[Clip] [Exclusivité] Amazone – Lycanthrope

Seulement quelques jours, après la sortie de leur EP, « Episodes », les Nantais d’Amazone s’amusent dans un clip étonnant et surréaliste, illustrant à merveille les dérivations climatiques et les humeurs changeantes de « Lycanthrope », morceau emblématique de leur nouveau format court de pop sinueuse, élégante et rêveuse, dans la mise en images d’un imaginaire psychédélique, nourri au cinéma de genre et à l’esprit DIY, le tout à la sauce 2.0.

Si le groupe Amazone évolue clairement dans le territoire générique de la pop, à l’inverse, il se distingue par sa propension à exister par et pour lui-même dans un jeu créatif global, faussement naïf, délicieusement nostalgique, tendrement romantique. À l’image de cette narration monstrueuse et mystérieuse, gorgée de sang et second degré, le leitmotiv est bien sûr celui du décalage. Ce clip invoque ainsi volontairement ou involontairement, les œuvres de réalisateurs alternatifs, associés au cinéma de genre et à ce qu’on nomme communément le « nanard », comme le français Jean Rollin (Requiem pour un Vampire, Lèvres de sang…), mais aussi des réalisateurs cultes comme Gregg Araki, Georges Romero (Night of the Living Dead), John Carpenter, Daniel Myrick et Eduardo Sanchez (le projet Blairwitch) ou encore Peter Jackson (du temps de Braindead notamment).

Débarrassée de certains penchants sordides ou lubriques de certains, mais aussi de la dimension politique ou subversive, de certaines œuvres, cette vidéo utilise avant le tout, les marqueurs esthétiques de ce type de cinéma pour leurs effets poétiques qui accompagne si justement la sensualité intrinsèque de cette musique élégante, planante, au groove discret, mais extrêmement prenant. Réalisé en toute autonomie, par l’un des membres du groupe, en la personne de Louis Vabres, ce clip est avant tout malin et inventif. Il se nourrit de ses propres défauts, de ses propres limites, de ses propres contraintes, dans la grande tradition du cinéma artisanal et bricolé. Il mise aussi et surtout sur l’implication déterminante de la très joueuse (pas de référence d’actrice trouvée sur la toile, mais quelle présence !) Marcienne Verbraeken, excellente dans sa capacité à incarner par un simple regard, un simple geste, une intention, ces rôles alternés de rêveuse et de lycanthrope.

Écoute après écoute, visionnage après visionnage, au sens propre comme au figuré, la magie de ces quatre magiciens opère avec beaucoup de simplicité, de grâce, de malice plaçant de fait Amazone, dans la catégorie des groupes indés inventifs, à suivre de très près.

L’EP « Episodes » d’Amazone est disponible depuis le 2 novembre 2020 chez B&FF Records.


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