[Interview] Balthazar au Printemps de Bourges 2015

Depuis 2009, Balthazar trimballe sans gants depuis la Belgique son petit bazar au hasard des scènes, de pays en pays, d’album en album, pour finalement venir truster vos écouteurs. Sans cesse à la recherche de nouveaux sons, de nouvelles approches musicales, le quintet qui ne s’arrête jamais paie certes en fatigue un stakhanovisme assumé, mais gagne en respect et en fidélité un public pas enclin à faire un quelconque bore-out de chacune de ses pépites.
Avant son concert magique au Printemps de Bourges dans un Théâtre Jacques Cœur tout aussi excité que le groupe de venir présenter son nouvel album « Thin Walls », Jinte Deprez, l’une des têtes pensantes et chantantes, est venu passer un moment avec indiemusic pour parler fièrement de son groupe qui, tel un Balthazar, va une nouvelle fois prendre la ville de Bourges.

Jinte Deprez par Nicolas Nithart

  • Merci Jinte de nous accorder un peu de temps dans ton emploi du temps surchargé. C’est votre première fois au Printemps de Bourges ?

Bonjour (en français dans le texte) ! Nous avons joué il y a trois ans si je me rappelle bien. Ce n’était pas une date bookée, mais plutôt un remplacement de dernière minute.

  • Haha, êtes-vous le groupe qu’on appelle toujours à la dernière minute parce que ce n’est pas la première fois (NDA : Balthazar avait remplacé au pied levé un autre groupe il y a deux ans à Rock en Seine).

Cela nous a pris du temps de travailler avec un gros label et un agent important, et quand tu vis en Belgique, c’est facile de t’appeler à la rescousse de partout au dernier moment ! On a un peu démarré notre carrière en bouchant des trous (rires).

  • Vous vivez tous à Gand ; comment se porte le groupe dans son pays natal ?

On marche très bien. Il n’y a pas tant que cela de groupes belges qui tournent à l’échelon européen…

  • C’est marrant ce que tu dis parce qu’en France, on a plutôt l’impression que ton pays regorge d’un tas de super groupes comme le tien…

Oui, bien sûr, mais ils restent au pays, car c’est facile de passer à la radio et il y a pas mal de salles de moyennes-grandes capacités (genre 10.000 personnes). Mais ce qui fait vraiment grandir, c’est de tourner, ce qui n’est pas forcément le cas pour tout le monde. En tout cas, le fait de jouer lors des tournées aide la scène belge tout entière en la faisant connaître.

  • Le groupe a déjà dix ans… Le temps passe vite !

Techniquement, oui, nous avons dix ans. Mais nous aimons penser que le groupe a vraiment démarré avec le premier album, « Applause », en 2010. Avant, on était juste un teenage band qui jammait dans un garage… Ce n’était pas vraiment sérieux. Et puis, on s’y est mis en 2008/2009 et ensuite, dès la sortie de notre premier album, tout est allé très vite, même s’il a fallu à « Applause » un certain temps avant de s’imposer, de prendre ses marques. On a beaucoup tourné, on a passé beaucoup de temps à rallier les gens. C’est seulement à ce moment-là que Balthazar est devenu ce qu’il est aujourd’hui…
La sortie française d’ « Applause » s’est faite un an après la sortie en Belgique et on n’aurait jamais cru que votre pays accrocherait tout de suite à ce disque. Plusieurs de vos radios avaient programmé nos titres, dont Nova qui, je me souviens, jouait « Morning », un titre qui n’a jamais été un single ailleurs. Du coup, on a fait beaucoup de dates en France.

