Palpitation, deux muses venues du nord

palpitation (2)

Palpitation est certainement, parmi les centaines de gigas de musiques numériques que je cumule inlassablement (mais méticuleusement) depuis une bonne décennie sur mes disques durs, l’un des groupes les plus précieux de ma collection.

Il va me falloir justifier mes mots, donc je le ferais. Je m’y engage. Je sens bien qu’une présentation du groupe susnommé s’impose.
Palpitation, c’est le nom de ce tandem indie pop suédois formé autour de deux muses, la blonde Maria Vejde et la brune aux cheveux longs Ebba Carlén. Ça fait très conte nordique, je sais !

Petit retour dans le passé du groupe ; elles sortent tout d’abord un premier EP « I’m Happy Now » en mai 2008 sur leur propre label et s’offrent rapidement l’opportunité de tourner dans des clubs et festivals populaires en Suède et en Allemagne. À cette époque-là, je ne les connais guère.
C’est en avril 2010, avec la sortie de leur premier album éponyme sur le label suédois Luxury, que je les découvre enfin. Et là, c’est immédiatement le coup de foudre. La claque musicale puissance infini. Mon cœur s’emballe. Je suis sous le charme, y’a pas à dire, c’est superbe.

Aux harmonies splendides empruntes d’évasion et de volupté se croisent deux voix, celle de Maria éraillée comme il faut, et celle d’Ebba, délicate et aérienne  à souhait. La magie opère instantanément sur ce mélange vocal où ces deux voix viennent se confondre et ne faire plus qu’une.
Maria et Ebba ou deux artistes transcendées, œuvrant à la réalisation de compositions impérissables au grand dam des pseudoartistes formatés par la culture de masse des majors.

Bien loin des schémas traditionnels de l’indie pop-ulaire, Palpitation nous offre un bien autre voyage, celui d’une musique riche, habitée et émotionnelle.
Moi qui voulais à la base vous parler de leur nouvel EP, je réalise finalement que cet écrit n’a fait que révéler un peu plus encore la profonde admiration que j’ai pour ce groupe. « I’m Absent, You’re Fareway », nom du nouvel EP colle décidément bien à l’univers du groupe.

À travers les six titres qui rythment cet enregistrement, c’est comme si je reprenais la route où m’avait laissé le précédent album du groupe, aux croisements d’une pop aérienne et d’un indie rock chaleureux et enivrant. Une boite à rythmes entraine le tout sur des riffs mêlants acoustique et électrique, comme pour mieux tempérer une musique en constante évolution avec ses poussées d’adrénaline et ses moments d’apaisement contemplatifs.
Me voilà donc poursuivant leur univers singulier et qui m’est pourtant aujourd’hui si familier.

Nul doute que vous succomberez aux charmes quasi mystiques de ces deux belles Nordiques si vous prenez le temps un instant d’y porter une écoute attentive.
Découvrez les sur leur site officiel : http://palpitation.se/ et téléchargez gratuitement sur leur page le premier extrait de leur nouvel EP « We don’t need to, we don’t have to ».

MAP est mort, vive Charlie Foxtrot

Je vous faisais part il y a quelques semaines d’un coup de cœur venu du Québec avec les pop-rockeurs d’On A Créé Un Monstre.

Voilà qu’on me propose de chroniquer le premier album, « Mise en abîme », de Charlie Foxtrot, quatuor qu’on a du mal à classer dans un genre, proposant des titres entre punk rock ravageur, rock garage punchy et instants pop maitrisés. Et ce n’est pas leur premier projet ensemble pour ces quatre là ! En effet, eux quatre participaient auparavant au groupe punk rock MAP qui a quand même officié de 1995 à 2008. Ce n’est pas rien !

L’album débute sur le très rock « Pas un public cible », où l’on ressent toute l’énergie des Charlie Foxtrot, à peine on en fait la découverte. Deux voix se relayent sur le titre comme un surenchère de phrasés plus engagés les uns des autres. On cerne déjà bien l’ambiance que nous réserve cet album !

