[Live] Solidays 2016

Vendredi 24 juin, 17h, métro ligne 1, station Porte Maillot. Des couronnes de fleurs, beaucoup de couronnes de fleurs, puis des tentes, et finalement des visages : des jeunes filles tout sourire et des garçons insouciants s’engouffrent dans des bus direction Longchamp pour festoyer trois jours durant.

Bagarre - crédit : Alice Tabernat
Bagarre – crédit : Alice Tabernat

Vendredi 24 juin 2016

Les dernières notes d’« Hypnotized » nous portent à la scène du César Circus où Yanis termine le premier set de cette 18e édition.  Cette année, Solidays a failli ne pas voir le jour : de nombreux problèmes météorologiques, les traces laissées par le Download… et pourtant l’affluence n’a jamais été aussi considérable et deux nouvelles scènes sont apparues !

Entre Gnarls Barkley, Outkast voire The Black Keys par moment, Faada Freddy surprend le public à la seule force de sa voix, accompagné de ses choristes. Aucun instrument n’est présent sur scène, chacun tient son rôle et alterne entre percussion corporelle et harmonie vocale. Le résultat est immédiat, impressionnant et solaire.  Nous retrouvons pêle-mêle des inspirations empruntées au reggae, au folk voire à l’électro. L’enchaînement de « We Will Rock You » avec un rap a cappella pourrait se révéler hasardeux et pourtant la maîtrise, la folie et la modestie de Faada Freddy changent la donne et nous surprennent agréablement. La scène Paris se transforme en un immense dancefloor où le public, uni, reprend en chœur l’entraînant « Letter to the Lord » puis « We Sing in Time ». La joie de Faada Freddy est communicative, le bonheur enveloppe la foule qui se lève d’un coup sur les premiers accords de la superbe reprise de « Pump It ». À cet instant, il n’est plus honteux d’apprécier une « composition » des Black Eyed Peas. Le concert se termine par une reprise vibrante, dépouillée et colorée de l’universel « No Woman, No Cry » du grand Bob !

Nous nous rendons ensuite à la scène Bagatelle où Naâman nous invite à faire tourner nos t-shirts (non, pas nos serviettes, n’y pensez même pas !) avant de revenir à la scène Paris pour profiter des derniers rayons de soleil de la journée aux côtés de Patrice et de son irrésistible « Cry Cry Cry ».

Tandis que l’agréable M83 remue les festivaliers, Feu! Chatterton remplace Flatbush Zombies n’ayant pu venir pour raison médicale… Le set nous fait l’effet d’une petite bombe : intense, nerveux et excitant. D’entrée de jeu, le détonant « Ophélie » nous fait swinguer. Nos jambes tremblent et nos têtes s’agitent frénétiquement. Après le magistral « Fou à lier », le groupe nommé aux Victoires de la Musique l’an passé, livre pour la première fois en live une reprise survoltée de « J’aime regarder les filles ». La voix légèrement éraillée d’Arthur offre une forme plus sensuelle, lascive au morceau, mêlée à une énergie purement rock. Ce rock est élégant, habile, subtil et malicieux. Nous sommes ensuite conviés à prendre le large grâce au voluptueux « Pont Marie », mais le déferlant refrain de « Côte Concorde » nous rappelle à la raison et nous extrayait de nos nébuleuses rêveries. Les mots cinglent, s’abattent sur le public et se brisent dans un assourdissant et spectaculaire fracas. Sur « À l’aube », les guitares prennent des odeurs méditerranéennes dont un riche parfum d’ambre s’en émane.  « La Mort dans la Pinède » ranime le public perdu dans ses songes.  Arthur se déhanche avec souplesse puis nous entraîne dans les airs… Nous nous élevons, nous flottons, nous nous égarons au gré des paroles de « Porte Z » avant de dégringoler du léger et ondulant « Boeing ». Le concert se termine par l’un des titres les plus moites, l’enfumé, mais fascinant « La Malinche ».

Nous faisons ensuite connaissance avec les stupéfiants anglais de The Qemists. En une seconde, nous nous retrouvons en immersion absolue dans un autre monde, comme si nous venions de sniffer cinq barres d’une traite ! À la frontière de l’électro hardcore, de la trap music, du trip hop et du rock industriel, le groupe dégage une énergie viscérale. Le public est en transe, nous ne comprenons rien à ce qu’il nous arrive, mais nous adorons ! C’est agressif, survolté, synthétique, enragé, profond, bref ça sort des tripes ! Une prestation démentielle !

crédit : Matéo Berthereau
crédit : Matéo Berthereau

Pour nous calmer, un peu nous rejoignons le sympathique Flume qui propose un DJ set poétique et enlevé. Nous en retiendrons d’ailleurs un beau remix, celui de « Tennis Court » de Lorde.

Partager cet article avec un ami