L’art de ne pas suivre la meute

tapeclubep

Voilà que le Californien d’adoption, Morgan Manifacier, sort aujourd’hui un joli petit enregistrement fait de quatre reprises de ses compagnons du label Tape Club.

Sur ce « Tape Club EP », Morgan, avec pour seule compagnie sa guitare, nous prouve qu’il est autant à l’aise avec ses propres compositions qu’avec celles de ses amis musiciens.

Là où le génie de Morgan se révèle, c’est dans sa manière d’aborder le concept même de la reprise.
Bien loin de faire de la cover pure et dure, il y met toute sa sensibilité et insuffle sa douce parole chaleureuse et habitée aux morceaux pour mieux nous les rendre appréciables.

Morgan Manifacier a inventé son propre courant musical, le folk manifacier, un folk pur qui résonne au naturel, délicat et sans fioriture.

Morgan ne s’arrête jamais et signe avec ce « Tape Club EP » un recueil folk intimiste qui vient marcher sur les traces de son grand frère Grande.

Le loup solitaire du folk émotionnel continue son beau chemin, et le plus beau cadeau que je pouvais lui faire était de lui rendre la pareille en lui exprimant tout le bien que son dernier enregistrement m’évoque. C’est désormais fait.

Chapeau bas l’ami

Pour télécharger l’EP gratuitement, c’est ICI !

http://morganmanifacier.com/
http://www.tapeclubrecords.com/

The Ankers, le rock n roll dans la peau

Rock n roll, c’est ce qui me vient directement pour ce quatuor parisien formé autour des frères australiens Stuart.
Naturellement à l’aise avec leur langue natale, The Ankers a pu se concentrer directement sur les compositions, sans pour autant faire l’impasse sur les textes.

Il en ressort cinq excellents morceaux très éclectiques, avec une belle alternance de titres incisifs, bien rentre-dedans, parfaits pour illustrer cinématographiquement des bastons à la Fight Club, et d’autres titres qui nous ramènent à un univers plus confiné, plus intime.

« Lock Me In A Room » ouvre le bal avec un titre au riff qui met bien la patate. La voix de Tristan supporte bien le rythme et nous entraine dans une bonne grosse descente dans les entrailles d’un rock suant d’énergie. On touche presque le psyché sans jamais y entrer, il faut dire qu’en deux minutes trente à peine, tout passe bien vite.

On passe ensuite sur « I Feel Like A Terrorist », morceau infiniment posé, où l’on se voit bien dans un bar à strip sirotant une bonne bière devant une armée de jolies filles dansant pour nous.

« Take My Thrown » remet la lumière. Le son pète de toute part et nous voilà repartis sur un titre qui envoie du bois. Des riffs presque saturés, une furieuse envie de tout casser et un joli parfum de road movie.

« Above The Outside Line » fait redescendre la température montée bien haut et nous remet sur le droit chemin avec un titre avant tout contemplatif, qui évolue dans la durée sur de belles notes chaleureuses.

On termine le bout de chemin sur « Money Riff », le morceau le plus dingue de l’album, qui nous fait partir sur les routes d’un rock endiablé. Ce titre est une tuerie d’efficacité, ça te prend aux tripes, tes jambes partent en live et tu te retrouves à taper du pied comme un furieux pour rester dans le tempo.

Sur cinq titres, The Ankers étale sa passion pour le rock d’aventure. Un rock qui se veut avant tout le récit de petites histoires construites au grès de rencontres fortuites. On se met à rêver d’histoires rock n rollesques et le moins que l’on puisse dire, c’est que la magie de la musique des Ankers opère.

En quinze minutes, l’aventure touche à sa fin en nous laissant sur un très bon bilan et une envie d’en entendre davantage. Ce premier EP passe franchement bien, ça s’écoute sans prise de tête, et ça suffit largement à nous faire passer un bon moment.

http://www.noomiz.com/theankersband
http://www.youtube.com/user/TheAnkersBand
http://www.myspace.com/theankersband

[Interview] The Yokel

The Yokel, c’est ce qu’il faut de poésie et de fraicheur pour jouir d’une bonne journée. La petite dose de sérénité et d’enthousiasme alliée à un peu de chaleur pour te dire que la vie vaut le coup d’être vécue. The Yokel, c’est deux jeunes adultes, Tibo et Lulu, qui en toute simplicité livrent un peu de leur histoire à travers leur musique, leurs projets et leurs concerts.

