Rencontre avec Nicolas Miliani, chargé de la promotion du Blues Rules Crissier Festival

Le 1er juin prochain, le Blues Rules Crissier Festival établira ses quartiers le temps d’une soirée à la Flèche d’Or parisienne. J’ai choisi de laisser la parole à l’un des intéressés, Nicolas Miliani, entre autres promoteur du label Hillgrass Bluebilly et attaché de presse du festival.

Nicolas Miliani

  • Bonjour Nicolas Miliani, tu es le fondateur de Nayati Dreams, promoteur du label américain Hillgrass Bluebilly et attaché de presse du Blues Rules Crissier Festival qui passera par la Flèche d’Or le 1er juin. J’ai tout bon jusque-là ?

Oui tu as tout bon.
J’ai créé le site fin 2010 et il se porte bien. J’ai maintenant une stratégie «  360 degrés ». Donc je suis à la fois disquaire, attaché de presse et label. C’est le label Hillgrass Bluebilly, et plus précisément Keith Malette, son créateur, qui m’a mis le pied à l’étrier en me proposant de le représenter en France.
Le site nayatidreams.fr va bientôt devenir normandeepblues.fr et je ne communiquerai que sous ce nom, à la fois pour le côté disquaire,  attaché de presse et label.
Je travaille à la deuxième sortie du label Normandeep Blues Records (la première était Possessed by Paul James « Live at Antone’s » – d’ailleurs en tournée en Europe en juin).

  • Avant de parler du Festival Blues Rules 2013 qui fera étape dans plusieurs villes dont Paris, Rome et Lausanne, peux-tu me parler de ce qui t’a amené à te tourner vers le blues ? Qu’est-ce qui fait que tu as envie de défendre ce genre musical tout particulièrement dans tes divers projets ?

On écoute tous du blues, certains sans le savoir.
Mais tout est blues : le hip-hop vient de là, comme la soul, le métal…
La musique touareg, malienne et arabe suinte le blues. Johnny Cash est blues. Jadis, le chant des paysans normands ou de la femme de marin, c’est du blues. Le blues c’est la vie.

Ce que j’ai envie de défendre, c’est une musique simple, faite par des gens simples.  J’aime les musiques enracinées. Cela peut-être du roots à fond, comme Jimmy Duck Holmes qui transmet le Bentonia blues de Skip James et de Jack Owens. Mais cela peut être également des jeunes pousses comme Mississippi Gabe Carter, qui reprennent l’idiome et le font évoluer. Cela peut être Robert Belfour, mais aussi Left Lane Cruiser qui partent du blues et lui ajoutent un esprit punk.

  • Nous en avions parlé lors de ton passage sur Angers il y a quelques jours. Tu me parlais que tu aimais ce renouveau du blues plutôt que le blues à l’ancienne. Peux-tu donc développer sur ce blues contemporain et sur ces représentants en me présentant quelques figures du genre qui te semblent essentiels ?

Ce n’est pas exactement ça. On va dire que j’aime le blues «  vraiment à l’ancienne » comme Son House ou le Chicago Blues de Muddy Waters. C’est une certaine branche du blues basée sur l’asticotage de manche qui ne me touche pas.

Dans les «  bâtards du blues » qui me séduisent actuellement, je te citerais : Left Lane Cruiser, Possessed by Paul James, Reverend Deadeye, Bror Gunnar Jansson, Eric Bling, Molly Gene One Woaman Band et Gabe Carter.

Tous ont en commun de partir d’une base blues et d’en faire quelque chose d’unique et de totalement personnel, loin d’un déroulé pentatonique ronflant et copié-collé sur les autres.

  • On en vient naturellement au Festival Blues Rules. Je te laisse le présenter, notamment concernant l’historique du projet…

Blues Rules

Le Blues Rules a été en 2010 par Vincent Delsupexhe et Thomas Lecuyer.  Il s’agit du premier festival de Blues underground et alternatif, à taille humaine et à la programmation de premier choix. Le festival est ancré à Crissier, en Suisse dans le canton de Vaud, sur les bords du lac Léman.

Cette 4e édition sera spéciale et unique, car le festival se délocalise le temps d’une année et nous propose un caravan tour. Il y aura deux dates en Suisse, une Italienne et LA date française à ne pas rater pour les lecteurs : le premier juin à La Flèche d’Or.