Dans « Le monde est beige », Charlie Foxtrot donne sa vision de la société qu’il trouve bien triste. « Marre d’un monde en noir et blanc » chantent-ils !

S’en suit « Éternel pessimiste », titre assez lourd où le groupe se met dans la situation d’un type aux antipodes d’eux-mêmes, une personne terne qui ne se prend pas en main et qui n’a plus l’envie de rien.

Engagé, pourquoi pas ! Avec « Économie Rock », ça critique les  businessmen qui pensent la musique au nom du profit et non dans l’idée de faire du bon son. Le tout est servi par un rock n roll garage super frais !

Et comme Guillaume Guité, le chanteur, le dit, au sujet de la musique des majors  » Je m’en sacre – je m’en crisse Je les emmerde ! » C’est dit !

« Echap » avec des sonorités électroniques arrive ensuite ! Ca surprend après la livraison de plusieurs titres purement rock. C’est dansant, même sautillant ! Et quel refrain, plein d’efficacité. Ils sont doués ces québécois !

Echap laisse alors place à une petite interlude d’une minute « Charlie Foxtrot Blues » qui rappellera à certains les bons vieux albums de NOFX, puis ça enchaine cash sur « Foxtrot ». Titre bien rentre dedans autant par le son que par les voix posées dessus. Un refrain punk qui balance des bonnes vibrations. On en redemande !

Un rock punk avec quelques notes pop par moments nous attends suite à ça avec « Tes parfaites imperfections ». Les refrains hyper toniques sont clamés avec passion et envie, et ça se comprend vu que ça parle de la fille que Guillaume aime (semble-t-il) ! « Je perds le Nord et tu sais bien que j’adore Tes parfaites imperfections Je vénère les défauts, les travers Que tu portes avec passion ». La love song de l’album.

« Le futur inécrit » est l’avant dernier titre que nous réserve Charlie Foxtrot. Plutôt apaisé, sacrément blues, après des titres pleins d’énergie auxquels ils nous avaient presque convaincu, on assiste à un titre doux, mêlant paroles en français et en anglais, avec la participation de leur ami canadien Paul Cargnello qui les a assisté tout au long de l’enregistrement de ce premier album.

Et comme toute bon chose a une fin, on termine par « Le goût du vitriol » qui repart sur la même énergie que le début de l’album !

On partirait bien pour une seconde écoute finalement, surtout que l’album ne fait que trente minutes. Mieux vaut privilégier la qualité, que la quantité, finalement ça colle bien avec ce qui est dit dans « Économie Rock » !

L’album « Mise en abîme » de Charlie Foxtrot est sorti ce lundi chez Slam Disques et si vous aimez le bon rock québécois, c’est à mettre sur votre liste de disques à commander !

Charlie Foxtrot est sur myspace : www.myspace.com/charliefoxtrotqc et sur leur blog : http://charliefoxtrot.ca/, et  nos amis de chez Slam Disques www.slamdisques.com

Pour vous procurer l’album, il est disponible chez www.cd1d.com en version numérique et en version physique sur la boutique Slam Disques de www.bandpromo.ca

Big up à Pierre-Luc pour la découverte !

GOS : un son qui déménage !

GOS a sorti dernièrement son premier album. Un douze titres qui s’est quand même fait attendre…
Ca fait cinq bonnes années que David, Olivier, Pierre Frank et Richard, les quatre membres du groupe parisien sortent des titres totalement dingues. A l’image de leur premier single : Make It Short. Make It Dance! qui leur a valu un passage dans l’émission culte de Nagui.

J’entreprends donc l’écoute de cet album, Red Mess And Many Nights.

GOS fait le choix de démarrer en rythme avec l’efficace Too Many Too Long et son refrain entêtant porté par un David en très grande forme.

S’enchainent alors Machine et NYPD, deux des premiers enregistrements du groupe, titres rock incontestablement, ayant en commun des passages énergiques qui montent crescendo et qui trouvent du souffle sur les refrains avant de repartir de plus belle.