  • Et le deuxième album, « Rats », est arrivé tout juste après…

On l’avait écrit très tôt, bien avant la tournée européenne. On avait beaucoup de chansons prêtes, ou pas tout à fait. Quand on a commencé à l’enregistrer, on était déjà pas mal influencé par un mec comme Lou Reed, mais aussi par Serge Gainsbourg avec son « Melody Nelson ». Ce dernier nous a beaucoup inspirés, y compris pour l’orchestration, les arrangements, le mixage… « Rats » nous a beaucoup apporté, car ce n’était pas vraiment un album commercial ; plutôt un voyage, et on a été agréablement surpris de nous voir continuer à grandir, à prendre de plus en plus d’importance sur la scène. On pouvait aller n’importe où en Europe, notamment en Angleterre, en Allemagne, dans le Sud ou les pays de l’Est. Et puis aussi plus loin, comme au Japon. Et tout en tournant, on continuait à écrire de peur que l’album suivant ne sorte que cinq ans après que l’on soit rentré chez nous (rires).

  • Au final, votre vie c’est tourner-écrire-enregistrer-tourner-écrire-enregistrer…

Presque, on n’a eu « que » trois mois de vacances en deux ans. Mais on n’a jamais été « hype » et je suppose que si tu es un groupe très célèbre, c’est différent, tu peux peut-être tourner un an et te prendre un an off. Nous, on a toujours eu des tas d’opportunités de grandir ; c’est pourquoi notre emploi du temps est resté plein.

  • Où en étiez-vous, comment vous sentiez-vous lorsque vous avez écrit le troisième album, « Thin Walls », sorti en France fin mars 2015 ?

C’était à un stade où la tournée devenait barrée, avec des salles de plus en plus importantes. On n’a pas la prétention d’être reconnu planétairement, mais c’est toujours super de pouvoir atteindre un maximum de gens, de voir notre audience grossir et grossir encore. C’est en fait la partie fun de tout cela. C’était bien sûr très fatigant, mais en même temps, la tournée « Rats » nous a permis de diriger nos pensées vers des choses nouvelles. Bon, au début, on a écrit pas mal de nullités. Nous n’avions pas d’intimité. Et puis les chansons sont arrivées de façon plus directe, plus instinctive, plus rock’n’roll en fait !

  • Vous arriviez donc à écrire dans le bus ?

Oui, carrément ! On a posé sur le papier plein de chansons, même si encore une fois certaines étaient vraiment merdiques. On s’est accroché, on n’avait pas de salle de répét’ et on a dû attendre d’être de retour à la maison pour finaliser le tout. On a recruté un producteur ; c’était la première fois qu’on allait dans un vrai studio, car jusqu’ici on avait tout enregistré dans nos chambres par nous-mêmes ! C’était donc chouette d’avoir un producteur avec des oreilles nouvelles pour nous aider à peaufiner et terminer l’album.

  • Mais la récompense ce soir au Printemps de Bourges est que vous avez un traitement spécial en jouant au Théâtre Jacques Cœur !

C’est très impressionnant parce que, durant toute cette tournée de « Thin Walls », on a démarré en Angleterre dans des clubs, puis on fait la France dans des endroits comme le Stereolux de Nantes, pouvant accueillir un millier de personnes. Et là, à Bourges, avec un album très rock’n’roll et énergique, on se retrouve dans un théâtre (rires)… Je ne sais pas trop comment on va faire (…), je pense qu’on va rester très rock. Nous n’avons jamais joué dans un endroit comme celui-là ! La dernière fois qu’on a joué devant un public confortablement assis, c’était il y a quatre ans (rire crispé).

Balthazar par Fred Lombard

  • Donc, si j’ai bien tout compris, vous devriez être en ce moment en train d’écrire votre quatrième album (sourire)

Oui, oui, on y pense pour décembre ; même si, avec cette tournée, l’album actuel est très très présent dans nos esprits. Mais bon, on est des musiciens et on est là pour faire de la musique. Et on aime ça ! Alors, on ne s’arrête pas !!!

Maarten Devoldere nous rejoint alors pour quelques photos avant d’emmener Jinte pour la balance. Quelques heures plus tard, Balthazar ravira le concert sold-out du Théâtre Jacques Cœur dont nous vous invitons à (re)lire le live report de Raphaël Duprez et Fred Lombard en cliquant ici.

Maarten Devoldere et Jinte Deprez par Nicolas Nithart


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