Vanity – Occult You

C’est d’abord intrigué par la pochette du premier album des Italiens de Vanity, « Occult You » que j’ai décidé de me pencher sur ce projet. Cette fille au visage brûlé posant d’emblée la noirceur incendiaire du projet. Troublant.

Vanity - Occult You

Je démarre alors l’écoute, alors que le projet m’est présenté comme un mélange d’indie, de doom, de black metal, de new wave et de rock gothique. Le tout influencé par le paganisme et l’exotérisme européen. Il n’en faut pas plus pour démarrer l’écoute et tenter de mettre un peu de lumière sur cet album noir braise posé sur le bûcher.

Lourd et mélodieux, c’est dans cette contradiction que Vanity compte laisser son empreinte sur « Occult You ».

« Sleeping Tears » en ouverture impose. Chœurs répondants, riffs intrusifs, refrain possédé et particulièrement efficace, Vanity manifeste clairement ses potentiels. Entre puissance des compositions et intensité mélodique.

En parfait exemple, il y a « Ghosts », laissant clairement présager une influence d’Interpol sur les compositions du quatuor italien. Voix en errance, s’apaisant sur les premiers refrains avant de monter les marches vers un panthéon dévasté.

Parfois abyssal, Vanity enfonce ses arrangements dans l’errance nocturne, dans l’obscurité la plus totale pour en laisser s’échapper une excitation jubilatoire.
Les Italiens imposent le chaos après avoir laissé planer l’obscurité orageuse sur « Ruins » et tentent de reconstruire avec ardeur leur passé sur le progressif « Pagan Hearts ».

Le jeu des contradictions continue pour nous livrer un album sous fonds de lutte entre le bien et le mal.
Ces rivalités en deviennent d’ailleurs fascinantes, Vanity puisant dans un imaginaire moyenâgeux que l’on imagine ravagé par une forme d’inquisition et porté par le chant grave de son chanteur, N.

crédit : Federico Chiesa
crédit : Federico Chiesa

On appréciera également ces rares ruptures. Celle des premières minutes de « Time’s New Romance » à l’allure post-rock laissant s’installer l’ambiance avant d’évoluer vers une construction de plus en plus guerrière, enveloppée d’une mélodie certaine par le combat livré entre le lead et les chœurs.

Sur « Occult You » Vanity développe une violence sonore déconcertante, utilisant le sacré pour mieux le dominer.

Sur l’éponyme « Occult You », Vanity invite le spirituel sur un titre plus électronique, s’approchant de leurs tendances gothiques avant de conclure sur l’orage électrique de « The Wanderer », chargé de riffs soniques et enveloppé d’un matraquage rythmique des plus violents. Grondant et dévastateur.

crédit : Federico Chiesa
crédit : Federico Chiesa

10 titres et quarante minutes d’une musique grandement aboutie et savamment produite confortent à la fin de l’écoute du potentiel du quatuor italien à livrer une grande messe noire sur fond de spiritisme contemporain où les heures sombres du rock viennent hanter les esprits.

« Occult You » de Vanity, sortie le 24 mai chez Church Independent et Roughtrade.

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Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques