[Live] Les Nuits Secrètes 2019

La station secrète, la scène défricheuse de talents

L’an dernier, la station secrète était perdue au fond du site du festival. Cela lui donnait certes un caractère réellement secret, mais ça pouvait aussi jouer en la défaveur des artistes qui y étaient programmés. La bonne idée cette année, c’est d’avoir rapproché cette scène à proximité de l’Eden, entre deux rangées de food trucks. Et puis cette scène s’impose comme celle des groupes en devenir, souvent des artistes locaux ou régionaux.

Bon, pour Structures, le meilleur groupe qu’on ait vu passer sur cette scène durant le week-end, on ne parle déjà plus de groupe en devenir. Eux, on n’en doute pas une demi seconde, vont devenir énormes à la seconde où leur premier album va sortir (à la rentrée). On les a vus dans trois festivals en l’espace de quelques semaines (Minuit Avant La Nuit, Main Square, et maintenant aux Nuits Secrètes 2019), et chaque fois ils avaient un petit truc en plus. À Aulnoye-Aymeries, leur son était peut-être un peu moins carré qu’à Arras, où on avait été subjugués par la justesse d’à peu près tout dans leur set, mais c’était au profit d’une énergie plus fascinante encore, à la fois frontale et pleine de nuances. Et puis la nuit leur va si bien aux Amiénois ! Allez, on met une petite pièce sur le fait de les retrouver à la place de The Psychotic Monks à l’Eden l’année prochaine.

Véritables cousins belges de Structures, Whispering Sons nous auront eux aussi séduits avec une musique qui emprunte elle aussi à la cold wave des années 70/80, mais dans une veine plus pop, un peu comme des héritiers de Robert Smith. On aura aussi bien kiffé le set totalement schizophrénique de Yolande Bashing, qu’on a du coup hâte de retrouver en septembre en clôture du Crossroads Festival à Roubaix. Il fallait voir ce garçon en apparence timide lancer un sample et se jeter dans le public, danser avec quelques inconnus, et courir pour passer derrière la scène, remonter, et arriver pile pour reprendre le fil de ses textes aussi barrés que lui. On aura profité d’à peine deux titres du set d’Antoine Pesle, juste ce qu’il faut pour se rappeler (on l’avait vu en mai en première partie de O à l’Aéronef) que lui aussi est un peu perché, avec ses textes en français, en anglais ou en italien qu’il tente maladroitement de nous expliquer. Entouré de super musiciens venus d’autres groupes locaux, comme Edouard Reynaert de Nouveaux Climats (tiens, encore un groupe à voir à Crossroads Festival) passé ici de la batterie au clavier, on aurait aimé en voir plus mais on sait que tout le set était vraiment super bien !

Partager cet article avec un ami