  • Salut Tibo et Lulu. Un yokel, si j’ai bien compris, c’est le paysan, celui qui n’a jamais reçu d’éducation et surtout qui s’en fout pas mal de son apparence. Comment vous est venue l’idée de ce chouette nom ?

Salut Fred ! Oui ! Yokel, c’est l’esprit péquenaud dans son excellence. La terre, la nature, la simplicité, l’alcool et d’autres choses qui font passer le temps. Pas forcement sans éducation, mais qui préfère avoir une vision erronée de la vie, plus naïve, mais toujours avec une part de curiosité, à l’encontre de tous les courants actuels. On voulait un nom simple, court, qui corresponde à notre musique et à notre état d’esprit.

  • Votre projet The Yokel existe depuis combien de temps ? C’est parti de quoi, de quelle envie commune ?

The Yokel existe depuis un an environ, mais c’est aussi le résultat de quatre années d’expérimentation, de travail , de tri et de questionnements musicaux. Une rencontre à un concert dans un bar, quelques verres dans le gosier ; on s’est découvert des univers communs, le projet était lancé.

  • Vous n’avez révélé pour l’instant qu’un seul titre « You roll and kick your bucket Billy » (à ceux et celles qui ne vous ont pas encore vu en concert, j’entends bien). Vous me présentez la chanson, l’histoire que vous racontez dedans ?

Billy, c’est le type lambda, le mec qui veut être tranquille, découvrir le monde, mais partout où il pose les pieds il se sent rattrapé et agressé par la nature humaine et sa haine (Vincent Cassel) qu’il tente en vain de fuir. Il faut lui faudra faire face à sa catharsis avant de fuir. C’est un texte inspiré d’une nouvelle de Dino Buzzati.

  • Ce projet, ça semble avant tout un projet folk, avec des racines très country et blues par moments. Avant de lancer The Yokel, aviez-vous d’autres projets liés à la musique ?

Tibo: Je suis dans un groupe de métal hardcore depuis 2006 qui s’appelle TESS, à côté de ça j’ai fait quelques dates en acoustique par le passé avec des potes pour triper, mais rien de sérieux dans le domaine de l’acoustique.
Lulu: Je travaillais dans mon coin pour le plaisiiir (Herbert Leonard) de la musique. Je n’avais pas de projet sérieux avant ma rencontre avec Tibo, quelques essais… ratés.

  • Quand vous aviez 15 ans, vous écoutiez quoi en boucle dans votre baladeur ou à la radio ? Qu’est-ce qui à cette époque peut avoir influencé ce que vous faites maintenant ?

Tibo : Quand j’avais 15 ans, j’écoutais Blink, Ricou Clapton(l’Unplugged ), NTM et Ray Charles.
Lulu : Moi, c’était plus de Craig Armstrong à Missy Elliott, large quoi.

  • J’imagine que votre philosophie de vie colle assez à cette idée de Yokel, de personnes qui ne se prennent pas la tête avec les artifices et qui veulent juste vivre leur vie tranquillement ? The Yokel, c’est un peu la philosophie du bonheur non ?

On part du principe que l’expression « imbécile heureux » n’existe pas pour rien , se contenter de choses simples permet de vivre mieux. On voit le projet de cette manière.
Peut-être pour se rassurer… parce que nous, de manière générale, on est vraiment au bois.

  • On va aborder un peu l’album ? Où ça en est dans le processus d’enregistrement ?

Actuellement quatre chansons sont déjà enregistrées, elles figureront dans un EP (enregistré cher Cadillac Prod, merci à Guillaume Thillot) qui sortira si tout va bien à la rentrée.
Pour l’album, nous sommes en pleine composition et on part enregistrer à Nice dans quelques jours avec Charles Massabo au studio Kallaghan. On a super hâte de sortir ce CD qui a été en partie financé grâce aux dons sur Ulule (merci énormément pour le soutien).

  • D’ailleurs, comment ça se passe entre vous quand vous abordez la composition et l’écriture de vos titres ?