La suite a toutes les composantes d’un film noir, I Run, nous plonge dans le vécu d’un homme, haletant, poursuivi par la police en pleine nuit. Le tout est porté par un son très heavy, qui rappellera par moments l’univers d’un Rage Against The Machine tandis que les paroles très noires nous font entrer encore plus dans l’univers décidemment très rock de ce quatuor rock de la capitale.

On se demande à la fin du quatrième titre, si notre cœur va tenir, avec tout ce concentré d’énergie déployé. GOS nous livre alors Away, l’un des titres les plus personnels du groupe. Ecrit par David pour sa mère, GOS sait aussi faire dans l’émotionnel.

A force de trop rester dans les mêmes sonorités et à user les mêmes stratégies, Sorry Masters déçoit sans être pour autant mauvais, loin de là l’idée.
C’est bien l’inverse pour le titre suivant, Illusion où la GOS touch est présente, mais où l’alternance de moments de pur blues, d’envolées électro-électriques et de lyrisme dans la voix de son chanteur surprend et séduit.

Vient ensuite le tube par quoi tout a commencé – semble-t-il – pour GOS, Make It Dance. Make It Short !

Je les avais découvert avec ce titre où GOS en quelques phrases courtes convainc qu’ils sont les rois du dancefloor et on a bien envie de les suivre !

Piste suivante please ; Your absence avec son univers sombre. Pas franchement l’un de mes favoris. Tout comme Back In Town, le suivant, qui malgré ses envolées plutôt efficaces, n’arrive pas vraiment à la cheville des autres titres de l’album.

The Living Dead and The Spy, en voilà un nom de morceau qui a de la gueule, même sans en entreprendre l’écoute. Pierre Frank, le bassiste du groupe, livre un titre sur lequel les GOS devront s’appuyer dans les prochaines semaines. Efficace, bien découpé, avec un début guitare-batterie à la QOTSA propre et assuré. Un chouette morceau !

Enfin Drop The Match, clôt joliment l’album par un titre en acoustique où le groupe s’entoure d’amis aux chœurs et nous laisse une agréable touche de douceur sur la fin de cette écoute.

Voilà donc pour la visite du propriétaire ! N’hésitez pas à explorer leur univers à votre tour, univers d’ailleurs pas seulement musical mais aussi graphique ; GOS ayant mis tous ses potes et ses musiciens sur le coup pour illustrer les différents titres de l’album.

A vous désormais de vous faire votre propre idée de l’album !

www.myspace.com/gos605
www.deezer.com/fr/music/gos#music/gos/red-mess-many-nights-923542

Merci à Gaël Rouxel, manager du groupe, pour sa disponibilité.

La douce insouciance des Dandies

Ils ne (se) prennent pas la tête ces quatre là.
A travers à un premier six titres qui s’écoute simplement, d’une traite ou en boucle, on passe un bon moment. C’est efficace et puis c’est tout.
Les soirées, les filles, les potes, toutes les préoccupations de ces jeunes musiciens y passent.

Et les mélodies harmonieuses à base de riffs profondément marqués par un pop rock anglo-saxon y participe naturellement. C’est d’ailleurs dans cette culture rock que Dandies puise son inspiration à travers les rythmes enivrants des Kinks, Smiths et Libertines.

Pour autant, le français est ardemment défendu dans les textes et est justifié par l’une des influences majeures du groupe en la personne de Françoise Hardy. C’est eux qui le disent !
Moi j’y trouve surtout quelques similitudes avec la génération des susdits « baby rockeurs » ; des Peter Pan rockeurs, héritiers de Téléphone, qui ne veulent surtout pas se préoccuper des histoires d’adultes. « Profitons de notre jeunesse, et vivons le moment présent », voilà à quoi pourrait ressembler un cours de philosophie donné par Dandies.

Bon, ok, Dandies ne fait pas dans l’originalité à travers des histoires déjà vues, mais qu’est-ce qu’on s’en fout, non ?
Ces jeunes musiciens du Mans livrent un premier EP qui donne la pêche, et rien que pour ça, l’écoute en vaut la peine !

