Dimanche 25 juin 2017
C’est sous un soleil bien venu que nous entamons le troisième et dernier jour de Solidays. Motivés, nouvelle formation des frères Mouss et Hakim, ex-Zebda, reprend pour le plus grand plaisir de tous chants engagés, résistants et classiques du groupe toulousain. De « Bella ciao » à « Hasta siempre » sans oublier « Le chant des partisans » et « Oualalaradime », Motivés a su instaurer un climat solidaire peu avant la cérémonie contre l’oubli.
Après avoir rendu hommage aux personnes emportées par le sida cette année, nous nous approchons de la scène pour saluer l’entrée d’Imany. Les tambours solennels de « Save Our Soul » résonnent. Droite en fond de scène, derrière son micro et arborant un t-shirt imprimé d’une photo de Seydou Keita, la chanteuse prend des allures de prêtresse. Prêchant des valeurs humanistes, la grande femme fait frissonner un public captivé. Sa voix grave se marie aux deux violoncelles et apporte une dimension sacrée à son concert.
Ici, les fidèles chantent en chœur le refrain de « You Will Never Know » et frappent éperdument des mains sur une version acoustique et finalement plus prenante de « Don’t Be So Shy ». Reprendre « Bohemian Rhapsody » s’avère toujours épineux, l’interprétation humble et dépouillée soutenue par la participation du public n’égale bien sûr pour rien l’original, mais a le mérite d’être plutôt réussie. Imany clôt avec brio son concert par « Silver Lining » et c’est en frappant des mains que nous rejoignons le César Circus pour acclamer A-WA.
Les trois sœurs israéliennes introduisent leur concert par une chanson a capela avant d’être suivies par leurs musiciens sur « Ya Raitesh Al Warda ». Revisitant poèmes et chants traditionnels yéménites grâce à des sonorités electro-pop, Tair, Liron et Tagel charment le public qui n’attend pas les youyous des souriantes chanteuses pour se perdre dans des arabesques de bras et donner à la scène des airs de grande fête. Ce concert génial se termine sur un rappel haletant. Généreuses et optimistes A-WA a conquis plus d’un danseur ce soir.
Après avoir chantonné aux côtés de Dub Inc que « tout ce qu’ils veulent, c’est une France qui ferme sa gueule », nous retrouvons Last Train histoire de célébrer le rock’n’roll dans les règles de l’art. Dernière date parisienne avant un bon bout de temps, les quatre garçons livrent à Longchamp une prestation de haute voltige. Dire « comme à leur habitude » nierait l’authenticité du concert, qui est certes bien rodé, mais dégage une puissante sincérité. La bande alterne gros riffs, solos saturés et interludes où l’on pourrait voir la poussière voler. À la manière de Wu Lyf, dont la croix est tatouée sur le bras du bassiste, Last Train tangue avec agilité entre lourdeur et finesse pour proposer un rock agile, vif et étincelant.
Plus engagée que lors de l’édition précédente, Solidays fut teinté d’une conscience politique et militante qui ne se limite pas à la lutte contre le sida. Un véritable besoin d’entraide et de soutien s’est fait ressentir comme en réaction au climat de notre société.
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