Au départ, nous travaillons chacun dans notre coin , Tibo bosse les riffs et moi, Lulu, les mélodies au chant. On se connait très bien donc on sait ce que chacun sait faire. Ensuite, on met tout en commun, quelques rafistolages, puis on laisse le tout mûrir pour avoir du recul. On teste ensuite le morceau en concert ou dans la rue, histoire de voir si l’émotion passe ou s’il y a quelque chose à changer. Voilà, mais tout se fait naturellement, au feeling comme ils disent là bas.

  • Pour avoir une idée un peu plus précise de l’album à venir, qu’est-ce qui nous attend au niveau des thèmes abordés et de l’univers musical ? Y-a-t-il une direction particulière que vous voulez donner à cet album ?

Pour l’univers, il faut s’imaginer un vieux trombinoscope (type scolaire, le truc intemporel) de plusieurs personnages qui en apparence n’ont rien en commun, mais qui au final, aspirent chacun à des buts communs : la recherche de soi, l’ouverture sur le monde, la découverte et l’apprentissage.
Une façon personnelle de façonner sa propre conception des choses qui nous entourent. Pour la direction, on ne sait pas encore vraiment où nous irons, nous faisons les morceaux comme on les sent. Ils parlent de la vie avec ses hauts, ses bas, ses joies, ses peines et la façon de percevoir les sentiments.

  • Avez-vous déjà trouvé un nom à votre album (en omettant l’idée qu’il soit éponyme, ça ne serait pas du jeu) ?

Pour l’album, nous n’avons pas encore le titre vu qu’à cette heure, les textes ne sont pas encore totalement finis. Par contre en ce qui concerne le nom de l’EP, ça sera : » The yokel’s puke » soit en français « le vomi du péquenaud ». On trouvait ce nom marrant pour présenter notre première petite « galette » ; une façon de présenter notre travail aux gens sans en faire des caisses.

  • J’ai vu que Théo Gosselin a participé à votre projet à sa manière en réalisant pour vous le clip de votre premier titre et vos photos promotionnelles. Qu’est-ce qui a provoqué cette rencontre ?

C’est l’équipe d’Alaska Management qui travaille avec nous sur The Yokel qui nous on fait découvrir le travail de Théo Gosselin. On est tout de suite tombés sur le cul devant la qualité de son travail et on trouvait que son univers visuel correspondait à ce qu’on voulait coller sur notre musique. On y a donc été au culot, l’équipe lui a envoyé une requête pour une éventuelle collaboration et Théo a accepté. Et bien sûr on est super contents du résultat, c’était une expérience vraiment sympa.

  • Et la scène dans tout ça ? Qu’est ce que ça donne The Yokel en concert ? Qu’est-ce qui vous plait dans cette manière de défendre vos titres devant un public ?

Pour le moment, nous n’avons pas fait beaucoup de dates, mais ce qui nous plait c’est la proximité en concert.
Nous avons eu la chance de faire plusieurs concerts en appartement grâce à Helska and Sasha. Nous avons aussi pu partager des dates avec des musiciens de talent comme Old Seed ou encore Michelle Blades et Glass Cake, puis aussi échangé avec eux et les gens présents.
Cet état d’esprit un peu « autour du feu », à la bonne franquette nous plait vraiment ; quelque chose d’intimiste.
De plus, nous n’avons pas l’habitude de nous électrifier, pour le moment on trouve que l’on perdrait de l’émotion vu l’état d’esprit de nos compos. On commence tout doucement, mais on a plein d’idée pour le live et on espère avoir l’occasion de présenter tout ce qu’il y a dans nos têtes aux gens dans un futur proche.
En ce qui concerne le niveau musical, nous allons surement demander de l’aide à des potes musiciens de nous accompagner pour différents projets, car on ne voudrait pas balancer des samples de percus ou autre ; on ne voudrait pas perdre les spectateurs dans la monotonie du duo, puis toujours dans l’idée de faire quelque chose qu’on a pas encore explorés.

  • Allez je vais vous poser une question totalement dingue, si on vous disait qu’on allait effacer votre mémoire et si on vous laissait le droit de garder juste trois souvenirs en tête, que choisiriez-vous de garder ?