Dandies sort son premier EP dans deux semaines, et si vous ne connaissez pas, vous pouvez dès lors découvrir quelques uns de leurs titres sur leur myspace www.myspace.com/dandiesofficiel

Mondrian et Lucky Lindy en concert à l’Entrepôt

Le samedi 23 avril 2011, à l’Entrepôt, réunion de deux groupes des plus excitants de la jeune scène rock française, Mondrian et Lucky Lindy.

Tandis que Mondrian sert un rock pulpeux, marqué de l’héritage des Beatles ou des Kinks, Lucky Lindy livre une folk enragée (si si, ça existe), virevoltante, fantaisiste et mélancolique.

Explosion folk, action rock, un concert deux en un qui s’annonce palpitant.

Ils ont créé un pop-rock monstrueusement efficace !

Propulsé par quatre jeunes trentenaires élevés à l’indie rock américain, le projet On a créé un monstre, initié en 2006, compile sur son douze titres l’avenir du pop-rock québécois.

L’Iceberg – c’est le nom de leur premier album – est sorti le 8 mars dernier au Québec et depuis peu dans nos contrées !

Qu’on vous rassure d’emblée, ce premier opus d’OACUM ne va pas vous fondre entre les doigts, on peut même dire que c’est du solide ; tout s’y trouve maitrisé, autant les rythmiques guitares-basse-clavier-batterie, que les textes, tout s’accorde à merveille.

Les textes, parlons-en ! Le parti pris du groupe, pour le moins audacieux, a été de défendre notre chère langue française dans un pays où la culture américaine se ressent à chaque coin de rue.

Il ressort de ces morceaux de nombreuses histoires.

Tout d’abord, des aventures souvent romancées, parfois pleines de poésie sur « Le vent d’ailleurs » (un regard incendiaire…, regard pour lequel je craque »), ou totalement fantasques sur « Ma tête sur un plateau » (tu tires sur ma langue, avec tes poings, tu tapes la cadence, tu m’embrasses par surprise »).

À côté de ces histoires d’amour, des histoires plus graves ressortent avec « Comme un samouraï« , titre en deux parties sur le mal-être d’une personne qui perd toutes ses accroches à la vie, et des histoires imaginaires comme le premier single du groupe « Brûle » sur un incendie dans un appartement et le vent de panique (et de folie) qui s’en suit (« L’étage d’en dessous flambe maintenant, je suis lucide et je suis ailleurs en même temps) !

L’album se termine sur trois titres que les fans des débuts d’OACUM connaissent bien, dont « Ok! Mardi. Café » ou le récit à la première personne d’un homme tombant sous les charmes d’une jolie jeune fille (« Il fait chaud, tu me regardes, il fait chaud, c’est malade ! »).

Concernant les mélodies, les influences des groupes indés américains se ressentent, notamment avec un jeu guitare-piano sacrément efficace. L’Iceberg alterne des morceaux très dynamiques et dansants comme sur « Ma tête sur un plateau« , et d’autres bien plus posés, reposants, c’est le cas de « Ver d’Oreille« . Et entre les deux, des titres comme « Je pleure ou je ris » viennent faire jeu double, avec une rythmique à la fois tonique par moments, et qui prend toute son ampleur sur le refrain, et des moments bien plus calmes où toute la dynamique du morceau se calme pour mieux repartir.

L’univers pop d’On a créé un monstre ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais il sera pour beaucoup le parfait accompagnement d’un début de soirée calme.

Véritable vent de fraicheur venu de Sorel Tracy, l’Iceberg vous fera certainement aimer encore un peu plus la musique indépendante venue de chez nos « cousins » de l’autre côté de l’Atlantique.

L’album est à découvrir sans plus attendre sur www.onacreeunmonstre.com et disponible en téléchargement sur iTunes et sur CD1D.com

Et leur premier clip sur le morceau « Brûle » est à découvrir ci-dessous :

Lucky Lindy, un billet d’embarquement pour la folk

Parfois certains groupes vous font partir loin, très loin à travers leur sonorités empruntes de voyages. Lucky Lindy en est un sacré exemple, et le fait avec originalité, en nous faisant partager les trépidantes aventures – aériennes si on se réfère au titre de leur album « The Greatest Aviators » – de quatre musiciens multi-instrumentistes originaires de la région parisienne.

