Myrkur, les Sales Majestés, Crobot, Dark Fortress & Glenn Hughes
Nous attrapons au vol le début du concert de Myrkur au Temple, curieux one woman band danois de black metal aux nuances folk envoûtantes. Sur scène, la chanteuse et guitariste Amalie Bruun s’entoure de bons musiciens et la musique se fait plus agressive qu’en studio. Nous retiendrons surtout la jolie performance vocale d’Amalie, aussi à l’aise dans un chant lyrique et quasi abstrait que dans les vociférations typiques du black metal. À l’autre bout du site, en Warzone, ce sont les indéboulonnables Sales Majestés qui délivrent un message nécessaire et bienvenu de tolérance et d’anarchisme. Nous ne verrons que les derniers morceaux de leur très dynamique concert, mais ce fut un bain de jouvence. Se succéderont donc une chanson sur les gens qui n’ont pas les moyens de partir en vacances (« Les vacances »), un morceau sur « Les Patrons », un sur « Les poulets » et bien sûr leur hymne anti FN « Halte au Front ». Il n’y a pas de mots pour dire à quel point un tel message à cet endroit-là, à ce moment précis, était aussi crucial que salvateur. Merci à eux.
De retour dans la Valley, les Américains de Crobot sont là pour foutre le feu à un public en délire avec leur hard rock mâtiné de stoner et de groove metal. La performance est de haut vol, avec un jeu de scène réjouissant du leader Brandon Yeagley, sorte de croisement entre Iggy Pop jeune et Russell Brand, qui remue langoureusement son bassin cintré dans un petit jean slim, ondule ses cheveux autour de son perfecto rouge ou dégaine un harmonica pour piquer quelques soli mémorables. La tension sexuelle est palpable, sa présence féline et reptilienne, comme si Mick Jagger avait retrouvé ses vingt ans ou que Sam France de Foxygen s’était mis au hard rock. Le groupe joue quelques morceaux comme le bien nommé « Welcome the Fat City », les influences zeppeliniennes sont évidentes, et bien digérées, nous pensons aussi à Wolfmother ou aux Spiritual Beggars. Un grand moment de fun, de sexe et de rock’n’roll.
C’est avec force et précision que les Bavarois de Dark Fortress délivrent une prestation hargneuse, mais ultra-fidèle aux brûlots bombardés depuis vingt ans sur les terres arides et sèches du black-metal. Alternant de puissants blast beats et des soli parmi les plus fulgurants qu’il nous aura été donné d’entendre pendant le festival, nous nous laissons à nouveau prendre par ces morceaux extrêmes dans lesquels se glissent furtivement et habilement des plages mélodiques ayant pour effet d’ajouter à l’ambiguïté de l’ensemble (« I Am The Jigsaw Of A Mad God », « Chrysalis »). Pendant ce temps, sur la Mainstage, le vétéran du hard rock de papa, Glenn Hughes (ex-Deep Purple, ex-Black Sabbath) revisite avec quelques musiciens de haut vol sa riche carrière en jouant quelques tubes (« Stormbringer » et « Burn » de Deep Purple, par exemple). Nous sommes les premiers étonnés que son concert tienne plutôt la route, tant musicalement que vocalement, le bonhomme étant toujours parfaitement capable d’atteindre des notes très haut perchées sans jamais nous écorcher les tympans. Bravo à lui.