Tibo : Le jour où, lors d’une discussion avec mon pote, nous avons émis l’hypothèse de nous mettre à la musique.
Lulu: Le jour où, toute petite, mon père m’a fait découvrir le piano.
Les deux: Les jours où on fait la fête ou de la musique avec les gens qui comptent pour chacun.

  • Dernière question pour la route, c’est quoi vos albums préférés communs ?

Sufjan Stevens : Michigan
The Chariot : War and Rumor of War
The Doors : The Doors

  • Merci pour vos réponses pleines de légèreté et de bonne humeur, et bonne chance avec la sortie de votre EP!

Merci à toi Fred, les questions sont super cools, c’était un plaisir d’y répondre !
Merci d’avoir pensé à nous pour indiemusic, au plaisir de te croiser, à bientôt et bonne bourre !

http://theyokelmusic.com
http://yourollandkickyourbucketbilly.viinyl.com
http://www.facebook.com/theyokelmusic

Crédits photos : Théo Gosselin

[LP] Airship – Stuck In This Ocean

Airship, quatuor indie rock de Manchester, sortira son premier album « Stuck In This Ocean » le 5 septembre prochain sur le célèbre label indé [PIAS].

crédit : Matt Spalding

Deux ans de préparation auront été nécessaires, entre concerts et répétition en plein cœur de Manchester, pour statuer sur l’accomplissement de leur premier album.

« Stuck In This Ocean » bénéficie, de par la sage patience des quatre Anglais, d’un enregistrement au Rockfield Studios (Oasis, Kasabian, The Wombats), entourés du producteur Dan Austin (Doves) et épaulés par le non moins célèbre Chris Urbanowicz, guitariste d’Editors.

Un entourage qui n’étonne que peu quand on sait que depuis leur formation en 2008, Airship a fait les premières parties de trois prestigieux groupes anglais Biffy Clyro (sur sa tournée européenne en 2010), The Joy Formidable et leurs désormais potes d’Editors.

Avec son debut album, Airship s’inscrit dans la lignée des grands groupes anglais qui savent allier intelligence des textes et grandeur musicale, et ce n’est pas leur premier single « Kids » qui pourrait nous faire penser le contraire.

Le reste de l’album est tout aussi prometteur.
Airship ouvre son album avec « Algebra », nous propulsant sur l’avant-scène d’une musique fourmillant d’instrumentations épurées, mélange d’influences indie rock pop entre Interpol, The Boxer Rebellion et Barcelona.

Sur « Gold Watches », on a l’exemple d’un rock émotionnel et complexe, défendant une mélodie évolutive, grandissant à chaque nouvelle note.

« The Trial Of Mr Riddle » signe au beau milieu de l’album, certainement leur meilleur titre. Sur plus de huit minutes, Airship nous livre un grand moment de rock avec des instrumentaux qui viennent écrire et bâtir ce titre que même ColdPlay ne renierait pas.

Les riffs transcendés de « Test » parviennent à me convaincre encore plus du potentiel sans limites de ce groupe dont j’ignorais encore l’existence il y a un mois.

Au final, onze titres ponctuent cet album, destiné avant tout à une écoute complète, telle une œuvre en onze chapitres.
Il est d’ailleurs difficile de quitter l’écoute dès qu’on accepte d’y prêter une attention suffisante, comme « coincés au milieu d’un océan » ; vaste et magnifique, entre douceur et agitation. Les rythmiques guident notre écoute tels ses courants chauds et froids.

crédit : Matt Spalding

À chaque titre, son supplément d’âme nécessaire, qui fait chavirer la nôtre dans les abimes d’un rock intense, vivant et vibrant.

Airship représente le rock alternatif de cette fin 2011, à l’image de ces groupes anglais qui depuis une dizaine d’années nous font vivre de grands moments musicaux, transcendants ceux qui jouent et ceux qui l’écoutent pour ne faire qu’un seul et même groupe uni autour d’une même passion pour la musique alternative.

Airship n’est pas un groupe savant, mais son savoir-faire en matière de compositions efficaces laisse présager le meilleur pour eux avant même d’en voir la reconnaissance.

Viva Brother remet une couche de peinture fraiche sur la brit pop

Un jeune groupe anglais plein d’audace, Viva Brother (précédemment Brother), sort demain son debut album « Famous First Words » et signe la renaissance d’une pop efficace et mélodique aux racines très locales.