Je vous les présente, Loïc, chanteur maniant aussi bien le banjo, l’accordéon, le kalimba et le ukulélé, Thomas, guitariste-chanteur trompettiste adepte du toy piano, Léo, violoniste contrebassiste et Benoit, batteur-guitariste. Surprenant quatuor qui, entre ses huit mains, a de quoi monter tout un orchestre !

Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans ce premier album, treize titres qu’on pourrait penser issus d’une compilation d’artistes variés plutôt que d’un seul et même groupe. Et ce n’est pas pour nous déplaire !

Il ressort de l’album des quatre parisiens, une folk profonde et généreuse sur l’excellent « Sweet Hurts » (disponible au passage sur le volume 2 de This Is Select) et parfois intimiste comme sur « Old Sam ».

Leur univers n’est pas pour autant enraciné dans la folk, « Mission », morceau le plus dansant de l’album nous démontre que Lucky Lindy maitrise également avec brio les codes de la pop.

Et les influences du rock se ressentent sur de nombreux morceaux comme sur le refrain de « Get Out Of The Shadow ».

On pourra même noter les influences de la musique celtique sur « Sea Song » qui se révèle en parfaite illustration du voyage auquel le groupe nous invite. Dépaysement garanti !

Il serait donc vraiment dommage de passer à côté d’un album si remarquable par la variété de ses instrumentations navigants entre la folk alternative de Devendra Banhart, l’indie rock d’Archive et la pop des Sunday Drivers.

Lucky Lindy est un groupe à suivre, talentueux et généreux sur scène, qui ne va certainement pas révolutionner le monde de l’aviation, mais qui vient apporter sa pierre à l’édifice bâti au fil des années par les artisans de la folk.

Et l’aventure de Lucky Lindy ne s’arrête pas là, elle continue sur leur site officiel : www.luckylindyband.com

Kandid, un doux rêveur pas si candide que ça !

Au beau milieu de l’Auvergne, Clermont-Ferrand et ses 139 000 habitants. Parmi eux, Nicolas Driot, un jeune chanteur poète, fait résonner ses mélodies au cœur de sa ville !
Nicolas a choisi de s’appeler Kandid il y a sept ans déjà, et depuis le chanteur tourne en France et ailleurs, enchainant petites salles intimistes et premières parties de groupes et d’artistes qu’il apprécie sur des scènes plus imposantes.
Sincère dans la vie comme dans la musique, Kandid est le reflet de Nicolas, où toute la générosité et la douceur qu’il met dans ses mots transparaissent, et viennent toucher l’oreille puis le cœur de son public.
Rencontre avec Nicolas Driot, qui nous fait le plaisir, pour indiemusic, de nous accorder un peu de son temps pour nous parler de son projet de son origine à ce qu’il est devenu aujourd’hui.

  • Bonjour Nicolas, tu es clermontois. D’origine ou d’adoption ?

Je suis Auvergnat d’origine, mais Clermontois d’adoption depuis 2003…
Je suis  originaire d’un petit village de douze habitants en Haute-Loire !

  • Avant de parler de toi, peux-tu me faire un rapide portrait de ta ville, de sa culture musicale et bien entendu de son public ?

J’ai toujours du mal à répondre à cette question…
Depuis quelques années, Clermont-Ferrand a été cataloguée « ville rock » par les médias, et par des institutionnels. Selon moi, c’est une image très réductrice du paysage musical local (même s’il y a beaucoup de groupes avec des guitares électriques et qui chantent en Anglais… question de mode), et également du public. Le fait de coller des étiquettes, de se donner une image (quelle qu’elle soit) a toujours eu le don de m’énerver…

  • Comment en es-tu venu à choisir ton nom de d’artiste ; Kandid ? Avais-tu d’autres surnoms que tu aurais pu élire pour te représenter en tant que musicien quand tu as démarré ton projet ?

