Wu Lyf sonne le glas de l’ère mainstream

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Un son intense, possédé, puissant, vaste et spatial par moments, voilà à quoi peut se résumer le World Unite Youth / Lucifer Foundation dans « Go Tell Fire To The Mountain ».

Cet album, c’est avant tout dix titres magistralement mis en valeur, par les quatre musiciens de Manchester.

Sur une voix tiraillée, tremblante et glaciale, on assiste impuissant à un tour de maitre nous menant aux confins d’un indie pop souterrain, sous fond de religiosité.

Enregistré dans une église louée pour l’occasion, le groupe a joué chaque nuit jusqu’à ce que leurs voix mélancoliques atteignent la note juste. Il en ressort un album au son alternatif, par le contraste entre des mélodies pop aux influences très nordiques et des vocalises violentées.
De l’ « heavy pop », pour reprendre le dernier titre de l’album, c’est donc ça Wu Lyf !

Wu Lyf se plait à rendre énigmatique la moindre de ses apparitions, à l’époque ou nous les avons découvert sur internet, nous comptions un MySpace vide et un site rempli de photomontages à thèmes très révoltants, rien de plus, juste du mystère. Wu pour Wu Tang Clan, Lyf pour Life.

À l’inverse de la plupart des autres groupes qui s’acharnent à occuper une part médiatique à grande échelle, les quatre garçons de Manchester ont choisi d’avancer dans l’ombre, masqués, portés par des chansons à l’âme unique.

Seulement quelques titres trainent sur la toile, certains non-mixés, mixés, remixés, mais toujours une sensation d’en vouloir de nouveau, à la fin de chaque écoute, le Wu Lyf est un hymne au non-conformisme, un groupe qui ose, et on en redemande.

Il en sort des perles issues de la musique alternative internationale chaque mois, mais celle-là fait figure de rareté.
Bien loin de tous enjeux médiatiques, Wu Lyf monte son armée de fanatiques lassés du formatage musical et se prépare à renverser le dieu mainstream de son trône doré. De beaux jours sont à venir pour l’indie rock.

Wu Lyf s’est construit tout seul en inventant son propre système économique, ne rien déléguer et tout contrôler à seulement 19 ans. En passant par la création de son propre label le « Lyf Recordings ».

Quand on va voir les Wu Lyf sur scène, on assiste à quelque chose d’épique, de surpuissant, ce n’est pas qu’un concert, c’est une action physique, touchée par la grâce de notes rageuses. Le groupe est fascinant à regarder, sûrement parce qu’il représente pour ses membres ce dont ils ont toujours rêvé.

La révolution est en marche et rien ne semble pouvoir arrêter désormais la déferlante vague musicale embrayée par la sortie de  » Go Tell Fire To The Mountain ». Majors prenez garde, le danger vous guette. L’ère du mainstream est révolue.

C’est rageur, mystérieux, étonnant, artistique, gracieux, c’est le Wu Lyf et l’album sort demain.

Site officiel du groupe : www.wulyf.org/

Chronique écrite en collaboration avec Aloïs Lecerf.

Olivier Chesneau, un couteau suisse au service des artistes indépendants

À 37 ans, et dix bonnes années passées à servir le monde de la musique indépendante en tant que chargé de promotion puis manager, Olivier Chesneau a accepté de partager son expérience du milieu, construite avant tout autour de belles rencontres humaines.

  • Salut Olivier, pour cette interview, on va parler musique mais pas au sens de l’artiste produisant son propre son. Allez, je te laisse t’introduire !

Olivier Chesneau, homme mélomane, couteau suisse du monde musical depuis 2000 en freelance. Mais vraiment ancré au sein du monde musical depuis début 2009.

  • Belle introduction Olivier ! Alors en tant qu’homme aux multiples facettes, quelles sont les tiennes ?

Je travaillais au départ dans le booking, la promo en amont des dates trouvées, j’ai même été roadie dans le cadre de concerts en local… et au fil des années, je me suis spécialisé en promotion web. Depuis début 2011, je goute aux joies du management d’artiste, en plus d’autres facettes de mon métier.

  • On en viendra par la suite à tes autres facettes ! Comment en es-tu venu à faire ce choix de travailler pour la musique ?

Pour bosser au contact d’artistes sans pour autant en faire moi-même. La musique est plus quelque chose « en moi » depuis que je suis né. Toute ou une bonne partie de ma famille est dans l’artistique, et à défaut de devenir musicien, je voulais « servir » ceux qui me font rêver et qui me font vivre à 6000 Watts tous les jours.