Le quatuor anglais originaire de Slough, à l’ouest de Londres, sorti de nulle part est devenu en quelques semaines la nouvelle sensation hype à l’instar de The Kooks ou des Arctic Monkeys.

Leonard Newell, Josh Ward, Samuel Jackson et Frank Colucci déjà considérés par la presse anglaise comme les héritiers de la couronne Brit Pop, le manifestent avec culot en introduisant leurs concerts par un « If anyone here doesn’t want to see the future of music, leave now. » Osé !

Il aura fallu attendre près de dix ans pour voir surgir un digne successeur des frères Gallagher et découvrir un dix titres parfaitement calibré s’inscrivant à la fois dans la continuité de leurs pairs et offrant une cure de jouvence à une pop en manque d’optimisme et de créativité.

Avec leurs refrains accrocheurs et pétillants, leur chanteur charismatique, leurs paroles qui transpirent la bonne humeur et l’envie, les quatre Viva Brother n’en sont qu’à leur premier album et ce dernier a tout pour passer pour leur best of.

De « Still Here », hymne rebelle et enflammé à « Electric Daydream » où l’Oasis touch est plus que flagrante, « Famous First Words » est un pur concentré vivace et ambitieux prêt à exploser sur les charts.

La Brit Pop est de retour, Viva Brother !

Site officiel : http://acidlove.net/

Rencontre avec Andrew Belle, songwritter à la plume dorée

Andrew Belle est aujourd’hui l’une des valeurs montantes de la scène pop nord-américaine. Après un premier EP « All Those Pretty Lights », qui a caracolé en tête des charts, il est revenu sur le devant de la scène avec son premier album « The Ladder » sorti au printemps 2010 qui a vite eut, chez eux un succès semblable.
En toute simplicité, Andrew a accepté de m’accorder de son temps pour répondre à mes questions sur son parcours, son groupe, la scène, son public et ses projets.
Place à la rencontre…

crédit : Luca Venter
  • Salut Andrew, les français ne te connaissent pas encore beaucoup, je te laisse te présenter : toi et ta musique !

Je m’appelle Andrew Belle, songwriter américain du haut de mes 26 ans. Je me suis consacré à la musique après avoir été diplômé de mon université en 2006. Dans ma musique, la plupart de mes chansons sont tristes et calées sur des airs emprunts d’optimisme, des chansons à la fois intenses et douces. J’ai enregistré et sorti mon premier album « The Ladder » en 2010 et depuis sa sortie, je suis régulièrement en tournée pour le défendre sur scène.

  • Ça fait maintenant, un peu plus d’un an que ton album est sorti. Quel bilan fais-tu de ce dernier ?

J’ai toujours beaucoup de plaisir à écouter le travail réalisé sur cet album. Il a été vraiment très bien accueilli par mon public – bien mieux que je n’aurais pu l’imaginer. C’était mon premier essai et ça m’a réussi, mais maintenant j’ai vraiment hâte d’avancer et d’évoluer en tant qu’auteur compositeur sur mon futur album.

  • Ton groupe porte ton nom . Si tu devais lui donner un autre nom, qu’est-ce que tu choisirais ?

Andrew Belle and the Invisible Hand Band.

  • Comment s’est déroulé l’enregistrement de « The Ladder », ton premier album ? Peux-tu, au passage, présenter l’équipe qui a travaillé avec toi sur cet enregistrement ?

Avancer sur cet album s’est révélé être très amusant. Nous étions essentiellement trois lors de l’enregistrement ; mon producteur et ingénieur du son Thomas Doeve et mon co-producteur, Adam Agin en studio et moi-même. J’ai écris la grosse majorité des titres, j’avais déjà pas mal bossé en amont. Des amis m’ont rejoins sur cet album, je pense à Katie Herzig et Erin McCarley, qui toutes deux chantent avec moi sur cet album. Ça a aidé le rendre spécial .
Il me restera toujours plein de bons souvenirs de l’enregistrement de cet album : parce qu’on l’a réalisé entres amis, dans un sous-sol en utilisant des matelas pour obtenir une pièce insonorisé. En fait, on n’a jamais pensé que ça aurait tant de succès. Ce fut définitivement un grand moment pour tout ceux qui y ont pris part.