Mon nom d’artiste « Kandid » s’est imposé rapidement comme une évidence, même si l’orthographe a varié plusieurs fois au début… Ça vient de la signification anglaise du mot « candid » (qu’on peut traduire par « franc, sincère, qui ne cache rien »), qui collait plutôt bien avec le côté spontané de ma musique. Ça correspond en tout cas à ce que j’essaie de faire passer, en particulier quand je suis sur scène…

  • Kandid existe depuis fin 2003, soit un peu plus de sept ans. Quand est-ce que tout a vraiment commencé ?

Fin 2003 c’est effectivement la date de naissance « officielle » de Kandid, c’est-à-dire la période à laquelle je suis revenu en France, après avoir habité à Manchester pendant 4 ans…
Mais en réalité, c’est en Angleterre que tout a commencé, vers 2001 – 2002 ! J’ai eu la chance de pouvoir faire des études de musique là-bas, de rencontrer un grand nombre de musiciens et un bouillonnement culturel très stimulant…
J’ai pu me frotter à différents courants musicaux, jouer dans des groupes de trip-hop, de jazz, de folk…
Et en parallèle, j’ai eu la possibilité de creuser ma propre sensibilité artistique et de composer mes premières chansons vraiment personnelles… Paradoxalement, c’est en Angleterre que j’ai commencé à écrire en Français !

Crédit : Nicolas Auproux
  • Peux-tu me faire une présentation de Kandid ? Dans quel univers musical te situes-tu ?

Mon univers musical se situe à mi-chemin entre la pop, la folk et la chanson française. S’il fallait absolument mettre une étiquette à mes chansons (encore des étiquettes !), je dirais que c’est de la « pop en français », ou bien de la « chanson-pop ».  Au choix ! (rire)
C’est un univers poétique, sensible, qui s’adresse avant tout à l’intime…

  • Te souviens-tu de la première chanson que tu as écrit pour Kandid ? La chantes-tu encore ? L’as-tu fait évoluer ?

Oui, cette chanson s’appelle « Mon Amie »… une chanson sur l’amitié, et le vide que peuvent laisser certaines personnes… Elle figure sur mon 1er mini-album (« Les Premiers Pas ») sorti en 2005.
Ca m’arrive encore de la chanter de temps en temps… C’est une chanson qui m’est vraiment chère, qui veut dire beaucoup pour moi. Elle a assez peu évolué, mais je la chante mieux maintenant !

  • Avant d’écrire pour toi, tu as écrit pour d’autres artistes. Quel regard portes-tu sur ce don de ta personne, à travers tes écrits, au service d’autres interprètes ?

Ce n’est pas tout à fait exact… J’ai commencé à écrire pour moi, mais entre « Les Premiers Pas » & mon 1er « véritable » album « A Qui Veut l’Entendre… », j’ai effectivement écrit pour plusieurs artistes ; en particulier Clara Oleg (une chanteuse jazz) et Aliplays (électro-pop).
Pour moi, écrire pour d’autres est quelque chose de très stimulant, c’est une sorte de petit challenge…
En même temps, je ne cherche pas spécialement à m’adapter à la personnalité de l’interprète, j’essaie encore une fois d’être sincère avec moi-même. Mais je me permets des choses que je n’oserais pas forcément écrire si c’était pour moi, je m’autocensure beaucoup moins…

  • Écrire pour les autres t’a-t-il permis de parvenir à mieux écrire pour toi par la suite ?

Peut-être, je ne sais pas vraiment… C’est une expérience enrichissante en tout cas, et peut-être que quelque-part cela m’a permis de me décomplexer par rapport à l’écriture, de prendre davantage confiance en moi…

  • On va poursuivre sur ce thème fascinant qu’est l’écriture ! Quels sont tes sujets de prédilection quand tu écris ?

Mes sujets de prédilection sont l’amour (bien entendu !) et les relations humaines en général, mais aussi l’absence, l’enfance, la quête du bonheur… En résumé, la vie ! Bref, rien de très original en somme…

  • Quel est le sentiment que tu arrives le plus aisément à faire vivre à travers tes textes ?

