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[Live] Fishbach et VOYOV à l’Ubu

Le samedi 29 avril 2017, Fishbach a fait son retour à Rennes après un passage très remarqué aux Trans Musicales. Par une prestation habitée et frissonnante, elle a su mettre à sa merci une salle comble. Sur scène, c’est un personnage au charisme irrésistible qui nous a fait face.

Fishbach – crédit : Bernard Sammut

C’est le Nantais VOYOV (à prononcer « Voyou »), de son vrai nom Thibault Vanhooland, qui investit la scène de l’Ubu le premier. Le bassiste de Pegase, Rhum for Pauline ou encore Elephanz a débuté récemment une carrière solo avec l’EP « On s’emmène avec toi ». Pas si loin de ces anciens groupes pour lesquels il a joué pendant neuf années, VOYOV épouse une électro pop rêveuse qui sait garder les pieds sur terre dans ses textes.

Sur des mélodies harmonieuses, le Nantais arpente les vies douloureuses de ses contemporains avec un point de vue bien personnel. Les références à la cour d’école et aux identités qui se forgent sont accompagnées de percussions sur des toms clignotants. C’est une introduction lumineuse avant les ténèbres qui nous attendent.

Fishbach pénètre sur scène dans la pénombre à la manière d’une créature inquiétante. « Tu vas vibrer », chante-t-elle sur une nappe de synthés anxiogène et mystérieuse. Nous rentrons immédiatement dans l’ambiance si spéciale qui caractérise l’œuvre singulière de l’ancienne chanteuse punk venue de Charleville-Mézières. Puis, ses musiciens viennent la rejoindre et entament l’intro de « Ma voie lactée ». La machine à tubes et aux refrains irrésistibles est en marche. Les touchants « Un beau langage » et « À ta merci » sont interprétés avec autant de fougue que les bondissants « On me dit tu » ou bien « Éternité ».

Les premières minutes sont fortes, voire intimidantes. Le public de l’Ubu reste suspendu aux lèvres de l’artiste alors qu’une chaleur terrible commence à se faire ressentir. La présence de Flora (vrai prénom de Fishbach), très charismatique, est amplifiée par son timbre de voix unique en son genre, à la fois grave et androgyne. Elle investit la scène « comme une guerrière », tel qu’elle peut le chanter sur le morceau « Un autre que moi ». La scénographie et les musiciens sont les mêmes que ceux choisis pour la création des Trans Musicales en 2016. Ainsi, les brillants Michelle Blades, Nicolas Lockhart et Alexandre Bourit reprennent du service.

Sur scène, Fishbach fait oublier les années 80 auxquelles on a tant rattaché sa musique. Elle adopte en effet, dans ces circonstances, des sons électroniques résolument modernes et racés. Rarement un concert nous aura donné tant de frissons et d’excitation en même temps. Flora chante avec ses tripes jusqu’à l’épuisement : « j’en peux plus », avoue-t-elle en blaguant à peine. Sur les planches, l’Ardennaise reste elle-même, drôle et fêtarde avec le public qui l’interpelle. Elle reprendra d’ailleurs « La babouche » de Salim Halali à la demande d’une spectatrice.

Et, s’il y avait un seul moment à retenir du concert, ce serait peut-être celui-ci : les musiciens s’éclipsent vers les coulisses et Fishbach fait alors retentir un beat intense et profond sur lequel elle chantonne quelques mots confus. Elle allume alors une cigarette et s’allonge au bord de la scène. L’espace d’un instant, c’est une réincarnation musclée et truculente de Gainsbourg qui se présente à nous.

Fishbach a, ce soir-là, réussi à jouer tous ses titres. Elle confirme ainsi ce que nous pensions d’elle en écoutant son premier album, « À ta merci ». C’est bien la créature la plus passionnée et passionnante de la pop francophone du moment.

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