  • Qu’est-ce qui te fait vivre à un tel train de vie ?

Ma personne à l’heure actuelle mais je propose mes services en freelance. Je recherche activement une structure qui pourrait « accepter » mes compétences en vue de mes deux expériences antérieures en qualité de chargé de projet au sein de deux associations dont l’une était musicale, et l’autre dans le domaine de théâtre.

  • Un métier difficile donc ?

Un métier difficile certes mais tellement passionnant, même si pas très solide, mais la vie n’est faite que de choix…
Et à défaut d’être dans un « bureau » non épanoui, je suis « un homme qui prend des risques » et qui tente de les assumer tant bien que mal. Et je prends mon pied !

  • Et c’est tout à ton honneur !

Pour tout dire, il y a trois ans, je n’avais pas de réseau et tout s’est déclenché superbement en 2009 à travers des rencontres, du travail et des expériences.

  • Parle-moi de ces rencontres. Avec qui et comment les occasions se sont-elles produites ?

La première de ces rencontres s’est faite via un ami artiste en début d’année 2009, MySk. Il est dans une veine électro-pop et m’a proposé de devenir son chargé de promotion. À ce jour, il a sorti un trois titres et fait quelques diffusions sur les ondes ainsi que quelques apparitions dans des journaux locaux.

Ma deuxième rencontre notable, c’est celle avec la manageuse des YuLeS ( groupe folk) dont j’ai assuré la promotion web, et pour qui j’ai monté quelques concerts dans le cadre de la sortie de leur EP en juin 2010, et la sortie de leur album en octobre 2010.
Cette rencontre avec la manageuse des YuLeS s’est faite via Facebook en septembre 2009 ; ce réseau est excellent quand il est bien utilisé !

 

  • Et suite à ça ? D’autres aventures dans la musique, je me trompe ?

Oui, en effet, une rencontre avec une personne très performante dans le booking, en novembre 2010 suite à un concert des YuLeS où j’ai fait venir Kandid.
Celle-ci me dit « tu es manager toi, non «  ? Et c’est après quelques rencontres avec le principal intéressé que je suis devenu son manager au 1er janvier 2011.

  • Une bonne nouvelle pour un début d’année non ?

Plutôt oui ! Et parmi mes rencontres, je pense particulièrement à Fabrice Muller, Gildas Lefeuvre, Jean Michel Tinet, Mathieu Di Papet et Tina Poulizac.

  • Tu as certainement pas mal bougé ces dernières années ? Parmi les villes par lesquelles tu es passé, y’en a-t-il quelques unes pour lesquelles tu voues un intérêt particulier ?

En fait, je n’ai pas tant bougé dans le cadre de mon activité dans le monde musical. Je navigue beaucoup entre Paris et l’Auvergne. Mais j’ai fait Lyon et Bordeaux dans un contexte pro. Et il est vrai que Paris reste Paris ; cela se ressent et en tant que manager d’un artiste venu d’ailleurs. Le faire jouer sur Paris est un but !

  • Et il y en a des facettes dans ta vie professionnelle ? Avec Kandid, quels sont tes rôles ?

Je dirais que je suis un manager à 360 degrés. Lui s’occupe de la partie artistique, et moi du reste. C’est la théorie, mais dans la pratique lui-même fait de la recherche de dates et je m’occupe de la promo lorsque la date est finalisée. Nous ne sommes que tous les deux.

Et là, avec Kandid, on prépare un concept de concerts à emporter. C’est en plein développement. Il y a aussi la prépa d’un EP pour 2012 et tout un travail de promo à faire à ce niveau là, et en amont, il faut trouver des partenaires.

  • Dans 5 ans, avec qui vois-tu ton activité de manager se poursuivre ? Une idée ?

Disons que je veux passer à l’étape supérieure. J’ai deux rêves que j’espère pouvoir tenir même si la situation est critique à l’heure actuelle ; producteur musical afin de vraiment défendre les « couleurs » de la musique indépendante et pourquoi ne pas avoir un « lieu musical » à moi, mais cela relève de la fiction !
Pour ce qui est de savoir avec qui je voudrais être en management, je ne sais pas tellement les choses vont vite, les groupes bougent. Tu le sais aussi bien que moi.
À suivre…

  • On fera le point dans cinq ans alors ! Une petite sélection de ce que tu écoutes en ce moment pour finir l’interview ? Quelques coups de cœur ?