Comme il y a une base autobiographique assez présente dans  la plupart de mes textes, et que mes émotions en sont souvent le point de départ, je dirais peu importe le sentiment… A partir du moment où ce que j’écris est intimement lié à ma vie, je peux être sincère et ainsi facilement faire passer une émotion…

  • A l’inverse, quel est le sentiment qui te semble le plus complexe à faire vivre sur papier puis en musique ?

L’engagement… Jusqu’à maintenant, j’ai toujours eu du mal à mettre en musique des textes sur des grands sujets de société (comme la pauvreté, la guerre, les problèmes écologiques, etc.)
Ce sont des sujets qui me touchent pourtant énormément en tant que citoyen. C’est un exercice très délicat de réussir un texte engagé sans que ça paraisse « lourd » !

  • Quand tu écris un morceau, la musique vient-elle naturellement avec ?

Oui, c’est rare que j’écrive un texte entier d’un seul trait, et qu’ensuite seulement je trouve une musique…  C’est en général un va et viens permanent entre des bribes de texte, notées ici et là, et quelques accords de guitare, une ébauche de mélodie…
La construction du texte et de la musique sont intimement liées dans mon processus d’écriture.

  • On va parler du monde qui t’entoure sur scène ! De quoi se compose le petit monde de Kandid ?

Ca dépend des jours ! Actuellement je tourne soit en solo (avec ma guitare, mon ukulélé, quelques loops…), soit en duo avec un multi-instrumentiste : Thierry Astruc (batterie, claviers, chœurs… tout ça en même temps !)
Il n’y a pas si longtemps, j’avais également une formule groupe plus étoffée, avec un bassiste et une violoncelliste / pianiste. Mais aujourd’hui il est plus facile de tourner avec des formules plus légères (techniquement et financièrement).

  • Avec tes acolytes musiciens, tu as déjà beaucoup tourné, et fait près de 400 dates dans toute la France ? Quels sont tes meilleurs souvenirs de ces dates ?

Il y a beaucoup de très bons souvenirs ! Il y en a beaucoup aussi de très mauvais ! (rire)
Dans les meilleurs, il y a bien sûr mes deux concerts en Chine en 2008 (à Shanghai), pour le côté absolument surréaliste…
Il y a aussi  le concert en 1ère partie de Miossec (et la rencontre avec ce grand Monsieur).
J’ai également plein de très bons souvenirs de concerts dans des tous petits lieux intimistes (ce que je préfère! J’ai besoin de ce rapport de proximité avec le public, car c’est dans ces lieux qu’il y a un véritable échange…).

  • Tu as déjà fait les premières parties de groupes et d’artistes connus ; Miossec comme tu viens de le dire, Raphael, Louis Bertignac, La Rue Kétanou, Aldebert ou encore Kaolin. Comment as-tu réagis quand tu as appris pour ta toute première partie ?

C’est toujours une grande chance de pouvoir faire la 1ère partie d’un artiste ayant une certaine renommée, car ça permet avant tout de se produire devant un public beaucoup plus nombreux que d’habitude, et donc de se faire connaître davantage… Donc bien entendu,  j’ai toujours été très heureux chaque fois que l’occasion s’est présentée ! Et d’autant plus quand il s’est agi d’un artiste que j’appréciais particulièrement (et dont parfois j’étais fan depuis 10 ans… comme Miossec par exemple !)

  • As-tu aujourd’hui l’occasion de proposer à ton tour à de jeunes artistes de faire ta première partie?

Malheureusement, je n’en suis pas encore à ce stade-là… J’espère qu’un jour ce sera le cas ! (Ça serait bon signe pour moi !)

  • Enfin, pour terminer sur la scène, si tu devais me convaincre d’aller te découvrir en concert suite à l’écoute de ton dernier album, quel serait ton argument fort ?

