[Live] La ferveur power pop de Bad Bad Bird au Ferrailleur

Samedi 29 août, la météo incertaine aura eu raison de la scène extérieure prévue pour les concerts sauvages du Ferrailleur. Qu’à cela ne tienne : c’est finalement en salle, avec une installation au sol, à même la fosse et à hauteur du public, que Bad Bad Bird, projet de Madeleine Loiseau, a choisi de défendre ses titres. Une configuration intimiste et au plus près des spectateurs, qui s’est avérée idéale pour accueillir la chaleur et l’immédiateté de la formation nantaise.

Bad Bad Bird © Fred Lombard
Bad Bad Bird © Fred Lombard

Sur scène, la chanteuse et guitariste est excellemment bien entourée. On retrouve Alexis à la batterie et Cam à la guitare, tous deux transfuges de l’incontournable formation pop punk locale Intenable. À la basse, la Nantaise Alice Lepage (Alice HA, Middle Child) vient solidifier la section rythmique, relevant d’ailleurs haut la main le défi d’avoir appris les partitions à la volée pour l’occasion. Ensemble, le quatuor déploie une énergie survoltée et un plaisir de jouer hautement communicatif.

Piochant allègrement dans le premier album Si Brutal, le groupe enchaîne les pépites power pop chantées dans la langue de Molière. Madeleine y livre une vie intime oscillant constamment entre douceur et rock abrasif. De l’innocence juvénile de « Toi et moi tout l’été » aux élans déchirants (et sifflotants) de « Elsa », en passant par le punk enfantin et diablement entêtant de « Un trou dans mon cœur », les histoires d’amour s’enchaînent, qu’elles finissent mal ou bien. L’introspection laisse place à la libération, face à un public nantais réceptif et au rendez-vous. Au premier rang, les fans ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, n’hésitant pas à donner de la voix pour assurer de jolis chœurs sur les titres phares du set.

Si la ferveur et la complicité de la salle étaient indéniables, on pourra néanmoins formuler un regret technique concernant le mixage. Ce soir-là, les instruments ont malheureusement eu tendance à écraser la voix. Les textes de Bad Bad Bird, qui méritent pourtant toute notre attention, se sont retrouvés bien trop en retrait dans le mix pour être parfaitement intelligibles, noyant en partie la richesse du propos sous le mur sonore de ses accompagnateurs.

On retiendra tout de même de cette soirée un moment somme toute frais et spontané, offrant aux Nantaises et Nantais une belle bulle de légèreté pop rock. Pour clore ce set énergique, le groupe a su faire redescendre la pression avec l’intime « L’Odeur du soleil ». Une ultime chanson réconciliatrice évoquant l’amour et les projets d’une vie de famille, qui venait parachever le live avec la même grâce qu’elle refermait leur album de 2025.

Retrouvez Bad Bad Bird sur :
Bandcamp

Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques