Rencontre avec Kumisolo

A l’occasion de la sortie de son nouvel EP « La Femme Japonaise » le 17 juin prochain, j’ai proposé à Kumi Okamoto alias Kumisolo, Japonaise installée à Paris depuis plusieurs années une interview. L’occasion d’aborder ensemble ce nouveau disque, les collaborations qu’on trouve dessus, sa vision de la pop ainsi que son regard sur ses deux pays, la France et le Japon.

crédit : Samuel Kirszenbaum
crédit : Samuel Kirszenbaum
  • Konichiwa Kumisolo-san ! Avec ton titre « Fondant au chocolat », je me suis mis à rêver d’un album de cuisine musicale. C’est quelque chose d’envisageable pour toi ?

À la base, c’est une amie illustratrice qui s’appelle Delphine Mach (son nom d’artiste est Aki) qui m’a proposé d’écrire une chanson pour son livre d’illustration – recette de gâteaux. Et on a commencé par le fondant au chocolat. Si cette idée plaît à son éditeur, on va réaliser le livre de recettes chanté et illustré avec un CD inclus.

  • D’ailleurs quelles seraient dans l’idéal les autres recettes que tu pourrais y proposer ?

Je pourrais proposer des plats japonais, comme le « Tenpura » ou le « Poulet au radis blanc » etc.

  • Tu vis à Paris depuis plusieurs années. Était-ce pour toi un choc culturel de passer d’une capitale à une autre, de Tokyo à Paris ?

J’aime bien habiter dans une capitale même si j’aime bien la verdure aussi. Il n’y avait pas vraiment le choc culturel, car le rythme de vie est assez similaire.

  • D’ailleurs que penses-tu de la chanson de Lupe Fiasco à ce sujet ?

Je connaissais pas cette chanson de Lupe Fiasco, c’est pas mal ! Mais je préfère quand même cette version par Mathématiques Modernes.

  • Qu’est-ce que tu as trouvé qu’il n’y avait pas à Tokyo dans la capitale française ?

Il y avait la place pour devenir Kumisolo à Paris. Si j’étais restée à Tokyo, je ne pense pas que je pourrais faire autant de chansons. (Même si j’ai commencé à faire des chansons là-bas et j’ai produit un mini album au nom de Crazy Curl).
J’ai rencontré beaucoup de musiciens à Paris, et ils comprennent mon univers musical. À Tokyo, il y a déjà trop de musiciens qui font de la pop ou J-pop, mais j’ai le privilège d’être à Paris pour proposer ce genre de musique en tant qu’étrangère.

crédit : Paul Schmidt
crédit : Paul Schmidt
  • À l’inverse, qu’est-ce qui te manque quand tu repenses à ta vie au Japon ?

Des supérettes ouvertes 24h/24h et les restaurants de ramen ouverts souvent jusqu’à tard.

  • Ta musique, la définirais-tu comme de la pop électronique croisant tes deux cultures françaises et japonaises?

Oui, je pense que je fais de la pop tout court, mais c’est de la pop japarisienne.

  • Ton nouvel EP « La femme japonaise » sortira le 17 juin prochain. As-tu choisi de le dévoiler d’une façon originale ?

Kumisolo - La femme japonaise

Disons qu’il n’y a pas de chanson poussée parmi d’autres comme un espèce de « hit », donc pour moi, chaque chanson est très importante. Mais c’est la première fois que je chante uniquement en français malgré le nom de l’EP « La femme japonaise ».

  • D’ailleurs pourquoi « La femme japonaise » et pas « La femme parisienne » ?

Je n’ai pas la nationalité française, et d’ailleurs on n’a pas le droit d’avoir une double nationalité en tant que japonais. Et je trouve que c’est plus attirant de revendiquer mon côté japonais auprès des Français plutôt que de prétendre d’être Européenne.

  • Sur ce nouvel EP, tu as collaboré sur deux titres avec Ricky Hollywood. Notamment sur « Chapardeuse », premier single de cet EP. Comment s’est passée la collaboration musicale ?

Ricky m’a proposé cette chanson écrite en démo avec sa voix et sa batterie enregistrée dans une cave. J’ai trouvé cela tout de suite super comme chanson, car à travers cette chanson, je dévoile une autre personnalité de Kumisolo qui vole dans des magasins !

  • Y’a-t-il d’autres collaborations sur cet EP ?

Oui. « Transports en commun » est aussi arrangé par Ricky. Le dernier morceau « La femme japonaise » est instrumental, et l’arrangement est fait par Olivier Lamm avec qui j’ai beaucoup collaboré sur le 1er album.

  • Cet EP est-il annonciateur d’un album à suivre ?

Oui j’aimerais bien continuer dans cette dynamique d’écriture de chansons pour mieux me faire connaître en France et au Japon, et pourquoi pas aux États-Unis !

  • Sur ce projet, fais-tu tout des textes aux arrangements ou êtes-vous plusieurs à vous partager les tâches ? En concert, ton projet prend-il l’allure d’un karaoké où tu chantes sur des enregistrements ou t’entoures-tu de musiciens ?

Je fais à chaque fois appel à des amis musiciens qui savent mieux arranger que moi. Je peux composer des chansons, mais j’enregistre souvent mal et je n’ai pas une bonne technique pour. Mes amis sont plus calés en enregistrement ou en arrangement, donc je leur fais confiance à 100% pour qu’au final ils me proposent quelque chose de chouette.

Pour l’écriture de texte, Zoé de The Konki Duet m’a aidé pour le titre « Ce soir », donc finalement on continue la collaboration ensemble même si le groupe n’existe plus.

Sur scène, je suis souvent accompagnée d’un guitariste nommé Guitar Hero qui utilise souvent les guitares japonaises.

crédit : Paul Schmidt
crédit : Paul Schmidt
  • J’ai remarqué que quelques-uns de tes clips bénéficiaient d’un karaoké. Quel est ton top 3 des chansons à interpréter lors d’une soirée karaoké ?

J’adore chanter ces chansons en karaoké :

« Rock’n’rouge » de Seiko Matsuda.

« Sensualité » d’Axelle Red.

« Sage comme une image » de Lio.

  • Si tu regardes l’évolution de ton projet de ses débuts à maintenant, quel bilan en tires-tu ?

J’avance doucement, mais sûrement.

  • Dernière question, le rice burger, c’est vraiment trop de la balle ?

Oui, tu devrais essayer de le préparer à la maison grâce au livre-recette que j’ai sorti récemment qui s’appelle « Bon appâtons » !

  • Merci Kumisolo !

kumisolo.fr
facebook.com/kumisolo

youtube.com/kumisolo

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