UK Subs, Foreigner, With The Dead, Joe Satriani & The Toy Dolls
Nous avions gardé de nos précédents passages au Hellfest des souvenirs de ruades punk et c’est avec plaisir que nous découvrons les vétérans de UK Subs. La recette est connue et le résultat toujours efficace. Que demande le peuple ? Les titres ont probablement perdu en spontanéité avec les années, mais la conviction des types n’est pas à démontrer. Nous nous posons toutefois la question de la survie du punk quand nous constatons le dédain des jeunes pousses pour le genre. Nous attendons le contre-exemple. Aux antipodes de cette ambiance, un autre groupe de papys se vautre joliment sur la Mainstage. Il n’y a presque rien à sauver du set mollasson de Foreigner, qui enchaîne avec un entrain peu communicatif quelques tubes pour finir sur l’inénarrable « I Want To Know What Love Is ». Mieux valait faire comme nous et profiter de ce lénifiant concert de hard FM pour faire de la tyrolienne au-dessus de la Mainstage, une des nouvelles attractions sponsorisées de cette édition.
Lee Dorrian de Cathedral, accompagné du bassiste Leo Smee de Cathedral et Chrome Hoof et de deux ex-Electric Wizard, se produisait avec son nouveau super-groupe With The Dead dans la Valley. Cathedral ayant tiré sa révérence l’année passée, le retour d’un des piliers de la scène doom psychédélique était un petit événement en soi. Jouant son unique album éponyme dans l’ordre et à l’exception du dernier titre « Celestial Suicide » par manque de temps, le concert est captivant dès ses premières secondes grâce à la présence fantomatique de Leo Smee, tout de noir vêtu et coiffé d’un élégant chapeau, qui émerge lentement de la brume pour poser des accords de basse sépulcraux. Délivrant un doom psyché aux riffs hypnotiques dominés par les imprécations habitées de Lee Dorrian, With The Dead nous emmène dans un tourbillon enivrant de fumée colorée et écrase nos petits corps fébriles de sa musique tétanisante où le volume sonore, pourtant exceptionnellement élevé, ne devient jamais un problème tant elle s’insinue en nous insidieusement. À partir de l’extraordinaire « Nephtys » (le meilleur riff de tout le festival), le concert devient un condensé de génie à l’état brut, enchaînant avec l’hymne déjà classique « Living With The Dead » et se terminant sur deux pistes non moins efficaces et marquantes. Nous ressortons de la Valley complètement abasourdis, comme sous emprise, avec l’étrange impression d’avoir ingéré des quantités astronomiques d’herbe magique et de champignons hallucinogènes alors qu’il n’en est rien. Seul Earth, la veille, nous avait mis dans un état pareil, état dont il faudra de longues minutes pour émerger tout à fait.
Rien de tel alors qu’un tour du côté de l’espace presse, pour sympathiser avec des musiciens de divers groupes français qui passent par là, ou profiter de stands sponsorisés qui servent du rhum et des granités bienvenus par cette chaleur. C’est de là que nous écoutons distraitement et avec un intérêt décroissant le concert du virtuose de la six-cordes Joe Satriani. Si le début n’est pas désagréable, au bout d’une heure de démonstration technique, la prestation tourne quand même sacrément en rond, et ce n’est pas la présence de musiciens de la trempe de Marco Minnemann aux fûts qui y changera quelque chose.
C’est une foule compacte et avec la banane qui accueille The Toy Dolls. Mené depuis 1979 par l’inoxydable Olga, le groupe s’est constitué un capital sympathie colossal à travers les années auprès de tous les amateurs de punk malgré un répertoire absolument pas agressif et pour tout dire vraiment joyeux… comme le fût ce show ! Bien en deçà de Rammstein et ses semi-remorques bourrées de matériel, le trio s’est adonné à la « pyrotechnie ». Cotillons, paquet-cadeau (célébrant les 35 ans du groupe) et bouteille gonflable géante finissent de transformer les metalheads en gamins fêtant un anniversaire et sautant partout. Certes, nous sommes bien loin du circus des Teutons, mais l’ambiance est exceptionnelle. Ça déborde de tubes et nous regrettons quand même l’accélération bien volontaire sur « Nellie The Elephant » dont nous aurions voulu profiter davantage. Olga balance toujours des soli impeccables que nous casons d’ailleurs volontiers dans la rubrique « Metal » avec ses harmoniques et tappings ébouriffants. La chorégraphie absolument symétrique entre Olga et le bassiste ajoute au spectacle et nous n’aurions certainement jamais imaginé utiliser le mot « cartoonesque » dans un live-report du Hellfest. Voilà, c’est fait !


































