale basée sur l’entraide.
On a reçu le soutien de différentes structures pour la réalisation de l’album ; du Jardin de Verre et du Bar’Ouf de Cholet notamment.

  • Pour vous avoir vu défendre vos titres plusieurs fois sur scène, notamment sur la scène de Tempo Rives l’été dernier à Angers, on pourrait parler de vous comme un groupe de scène avant d’être un groupe de studio. Qu’en pensez-vous ?

La Jambe de Frida - Tempo Rives 2012

Hum, on approche les deux de manières différentes. C’est vrai que le live est notre plus grand moyen d’expression, et il s’agit ici de notre première expérience studio véritablement. Le but a été d’amener l’énergie du live d’une manière différente. Il y a eu un gros travail sur le son et certaines parties. Il fallait retrouver la puissance du live, être dans l’envoi.
Et surtout nous cherchions à être plus précis qu’en concert, musicalement parlant.

  • D’ailleurs, pensez-vous avoir réussi à retranscrire l’énergie de vos concerts sur cet enregistrement ?

Pour nous, oui. L’album est assez rock’n roll. Il correspond à nos attentes dans notre son, et notre jeu. Il faut aussi penser à Léo et Julien pour ça, qui ont fait un gros boulot lors de la prise du son et du mixage.

  • Vous avez eu l’occasion de jouer en première partie de groupes que vous tenez pour référence, je pense d’abord à La Ruda. Vous avez eu l’occasion d’échanger avec eux sur leur expérience de la scène, que vous ont-ils apporté ?

C’était pour nous une belle expérience. On attendait depuis longtemps une date avec eux, surtout avant leur arrêt définitif le 15 décembre dernier.
Du coup, l’échange a été mortel. On ne s’attendait pas à autant d’intérêt sur notre projet de leur part. Pierrot y participe sur Rendons Hommage et est venu avec Fred et Manu pour nous guider en résidence.
On les a retrouvés par la suite lors de leurs concerts, ou même ailleurs. On garde une relation assez forte avec eux encore aujourd’hui. Ils nous suivent du coin de l’œil !

La Jambe de Frida

  • Vous allez pour la première fois présenter votre projet à d’autres villes qu’Angers ou Cholet, votre ville d’origine. Comment appréhendez-vous ce contact avec des publics comme ceux parisiens de la Scène Bastille ou du Grand Ouest (Nantes, Brest, La Roche-sur-Yon…) qui ne connaitront pas votre répertoire ?

On appréhende les concerts avec de la distance, le contact avec un public qui nous découvre. Mais c’est à la fois un challenge que tous les groupes rêvent de relever, et nous les premiers. On a hâte de parcourir les routes pour jouer, c’est sûr. Il y aura deux dates en Allemagne au mois de mai, et un passage à Reims également. On attend beaucoup de cette tournée !

  • Après ce premier album studio, envisagez-vous d’enregistrer un album en live ?

Haha ! On pense plutôt à retourner en studio fin 2014 pour un nouvel album studio. On verra pour un live après ça, mais ça donne envie.

  • Merci La Jambe de Frida et bonne route pour votre tournée dans le cadre de la sortie de votre album « Magdalena ».

Merci à toi Fréd pour tout. On espère te revoir très vite !

lajambedefrida.fr
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