Je dirais que la version concert est en fait très différente de l’album…
Les gens qui ont aimé l’album ont en général adoré le concert… et ceux qui n’ont pas accroché au départ avec l’album ont souvent été agréablement surpris et ont beaucoup aimé le concert ! Bon, il y en a sûrement aussi qui n’ont aimé ni l’un ni l’autre, mais ils ne me l’ont pas dit! (rire)

  • On en vient naturellement à parler de ton album; « A qui veut l’entendre ? ».  13 titres…qui parlent de quoi ?

Sur les 13 titres qui composent cet album, il m’est apparu après coup que le thème de « l’absence » était assez récurrent… C’est un peu le fil conducteur :  L’absence due à la perte de l’amour, la perte d’un proche, ou encore la perte de l’innocence… Pour autant, ce thème pas vraiment des plus joyeux en soi, est souvent abordé de manière assez légère, jamais de manière frontale en tout cas.
D’autres thèmes sont également abordés : l’engagement amoureux (« La Place du Mort »),  ou ma taille ! (« Quand J’ Serai Grand »)…

  • Parmi tous ces morceaux, si tu devais m’en choisir trois, lesquels retiendrais-tu et pourquoi ?

Dure question…
« Louise » pour le travail au niveau des arrangements (avec le quatuor à cordes notamment).
« La Place du Mort » pour la mélodie et son côté pop accrocheur.
« La Berceuse Définitive » pour le texte et pour la guitare de Ludwig (guitariste de Kaolin)

  • Tu as sorti chez Discograph, un EP trois titres suite à cette album en 2010. S’agit-il de nouveaux morceaux ou d’une sélection de trois titres de ton premier album ?

Il s’agit de trois titres déjà existants (un extrait des « Premiers Pas » et deux extraits de « A Qui Veut l’Entendre… »), sur le thème de l’enfance. Ce EP est sorti début décembre, suite à un concours organisé par le label Discograph…

  • Aujourd’hui, dans ton processus d’écriture, as-tu composé assez de nouveaux titres pour envisager la sortie d’un nouvel album dans les mois à venir ?

La plupart des titres du prochain album sont écrits, mais il reste un gros travail à faire au niveau du choix des orchestrations…  Il n’y aura pas de sortie avant 2012.

  • Tu as de nombreuses dates à venir, je te laisse les donner !

Je serai le 27 mars à la Cocotte Minute & Papotage sur Monistrol sur Loire (43)
Le 1er avril à la Grande des Vachers à Blanlhac (43)
Le 16 avril sur Radio France Bleu Berry pour une interview et un live.
Le 20 avril pour le printemps de Bourges en off.
Le 5 mai à la Salle Jean Dame à Paris (2e).
Le 13 mai dans l’IDTGV entre Paris et Bordeaux, puis un concert au « El Chicho » à Bordeaux et le soir même le retour dans l’IDGTG entre Bordeaux et Paris.
Le lendemain, un concert à la Chauferie à Paris, en option.
Le 12 juin, je serai à Saint-Trivier-de-Courtes (01) pour un concert à emporter.
Le 17 juin à Vieure (03) pour un concert en plein-air.
Le 28 août à Arsac-en-Velay (43) pour un autre concert à emporter et enfin le 12 novembre à Cebazat (63) dans le cadre du festival « Sémaphore en Chansons ».

  • Pour les lecteurs d’indiemusic, où peuvent-ils te retrouver sur le net ?

On peut me retrouver sur www.myspace.com/kandidmusic (on peut d’ailleurs y commander mes albums), ainsi que sur Facebook, Twitter ou encore Noomiz (l’album est d’ailleurs en écoute intégrale sur ce site).

  • Je te laisse au choix de finir sur une citation, ou sur un extrait d’une de tes chansons qui t’illustre !

« Il faut cultiver notre jardin » (Candide, de Voltaire)

  • Merci beaucoup Nicolas et excellente continuation dans tous tes projets artistiques !

Merci à toi !! A un de ces jours au détour d’une scène, j’espère !

Un grand merci à son manager ; Olivier CHESNEAU. Mail : ochesneau.32@hotmail.fr