  • Sur scène, c’est avec un groupe formé autour de quelques uns de tes amis que tu joues tes titres. Peux-tu nous les présenter ?

Mon groupe a existé sous différentes formations, plus ou moins réduite, en fonction de l’événement. Mais, il est le plus souvent regroupé autour de trois de mes amis qui occupent à chaque fois des postes différents, en fonction des titres de l’album. Ces trois amis m’ont vraiment aidé dans l’avancement de ce projet et on permit de révéler tout le potentiel des morceaux sur scène, et je leur suis vraiment reconnaissant pour cela.

  • On peut entendre certains de tes titres dans des séries US de Greys Anatomy aux Frères Scott. Comment expliques-tu un tel succès ?

Je pense que j’ai juste été vraiment très chanceux à ce niveau . J’écris des chansons qui touchent vraiment aux émotions, et je pense que c’est pour cela qu’on les retrouve particulièrement dans des séries dramatiques pour ados – et ça me convient tout à fait, haha !

  • Sur ton single « Static Waves », tu es en duo avec Katie Herzig, peux-tu me parler de la rencontre avec cette artiste ?

J’ai écris cette chanson lors de l’enregistrement de mon album et j’ai immédiatement pensé à Katie pour m’accompagner sur ce titre. Le seul problème alors était que je n’avais jamais fait sa rencontre ! Bien-heureusement, j’ai pu rapidement me mettre en relation avec elle et elle a accepté de me rejoindre sur ce projet. On s’est rencontré pour la première fois lors de son arrivée au studio pour chanter, et nous avons fini sa partie en à peine deux heures. Et depuis ce temps, nous sommes partis en tournée ensemble et sommes de bons amis depuis.

  • Pour l’instant, tu n’as pas encore joué en France, à quand une tournée en Europe ?

J’adore l’Europe et j’adorerais venir et jouer ici très prochainement.
Mais je suis bien conscient qu’avant de jouer et de trouver mon public chez vous, il faut faire parler de moi. J’espère sincèrement que grâce à vous, à indiemusic, ma musique pourra toucher pas mal de monde en France et qu’ainsi je pourrais venir jouer pour vous bientôt !

  • De part le nombre impressionnant de festivals dans lesquels tu joues, arrives-tu à trouver du temps pour te consacrer à l’écriture de nouveaux titres durant ta tournée ? Sais-tu d’autre part quelle direction pourrais prendre ton futur enregistrement ?

Je n’écris pas quand je suis en tournée – ou plutôt je ne peux pas. Écrire me prend beaucoup de temps et m’oblige à me focaliser essentiellement sur la composition. C’est aussi pour ça que je n’écris qu’entre 10 et 12 titres chaque année. J’ai cependant commencé l’écriture de ce prochain album et ça démarre plutôt bien. Je peux déjà affirmer que mon son prendra une direction plus mature, plus alternative, mais utilisera encore et toujours la même formule – des paroles réfléchies sur des mélodies efficaces.

crédit : Reid Rolls
  • Une idée de la date de sortie de cet album ? Et s’il y a des collaborations en vue ?

A vrai dire, il est un peu tôt pour fixer une date de sortie. En tout cas, j’espère collaborer avec encore davantage d’amis sur cet album – après je ne sais pas encore qui sera de la partie !

  • Es-tu déjà venu en France ? Et que connais-tu de la France et des français ?

J’ai étudié le français durant quatre ans à l’école, mais je n’arrive plus qu’à dire quelques phrases correctement aujourd’hui ! Je sais que les français adorent la musique et sont renommés pour leur technique culinaire dans le monde entier. J’ai visité Paris pour la première fois l’hiver dernier et j’ai vraiment adoré ! C’était tellement dingue de voyager là bas durant la période d’avant-Noël. J’espère revenir chez vous prochainement – peut-être quand il fera moins froid !

  • Pour finir, parmi les chansons que tu as écris, peux-tu choisir une phrase, une expression pour nos lecteurs d’indiemusic ?

« … I would have let you leave » (extrait de Static Waves, avec Katie Herzig).

  • Merci infiniment Andrew et à bientôt en France alors !