J’écoute tout mais j’ai une vraie affinité pour le folk anglais fait par des Français ou des Anglais.

  • Des noms, je veux des noms (rire) !

Je dirai Sufjan Stevens que j’ai découvert via Guillaume Charret (membre des YuLeS).  Il y aussi Zazie qui me prend toujours aux tripes. Et une « petite » qui à mon avis deviendra grande ; Lise qui vient de sortir un album pas plus tard que le 6 juin dernier.

  • Une artiste à suivre donc ! Merci pour le bon plan.

C’est un avis perso, et ce, même si elle est signée ! Sans doute à travers son clip sur Paris qui est « ma ville » Sans prétention aucune mais bon, Paris est magique…

  • On va finir de manière classique, une phrase pour conclure ?

Il vaut mieux vivre ses rêves que rêver sa vie.

  • Merci à toi Olivier et bon courage pour la suite

Merci Fred. Merci à toi pour ta confiance, et j’espère à très vite sur les routes !

Pour contacter Olivier Chesneau : ochesneau.32@hotmail.fr

Dans les Katakomb de la dream-pop

Pour cette septième chronique en une semaine, j’ai décidé de vous présenter à nouveau un groupe suédois.

Après les deux belles chanteuses-musiciennes de Palpitation, je vais vous parler de Katakomb, trio dream-pop de Gothenburg.

La première chose que l’on constate à la découverte de ce groupe, c’est la qualité de l’enregistrement et de l’instrumentation. Un univers musical riche, emprunte d’émotion et traduisant les grands espaces.

Leur premier EP, éponyme, démarre sur un superbe diptyque musical intitulé « Tennerifa part 1 and part 2 ».

Dans la première partie, Katakomb délivre un indie pop très rythmé avec quelques touches d’électro et un joli timbre de voix de la part du chanteur qui ne gâchent rien.

On embraye alors sur le second titre, beaucoup plus instrumental. Le titre me donne une impression de cavale solitaire sur fond de mélodies atmosphériques denses et hypnotisantes. Une musique à écouter les yeux fermés pour mieux vivre l’intensité du morceau.

On passe ensuite, avec une telle douceur que la transition ne se ressent pas au troisième titre de l’EP. Eager Eyes, c’est le nom du titre alterne propose globalement un indie blues, un peu lounge même, vraiment agréable à l’oreille.

Enfin, pour terminer l’EP, Katakomb propose un remix de ce troisième titre. Le love laos remix d’Eager Eyes, est moins convainquant que le titre original, avec un remix qui part plutôt du côté de la deap house.

Pour vous faire votre propre opinion sur les deux derniers titres, vous pouvez les écouter directement sur leur page Soundcloud : http://soundcloud.com/katakomb

Quel bilan faire de cet EP ? Tout d’abord, pour un jeune groupe, les trois Suédois réussissent à créer une musique dreampop de qualité, profonde et entrainante. En janvier dernier, ils recevaient un prix pour le meilleur groupe non signé suédois et désormais, ils tournent avec nos amis de chez Luxury. Merci d’ailleurs à Rasmus, fondateur du label qui m’a fait découvrir cette petite merveille musicale.

Le premier EP « Katakomb » est sorti le 11 mai dernier en vinyle pour 12 euros chez Luxury (http://luxxury.se/), et en numérique pour 3 euros via iTunes (http://itunes.apple.com/fr/album/katakomb/id434488061).

Et en bonus, Tennerifa part 2 en live, ça donne ça :

Cosmodrive, décollage réussi pour Alaska Square.

Alaska Square, un drôle de nom pour ce quatuor rock-pop parisien ! En fait, pas tant que ça ; on assiste sur leur premier quatre titres « Cosmodrive EP » à des compositions carrés taillées pour la scène, où aucune fausse note ne ressort.

« Cosmodrive » en ouverture de l’EP fait la synthèse de l’univers musical du groupe : abouti, électrique, puissant et mélodique. Lorgnant plutôt du côté de l’indie rock nord-américain, le premier titre invite au voyage et à l’escapade nocturne.

« Chocolate » confirme la maturité dans la composition du groupe. Sur un rock alternatif énergique et engagé, les textes de Sébastien, leader du groupe prenne vie. On se laisse porter par le flux.

