[Flash #20] Teacup Monster, MNNQNS, Theo Lawrence & The Hearts, Nasser et Milk & Bone

De Paris à Marseille, notre 20e épisode de Flash vous guide à travers les meilleures sorties francophones de ces derniers mois. Cette semaine, on passe au peigne fin les nouveautés signées Teacup Monster, MNNQNS, Theo Lawrence & The Hearts, Nasser et Milk & Bone.

Teacup Monster – Take It or Leave It

19 mars 2018 (autoproduction)

Avec son premier long format, le power trio parisien Teacup Monster joue des coudes avec nos meilleurs souvenirs du rock des vingt dernières années. Parvenir à évoquer Audioslave, RATM ou encore Royal Blood tout en faisant preuve d’une identité toute personnelle, c’est là le pari réussi de « Take It or Leave It », album qu’on ne quitte plus une fois l’écoute lancée. Une véritable collection d’hymnes rock endiablés et enthousiastes (le furieux « Lions » et le groovy et sensuel « When I Need You So Bad » entre autres), parfois dopés à l’électronique (le sauvage « Hard Night »), qui donne sans calcul, c’est là tout l’esprit déjanté de cet album qui en onze titres et deux interludes sans économie vient placer très haut la barre du rock alternatif français.


MNNQNS – Advertisement

13 avril 2018 (FatCat Records / Ricard Live Music)

Victorieux du dernier Prix Ricard Live Music, le quatuor post-punk MNNQNS en a profité pour dévoiler son redoutable second EP « Advertisement ». Au programme : quatre titres massifs et frondeurs aussi déchaînés que des chiens en cage devant l’odeur une pièce de viande fraîche. S’amusant de son association « publicitaire » avec la filiale musicale du groupe Ricard, la formation rouennaise fait la démonstration d’un rock dont les mantras punks chauffés à blanc viennent s’imprimer contre nos tempes, avec autant de ferveur que les passionnés de tuning pour le crissement de pneus. D’une efficacité sans faille, MNNQNS a tous les as en main pour mettre à genoux la Perfide Albion. Post-punk is not dead.


Theo Lawrence & The Hearts – Homemade Lemonade

9 mars 2018 (BMG)

Le crooner le mieux sapé de Gentilly peut être fier de son premier album. « Homemade Lemonade », célébration moderne du blues et de la soul américaine est, tel un alignement de comètes cette collection de pépites au groove impeccable, presque irrévérencieux, qu’on attendait depuis des lustres. On retrouve sans surprise « Heaven To Me » en ouverture du disque, titre qui avait révélé Theo Lawrence il y a déjà deux ans puis s’enchaînent des titres d’une grande classe, guidés par la voix de velours sinon feutrée du chanteur franco-canadien, qu’on croirait parfois sortis d’un jukebox de classics sixties fraîchement retapée (Johnny Cash si tu nous entends) à l’instar de l’excellent « A House but not a Home ». Loin de faire cavalier seul avec ses Hearts pour compagnons de fortune, Theo signe l’album qu’on était en droit d’attendre de sa part, franc, élégant et foncièrement dépaysant. Pari réussi donc !


Nasser – The Outcome

16 mars 2018 (Pschent)

5 années sont passées depuis « #7 » ! Après s’être offert une parenthèse en solitaire avec son projet french pop French 79, Simon Henner reforme son tandem de choc avec Nicolas Viegeolat. Troisième testament de ce retour en grâce, « The Outcome », est certainement le meilleur album de Nasser à ce jour. Le duo électro-rock marseillais y enchaîne les perfects mélodiques et rythmiques avec une rare audace pavée d’évidence. Il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter les titres qui ouvrent ce nouveau volet : le puissant « The Outcome » et sa ferveur qui ne retombe jamais, l’entêtant « The Preacher » dont on boirait tous les sermons pop avec dévotion ou le séduisant « Love » qui fait battre notre cœur sur un kick savamment marqué. On s’étonnera presque de l’équilibre adroit dans cet album qui se plaît à décaler la fin du récit au centre (« The End ») pour nous réserver bien d’autres surprises (le tubesque « Can’t Get Out ») passé son faux générique. En véritable bête de scène, le groupe marseillais, en trio dans cette configuration, concilie d’ailleurs une scénographie éblouissante (explosive visuellement diront certains) à une performance incontrôlable et contagieuse.


Milk & Bone – Deception Bay

2 février 2018 (Bonsound)

Il ne fait désormais plus aucun doute que Milk & Bone fait figure de sensation dans son pays et même bien au-delà de ses frontières. Propulsé sur le devant de la scène indie dès son premier album « Little Mourning » en 2015, le duo électro-pop formé par les Montréalaises Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin (aka KROY) revenait en février dernier avec « Deception Bay », compilation de songes électroniques voluptueux et de délices pop étourdissants. Impossible de ne pas craquer pour l’attachant tube pop RnB « Daydream » qui remet au goût du jour notre guilty pleasure pour les girls band ou l’ultra efficace « Kids », dans la veine de Rae Morris et Anna of the North. Hautement addictif !

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

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