Retrouvez Andrew Belle sur son site officiel : www.andrewbelle.com


Pour tous ceux et celles qui souhaitent lire l’interview en version originale, c’est ici et maintenant :

  • The frenchies don’t know so much about you, can you introduce yourself and your musical world?

My name is Andrew Belle. I am a 26 year old american song writer. I’ve been performing since I graduated college in 2006. I write mostly sad songs set to upbeat music – heavy mellow, if you will. I recorded and released a full length album called ‘The Ladder’ in 2010 and have been touring in support of it ever since.

  • Your first album released more than a year ago, what is your balance-sheet about it?

I am very pleased with my album. It has been received very well – better than I had ever imagined it would be. I think it is a great first effort but I am excited to build upon it and grow as a songwriter on my next album.

  • Andrew Belle is your name and the name of your band. If you have to choose another name for this project, what could he be ?

Andrew Belle and the invisible hand band.

  • How was the recording of this album « The Ladder » ? Can you introduce the people who worked with you on this album?

Making this album was very fun. it was pretty much just me, my producer/engineer Thomas Doeve, and my co-producer Adam Agin. I wrote the majority of the songs and had them pitch in on a few as well. I had many good friends perform with me, including Katie Herzig and Erin McCarley, who both sang on songs with me on this album; helping to make it really special. Making this album will always be a fond memory to me because we made it with just a few friends in a basement – using mattresses to build a vocal booth – and really never expected it to be a successful as it has been. It was truly a defining moment for everyone involved in the project.

  • You’re performing with a band of friends ? Can you tell us more about the band?

My band comes in many different shapes and forms, depending on the show, but it mainly consists of 3 friends that I met in random places shortly after the completion of this album. They have really helped me realize the songs to their fullest potential in a live performance setting and I am very grateful for that.

  • Many of your songs are used for US TV shows, how can you explain this success?

I have just been very blessed in this area with this album. I write very emotional songs that, for some reason, seem to lend themselves well to teen dramas – and I’m fine with that, haha!

  • Your single « Static Waves » is a duet with Katie Herzig, can you tell me more about the way you met her?

I wrote the song while we were recording the album and I knew immediately that I wanted Katie to sing on it with me. The only problem was that I had never met her! Thankfully I was put in contact with her and she agreed to join me on the project. We met for the first time when she arrived at the studio to sing, we finished her part in about 2 hours, and we have toured together and become good friends since that day.

  • By now, you haven’t yet performed in France. What about an European tour for the years coming?

I love Europe and would love to travel and perform there very soon. I have learned, however, that you cannot just show up and expect an audience, so hopefully you guys will help my music become known in France so I can come and perform as soon as possible!

  • You are doing a lot of festivals. Do you find some time to score during the tour? Do you have any idea about the artistic direction of your future record?

I don’t write when I tour – I just can’t do it. for me, writing takes a lot of time and focus and that’s probably why I only write 10-12 songs every few years. I’ve begun writing for my next album and it is going well so far. I think the songs can be expected to sound a little more mature, a little more alternative, but still incorporating the same formula I’ve always gone to – clever/thoughtful lyrics and memorable/interesting melodies.

  • Do you know when it will be released ? And if this will have some great collaborations?

It’s really too early to tell when it may be released and i hope to collaborate with some more friends on this one – just not sure who yet!

  • Did you already come to France ? What do you know about France and frenchies?

I studied 4 years of French language in school, but I can barely speak more than a few sentences now. I know that the French love music and are famed for the best culinary technique in all of the world. I visited Paris for the first time this past winter and i loved it! it was so fun to travel there right before Christmas. I hope to come back very soon – maybe when it is not so cold though!

  • Among the songs you’ve written, can you choose one lyric to end this interview for the readers of indiemusic?

« …I would have let you leave. »

  • Thanks a lot Andrew and hopefully you will be back in France soon!

Southern, la folk de Belfast

Bienvenue chez les Southern,

Après s’être essayé avec brio aux reprises folk de Bon Iver aux Temper Trap, réalisant de surcroit certainement les meilleurs covers de ces deux artistes que j’ai pu entendre depuis bien longtemps, Thom et Lucy, frère et sœur Southern, ont décidé de s’attaquer à l’écriture et à la composition de leur propre répertoire.