« She Sees Seasons ». Plus pop que les deux précédents titres, on se délecte là de quelques délicieuses mélodies bien trouvées, propulsées sur la fin par un rock en constante intensification.

Quatrième et dernier titre titre de ce premier EP « The Man Who Wasn’t There » évoque tout d’abord un mystérieux univers, une ambiance très lunaire pendant la première minute. Bien vite l’étrange laisse place à un rock très impliqué, grave et décidé à la manière d’un Interpol.

Alaska Square avec son premier EP réussit le pari de nous guider dans un dédale d’émotions fortes sur fond de rock alternatif puissant et aérien à la fois. On a vraiment hâte de découvrir la suite que nous réserve le groupe parisien.

Un EP à découvrir sur http://alaskasquare.bandcamp.com/

Kaiser Chiefs passe du côté obscur de la musique

Cette semaine, c’est la folie des sorties musicales indie-rock venues de chez nos voisins anglais.

Entre ColdPlay qui présente son nouveau single « Every Teardrop Is A Waterfall », Arctic Monkeys qui sort « Suck it and See » lundi prochain, et maintenant les Kaiser Chiefs qui reviennent de presque quatre années d’absence avec leur nouvel album « The Future Is Medieval ».

Avec un concept totalement innovant, les rockeurs de Leeds, proposent à leurs fans une expérience pour le moins audacieuse et inédite, construire à partir d’une liste de vingts titres leur propre dix titres personnalisé, et ce, même au niveau de la pochette d’album.

Voilà comment tout fonctionne. Il faut d’abord se rendre sur le site officiel du groupe : www.kaiserchiefs.com et choisir dix titres parmi les vingt extraits proposés. Vient ensuite la réalisation de la pochette. On doit alors faire preuve d’originalité en utilisant des visuels proposés et en les assemblant comme bon nous semble afin de réaliser un cover art bien à nous. Puis passage à la caisse (contre l’équivalent de 7,5£) et quelques minutes plus tard, on reçoit un lien par mail pour télécharger notre « Future Is Medieval » personnalisé.

Alors du coup, vu qu’il s’agit là d’un album un peu spécial, je vais vous proposer ma petite sélection.

C’est par « Little Shocks » que je commence, premier single qu’ont choisi de révéler les cinq Kaiser Chiefs avant même la sortie de l’album. Il marque en quelque sorte le tournant musical du groupe, plus sombre et beaucoup moins pop et mélodique. Un choix discutable qui préfigure déjà un album en demi-teinte.

Avec « Coming From The Air », on a droit à du piano et du mélodica pour l’un des titres les plus pop de l’album, qui s’offre le luxe d’un solo de guitare de près de deux minutes sur la fin.

« Problem Solved », un titre indie rock énergique à la Pigeon Detectives. Les titres dansants sur « The Future Is Medieval » se font rares.

J’ai aussi choisi « Saying Something ». Un titre nuancé, le début est vraiment sympa. Les voix, les guitares, la batterie se mettent en place, et l’ensemble promet un bon moment. Mais finalement, je tombe sur un refrain peu engageant qui vient carrément plomber le titre.

« Can’t Mind My Own Business ». À comparer avec le précédent titre, c’est mieux. Un mélange pop new wave electro rock assez barré. C’est même un peu le bordel.

Sur « Dead Or In Serious Trouble », on croirait un mélange saugrenu de Dropkick Murphies bien énervé sur fond psychédélique. Vous ne voyez pas de quoi je veux parler. Écoutez le titre, vous comprendrez certainement.

J’ai choisi « Long Way From Celebrating » presque uniquement pour son refrain. Refrain assez énergique qui contraste assez violemment avec le reste du morceau plutôt lancinant.

« My Place Is Here » est un de ces morceaux qui sonnent très goth rock, un vieux son new wave des années 80, entre The Cure et Depeche Mode. Je dois bien avouer que je n’en suis pas fan.
Un titre un peu trop rétro à mon goût.

Avant dernier titre de ma sélection « Cousin In The Bronx » propose une sorte de blues pop avec quelques tentations du côté de la musique expérimentale électronique. Vraiment original, mais pour le coup, c’est plutôt sympa.

Enfin, Kaiser Chiefs se met à l’acoustique sur « If You Will Have Me ». Une chanson touchante destinée au père de Nick Hodgson, batteur du groupe : « And if you will have me / I want to be the son that I was / And if you will have me / I want to be the boy in the photograph ». Assurément la chanson la plus personnelle de l’album.