  • Cette année, quels sont les artistes qui y prennent part et peux-tu me les présenter un à un succinctement ?

Lightnin’ Malcolm :

Lightnin' Malcolm

Après un temps d’errance de bar en bar, de gig en gig, digne d’un songster des années 30, il s’est enraciné vers le début des années 90 dans le Mississippi auprès des familles Burnside et Kimbrough, avec l’un ou l’autre membre desquelles, le plus souvent Cedric Burnside. Il joue depuis, quand il n’est pas solo ou à la batterie pour T-Model Ford ou un autre ancien. Il sera présent en solo et mettra le feu, lancera la soirée.

Robert Belfour :

Robert Belfour

Robert Belfour est originaire des collines du nord du Mississippi, comme RL Burnside et Junior Kimbrough, et sa musique, pour partie apprise d’eux, se construit sur le même répertoire, et le même squelette de riffs résonnants et hypnotiques. Son Hill Country Blues est entièrement acoustique et va droit au cœur.

Left Lane Cruiser :

Left Lane Cruiser

Incontestable porte-drapeau, avec les Black Diamond Heavies, du punk-blues, forçat de tournée, ce duo (guitare et batterie) formé depuis une dizaine d’années s’est forgé une réputation incontestable, imposant le respect jusque chez les sceptiques du style – tant chez les punks qu’auprès des amateurs d’un blues plus classique. Électrifiant la violence d’un Big Joe Williams sur une profonde compréhension des bases harmoniques du blues rural, en particulier du Nord Mississippi, en durcissant les attaques rythmiques sans jamais en trahir le groove, même le swing, assumant leur blanchitude par de légers emprunts de couleur au hillbilly sans ignorer les musiques noires actuelles, ils réinventent le rock’n’roll à la racine . Le feu d’artifice de la soirée.

  • Si je comprends bien, Blues Rules est un festival atypique de par son côté itinérant. Pourquoi avoir choisi de le développer sur plusieurs lieux plutôt que de se concentrer sur une seule et même ville, une seule et même salle ?

Cette année il est itinérant, avec une programmation resserrée de premier choix, pour aller à la rencontre du public. Le festival retournera à sa formule initiale dans le parc du château de Crissier, et son ambiance champêtre, sur 2 jours…, et ce dès 2014.

  • Quelles sont les raisons qui pourraient inciter les passionnés de blues à se rendre à ce festival en particulier ?

La présence sur la même scène de Lightnin Malcolm et de Left Lane Cruiser, ainsi que la légende (labellisé Fat Possum Records ) Robert Belfour.  Une affiche unique et immanquable !

  • Même question cette fois-ci pour les non-habitués du blues ?

Il vont découvrir des groupes incroyables, notamment Left Lane Cruiser, que l’on peut classer dans le rock aisément.
Et ils vont s’apercevoir qu’ils aiment le blues. Le blues c’est comme la galette, on l’aime, quand elle est bien faite ! Au Blues Rules, les choses sont bien faites.

  • D’ici cette date du 1er juin à la Flèche d’Or, que reste-t-il à faire pour préparer au mieux l’événement ? Combien de personnes sont attendues sur l’événement ?

500 pour blinder la flèche d’or bien sûr ! Ce concert va être une grande fête conviviale qui va permettre pour 24 euros seulement un aller vers les collines du nord du Mississippi et son blues lancinant et hypnotique. Il me reste un peu de promo à faire et préparer le planning des interviews que les journalistes donneront aux musiciens.
Vous pourrez retrouver sur place les disques présents sur mon site nayatidreams.fr.

  • Que peut-on te souhaiter pour la suite ? Et que peut-on souhaiter au Blues Rules pour 2013 ?

Nicolas Miliani

Pour le Blues Rules : que les gens se passent le mot.  Qu’ils viennent nombreux à l’une des 4 dates, qu’ils en profitent pour voir Robert Belfour dans vraisemblablement sa dernière tournée européenne.

À titre personnel, que des musiciens, labels ou festivals me contactent pour que je m’occupe de leur promo.  Je continuerai ainsi mon métier, qui est une passion : de promouvoir des projets musicaux.

  • Merci Nicolas et à très bientôt !

Merci à toi.

blues-rules.com/festival/‎

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