Accompagnés de leur ami Jonny Lee aux percussions, l’aventure de leur premier EP « World Don’t Shine » a pu commencer.

Crédit : Cory Danks

Pour l’enregistrer, tout s’est passé du côté de Belfast, capitale de l’Irlande du Nord, et ville natale des trois jeunes musiciens.

Avec un univers musical entre Cocoon et He Is We, entre folk, indie et pop, c’est un bol d’air frais musical que nous tend Southern.

Sur « Beach », on rencontre l’univers du groupe, naturel et sauvage où Lucy et Thom marient leurs voix pour ne prendre qu’une même voie, celle d’une folk chaleureuse, qui rappelle les soirées estivales passées en bords de mer.

Sur « Head Spins », on touche vraiment à l’intime. Un titre qui nous rapproche un peu plus du groupe, à chaque nouveau couplet, où la proximité se construit sur chaque nouvelle note jouée. On est dans l’émotion pure et c’est ce qui fait toute la beauté de ce titre.

« People Said » a tout de la ballade folk par ses mélodies acoustiques entrainantes et son duo vocal qui une nouvelle fois fait durer l’émotion et invite à profiter de l’instant présent.

Enfin « Waiting Line », titre le plus énergique de « World Don’t Shine » confirme l’étendue du talent du trio de Belfast avec son refrain planant et rafraichissant.

Il faut se le dire, chez Southern, le talent est au rendez-vous avec un premier opus qui fait briller de mille éclats leur folk chaleureuse, intimiste et chargée de belles émotions.
Ça respire la quiétude, l’apaisement, le bonheur tout simplement, avec sensibilité.

Crédit : Cory Danks

Et s’il y a une chose de plus à dire sur ce merveilleux bijou folk, c’est qu’il a été totalement autoproduit par Thom, et là on ne peut que s’incliner devant un tel résultat.

Ce groupe a de l’avenir, je vous le dis et pour vous en convaincre, sachez que Southern propose son premier EP en écoute et en téléchargement sur sa page bandcamp.

www.facebook.com/southernmusic
http://thisissouthern.bandcamp.com/

Kindest Lines, dans l’ombre de Katrina

Au beau milieu de la Nouvelle Orléans, Kindest Lines, un trio indie electropop débarque avec son premier LP « Covered In Dust ». Parfaitement inconnu pour l’instant, je me devais de vous en parler.

« Covered In Dust » fait résonner un new wave teinté de synthpop et par moment ça vire carrément en plein shoegaze lo-fi. Vous n’êtes pas vraiment familiers avec ces termes, en écoutant les Kindest Lines, vous devriez avoir l’esprit un brin plus éclairé sur ces étranges courants musicaux.

Des ambiances bien lourdes, des instrumentations recherchées, et une voix, aussi froide que sensuelle, celle de Brittany, il n’en fallait pas moins pour me donner goût à l’écoute approfondie de cet album.

L’album commence sur le très underground « Hazy Haze ». On sait d’emblée à quoi s’attendre, c’est lourd, sombre, et oppressant entre Bat for Lashes et The Joy Formidable. On s’éloigne de la musique tout public, vous l’aurez compris.

Le reste de l’album suit la même construction à quelques exceptions près. « No Perfect Focus » tend vers un son plus lumineux, presque féérique cadencé à la batterie électronique et transformé en bijou électropop par la sublime voix de son leader au féminin.

« Prom Song », avant dernier titre de l’album qui en compte onze, se révèle comme le titre le plus écoutable et harmonieux de l’album, avec des ambiances très eighties pour le coup évoquant New Order et même The Cure par moments.

Au beau milieu de ces trois titres, il nous reste une flopée de titres électro expérimentaux qui ne respirent pas la joie. Mais qui évoquent bien d’autres saveurs, celles d’une coldwave intimiste, froide et pleine de mystères portée par un trio à l’aise dans un genre auquel peu d’artistes aiment se risquer. Chapeau.

Même si cet album est avant tout une compilation destinée aux passionnés inconditionnels de la wave sous toutes ses formes, cet album vaut le détour pour tous les petits curieux en mal de découvertes alternatives.

« Covered In Dust » de Kindest Lines est disponible depuis le 15 juin chez Wierd Records.

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