Finalement, le plus dur dans l’exercice d’une chronique avec une telle sortie c’est bien de parler d’un album qui n’est qu’une version parmi des centaines d’autres possibles.

Personnellement, l’album ne m’a pas emballé plus que ça, malgré la liberté accordée dans le choix des morceaux.
Les titres sonnent plutôt plats et se révèlent relativement sombres. Et ça en devient même lourd à écouter par moments.
Il y a pourtant quelques bonnes surprises comme sur « Cousin In The Bronx » et « Problem Solved » , mais ça fait un peu léger sur une base de vingt titres. Un concept sympa, mais le reste ne suit décidément pas ! Dommage.

Le grand retour de The Vines

The Vines, ça poutre grave ! Ca t’arrive dans la face sans que tu n’y comprennes grand-chose.
Sur un premier titre ultra énergique « Gimme Love », à la manière d’un « Get Free » ou d’un « Ride », on peut dire que le band australien n’a rien perdu de sa fougue.

Déjà cinq albums en dix ans pour The Vines ; les quatre premiers étaient très bons, et leur nouvel album « Future Primitive » sorti aujourd’hui semble prendre la même direction.

Sur « Leave Me In The Dark », le groupe fait dans la pop anglaise. Une chanson de lover sur fond de guitare acoustique et de glockenspiel.

La piste suivante reprend le schéma des précédents titres phares du groupe. « Candy Flippin Girl » se révèle en rock punchy et énergique. Un refrain calibré pour le hit parade. Efficace !

Bon je ne vais tous les faire sinon on y sera encore demain. Je vous propose plutôt un florilège du reste de l’album.

Prenons tout d’abord « Weird Animals », ou le titre le plus rockabilly de l’album, à la croisée des White Stripes et des Distillers.

Sur « Cry », les quatre natifs de Sydney proposent un titre pop-rock agréable, harmonieux, avec une teinte de rock vintage.

Parlons maintenant du titre éponyme de l’album « Future Primive », qui ne trahit pas l’impression globale que je me fais de cet enregistrement suite à ma première écoute, des titres courts et efficaces, (celui-là fais moins de deux minutes), qui laisse The Vines dans le coup face aux Strokes new-yorkais.

« Goodbye », ballade pop, porté par la voix de son leader Craig Nicholls seul à la guitare acoustique pourrait terminer l’album à la manière d’un Hallelujah de Jeff Buckley.
Mais c’est finalement, « S.T.W » qui clôture les treize titres sur un morceau lo-fi expérimental assez déconcertant, sans être pour autant désagréable. Ce n’est cependant pas le titre sur lequel j’aurais souhaité que l’album se termine.

Même si The Vines ne change pas beaucoup sa formule, avec une alternance de titres rock heavy en puissance et de titres bien plus posés, entre pop et folk, ça fait réellement plaisir de les retrouver en grande forme sur ce nouvel opus.

Sans vraiment innover, « Future Primitive », montre après « Melodia » sorti en 2008, que le groupe rock australien n’est décidément pas mort.

Future Primitive est à disponible depuis aujourd’hui chez tous les bons disquaires et des extraits de l’album sont en écoute sur leur site officiel www.thevines.com.

A découvrir également, le premier single du groupe, « Gimme Love », et sa référence évidente à l’univers du film et de la bd geek, Scott Pilgrim.

[LP] Foster The People – Torches

Los Angeles, CA. Il y a bien sûr Hollywood, ses stars, son soleil, ses plages, ses spots de surfs mais n’oublions pas les innombrables artistes qui participent également à bâtir la culture californienne.

Un nouveau venu, portant le doux nom de Foster The People, du nom de son leader, Mark Foster. Entouré de ses acolytes Cubbie Fink au clavier et Mark Pontuis à la batterie, il a réussi à créer un groupe assez inclassable entre indie pop, électro-rock, funk et quelques influences soul.

Depuis la fin 2009, date de la création du trio de LA, Foster The People développe son univers qu’on pourrait situer assez librement entre MGMT, Passion Pit, Phoenix et Aphex Twin.

Alors que le groupe commence déjà à faire fortement parler de lui outre-Atlantique ainsi qu’en Australie, il n’a cependant pas encore commencé son ascension sur notre FM nationale.

L’occasion était donc trop belle pour ne pas en parler. Surtout qu’ils viennent de sortir ce 24 mai, leur premier album « Torches« , un dix titres assez court, dans la moyenne de ce qui sort actuellement.

