[LP] Moodoïd – Le Monde Möö

Sentiment étrange et déconcertant, Le Monde Möö de Moodoïd est un pays bien imaginaire, follement insensé. Sur fond d’hypnose profonde, nous sommes aspirés par dix titres à faire tourner la tête et perdre pied. Des frissons dans le cou aux fourmis dans les pieds, nous ne tenons plus en place.

Moodoid Le Monde Moo

Et pas besoin d’aller bien loin pour se laisser emporter par l’élan récréatif du désormais quintet parisien formé autour du magicien Pablo Padovani et ses quatre ravissantes assistantes Clémence, Maud et les deux Lucie. Avec sa voix sirupeuse et narcotique, Pablo nous injecte à petite dose sa lotion magique d’une pop extralucide et aff(ri)olante. L’expérience ne fait que commencer.

Sur dix titres, où l’inattendu côtoie la folie, où le sauvage réveille l’inconscient qui sommeille en nous, où les rêves prennent vie, Moodoïd donne sens à l’imperceptible et raison à notre imaginaire.

Installés dans notre fauteuil, c’est l’hypnose dispensée par le professeur Padovani qui nous sert de guide. Rythmiques aléatoires, synthés profonds, plus les minutes passent, plus nous savons que nous ne reviendrons pas inchangés de ce drôle de voyage en terres molles.

Alors que « La lune » nous avait préparé à un exil lunaire en terres orientales, après les excellents « Je suis la montagne » et « De folie pure » du premier EP, Moodoïd va sur « Le Monde Möö » bien plus loin dans ses pérégrinations artistiques extravagantes et inclassables. Du très oppressant « Machine Métal » réveillant les musiques de spectacles populaires croisées à l’électronique post futuriste des années 80 jusqu’à la fiesta corsée et torride de « Bongo Bongo Club », Pablo Padovani et son harem de musiciennes nous offrent un tour de manège musical confondant, où tout se bouscule, où toutes nos pensées deviennent troubles.

Irrésistibles, les voix androgynes des « Chemins de traverses » nous font personnages et acteurs de ces livres aux mondes étranges et fabuleux que nous lisions enfants avant d’enchaîner le free jazz disco funk ultra vivant de « Heavy Metal Be Pop 2 », œuvre improbable et originale géniale.

Hymne à la femme fantasmée, Pablo Padovani a pensé Moodoïd comme une représentation de sa féminité. La conclusion était donc toute trouvée avec « Les filles font que le temps est jouissif », dernière escale mystique et plastique au Monde Möö.
Nous sommes quant à nous complètement ailleurs. Moodoïd a tout chamboulé dans nos têtes comme de la pâte à modeler. Ce qui devait être un jeu est devenu son jeu, méfiez-vous de Pablo, ce type est bien trop loufoque pour lui faire entièrement confiance !

Moodoid par Fiona Torre
crédit : Fiona Torre

« Le Monde Möö » de Moodoïd, sortie le 18 août 2014 chez Entreprise et A+LSO.


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Fred

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques

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