Dimanche 21 août
Sommaire
Apogée du festival pour ce quatrième et dernier jour (les premiers festivals sont là depuis jeudi), la fatigue se fait ressentir, mais aussi l’excitation d’écouter certains des groupes les plus intéressants des quatre jours.
On commence par Sea Girls, le groupe londonien formé en 2015 est sur la Main Stage. Il propose une indie-pop, très mélodieuse et radiophonique, mais à la fois authentique et surtout très bien jouée. Le chanteur Henry Camamile a une belle voix puissante et juste qui sonne comme sur les enregistrements. Lorsqu’il entonne la chanson « Lonely », aux paroles douces-amères, mais au rythme entraînant la foule chante avec lui, on photographie même un ou deux spectateurs qui sautent de joie dans les airs. Écoutez aussi « Violet » et « Ready for More ».
Sur la scène Lift, les Irlandais de NewDad jouent un indie-rock sombre, mais vigoureux. Les rythmes et le jeu des musiciens sont entraînants et pourraient inviter à la danse, mais leur style de chant est assez monotone et a tendance à alourdir les chansons. On a du mal à rester à l’écoute (et pourtant sur disque, la magie opère tant). Écoutez leur musique sur Bandcamp pour vous faire votre propre idée.
On enchaine ensuite avec Tom Misch. Le musicien anglais distille sa néo-soul jazzy depuis la Main Stage. Deux ambiances dans son style, c’est d’abord de la pop lounge aux accents jazz pour s’allonger dans l’herbe en regardant le ciel avec une bière à la main. Et un groove solide pour se dandiner dans la fosse. Il invite d’ailleurs sur scène son partner in crime Joel Culppeper (lui-même artiste R&B) qui met la foule en délire, avec son chant millimétré et une plastique impeccable qui n’a pas manqué de faire sensation quand il a tombé la chemise à fleurs. À écouter : « Money » et « Lost In Paris ».
Puis direction la scène Backyard pour écouter les deux petites sauvageonnes de Nova Twins. Un look steampunk fluo, un gros son qui tabasse et des voix écorchées. Le duo est charismatique et la tente de la petite scène Backyard pleine à craquer en atteste. Elles vont continuer de faire parler d’elles à n’en pas douter. Jetez une oreille à « Cleopatra » et « Bullet » puis à tout l’album « Supernova ».
Décidément, la scène Lift aura été celle des découvertes indie rock du festival. Dans le discours musical actuel, le quintette de The Lathums a des choses à dire et on a envie de les prendre au mot. Le quatuor originaire du Grand Manchester propose un pop-rock au cordeau mâtiné de classic rock et de sonorités subtilement bluesy. Le chanteur Alex Moore à la solide carrure a une voix tout simplement incroyable, comme on en entend rarement, extrêmement puissante, enveloppante et mélodieuse à vous donner des frissons. Écoutez en particulier ces titres : « Sad Face Baby », « Fight On », « Say My Name », mais écoutez surtout le groupe.
Sur la scène Marquee, Glass Animals ambiance les festivaliers de sa synthpop sucrée, le charisme étrange du chanteur fait son petit effet. Le groupe a piqué des sonorités à l’âge d’or du hip-hop, utilise des guitares palm-mutées bien sexy. D’autres parts les perles de grand-mère autour du cou et le maillot de football US trop court du chanteur, captent l’esthétique androgyne du temps et semble faire des émules. « I Don’t Wanna Talk, I Just Wanna Dance » et « Heat Waves » feront l’affaire pour une première écoute.
Plus tard sur la même scène c’est au tour de la nouvelle Queen californienne H.E.R. de faire danser les festivaliers. Look piqué au Prince de Bel-Air, gros jeux de scène avec force choristes talentueux à qui elle laisse le micro régulièrement, jeux de guitare à la Jimi Hendrix et reprise de tubes internationaux comme « Make it Rain » et « I Love Rock’n Roll ». C’est un sans-faute.
22h50, les patrons du rock anglais investissent la Main Stage. Les lumières sont basses et on discerne à peine la silhouette du frontman Alex Turner quand résonnent les premières notes de la légendaire « Do I Wanna Know ». Derrière nous quelques voix exaltées s’exclament « Aleeeeeex ! » Les Arctic Monkeys commencent leur set par les chansons à riff puissantes qui excitent l’auditoire, comme « Brianstorm » ou « Teddy Picker ». Plus tard les chansons mélodieuses et calmes comme la tortueuse, mais enivrante « Cornerstone » et « That’s Where You’r Wrong » font leur arrivée. Avant le rappel le groupe nous gratifie d’un « 505 » toujours aussi envoutant avec son orgue mélancolique et son saut à l’octave supérieur en guise de refrain.
Puis le groupe revient pour un rappel avec « Tranquillity Base », « Arabella » et un « R-U Mine » tonitruant. Merci au revoir. Il paraît que l’album suivant est dans les tuyaux.
En conclusion. Pour un tour d’horizon du paysage musical, le Pukkelpop vaut bien le ticket complet.
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