Avec un son très jeune, et par moments très eighties, le groupe de Mark Foster signe un album finalement bon public. Ça s’écoute facilement, c’est frais et dansant et les refrains resteront pendant un moment dans vos têtes, et ce, dès la première écoute !

Parmi les dix titres, je retiendrais Helena Beat qui en guise d’ouverture d’album signe un tube estival efficace aux riffs accrocheurs, Don’t Stop (Colors On The Wall) parfait hymne à la culture jeune et Waste, une love song efficace avec un refrain en béton armé à la Empire of the Sun ; pour moi le meilleur titre de l’album.

Même si l’album pèche sur la fin par quelques titres moins savoureux comme sur Life On The Nickel et Miss You qui multiplie les folles instrumentations électroniques au risque de perdre certains de ses auditeurs, il n’en reste pas moins un album efficace qu’on prendra plaisir à diffuser en soirée ou entre amis sur la plage cet été.

L’album est à découvrir sur www.fosterthepeople.com et disponible à l’achat pour moins de 7 euros sur leur boutique. Ça serait vraiment dommage de passer à côté, non ?

Vetiver, la pop au sens large du terme

Pochette minimaliste à l’allure vintage, musique planante sur fond d’évasion.

Vetiver, groupe indie pop de San Francisco sortira son nouvel album, 10 titres, intitulé de The Errant Charm le 14 juin.

Sur des purs moments pop, on se laisse aller à la décontraction. On oublie tout, sa journée, ses soucis, et que ça fait vraiment du bien. Ma thérapie par la musique peut commencer.

Le groupe californien qui en est avec The Errant Charm à son cinquième album déjà vous propose un incroyable voyage dans la pop américaine indépendante.

Andy Cabic, leader du groupe, a choisi d’écrire ses morceaux pour la ballade, et à vrai dire, on a bien envie de s’imaginer parcourant à notre tour la ville du Golden Gate sur cette bande-son aux allures estivales.

L’album s’ouvre sur It’s Beyond Me, titre absolument somptueux, où chaque apparition d’un nouvel instrument vient embellir l’instrumentation générale. Le titre a beau faire plus de six minutes trente, on ne voit pas le temps passer.

Worse for Wear pose l’univers du quintet américain. Une musique infiniment riche, portée par mille accords venant envahir les quatre coins d’une pièce. Une telle invitation à découvrir leur musique ne peut se refuser.

Can’t You Tell, troisième piste de The Errant Charm, propose un surprenant mélange expérimental entre ses instrumentations vintages à l’orgue et ses beats très dansants.

À la cool, Hard to Break est l’exemple même de la pop façon Vetiver. Elle va à l’essentiel, repose l’esprit et apporte sa touche de bonne humeur à la manière d’un Math and Physics Club (autre groupe américain que je vous invite vivement à découvrir) ou de The Weepies.

Fog Emotion, cinquième titre, est le slow de l’album. À l’ancienne, il rappellera aux plus âgés d’entre nous les bandes-son des années quatre-vingt.

Right Away rappellera quant à lui ce bon Neil Halstead et ses titres pleins de tendresse et de douceur.

Des airs joyeux sur des instrumentations folks qui donnent le sourire. Que demander de plus.

Ce sera de même pour Wonder Why, entrainant titre pop rock qui chez moi m’évoquera les efficaces pop songs de l’Australien Ben Lee.

Ride Ride Ride tant même dans le rock n roll. L’acoustique laisse enfin place à la musique amplifiée avec un rock simple mais efficace. Dansant à souhait, si après ce titre vous n’avez pas une pêche d’enfer, ce n’est pas normal.

Faint Praise fait carrément l’inverse de Ride Ride Ride avec un titre plein de douceur. Parfait pour aller se mettre au lit et commencer à rêver…

The Errant Charm se termine sur le fantomatique Soft Glass, titre planant et contemplatif. Morphée arrive…

The Errant Charm est un chouette album à posséder. Il  surprend en proposant d’explorer à chaque nouvelle piste un nouvel univers, une nouvelle ambiance. Et à chaque fois, c’est une réussite. Épatant.

Disponible le 14 juin chez Sub Pop Recordswww.subpop.com

Wonder Why, extrait du nouvel album, est à télécharger gratuitement sur le site officiel du groupe : http://vetiverse.com/

Photos par Alissa Anderson