Vendredi 19 août
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Direction la Main Stage pour aller voir Nothing But Thieves dont la réputation n’est plus à faire. Les Britanniques originaires de l’Essex proposent un indie-rock radiophonique, assez lisse, mais entraînant et musclé. Plein de riffs de guitare saturée et de rythmes de batterie puissants. Juché fermement derrière son micro, le chanteur au look de Sam Gamegie livre une prestation vocale de haute volée, il entonne les compositions du groupe d’une voix haute, puissante et juste. Il harangue la foule entre les morceaux. Le guitariste balance ses gros riffs incandescents avec sa banane dans le vent comme sur « Forever & Ever More ». On a tout de même le droit à l’instant émotion avec « Impossible » et ses petits arpèges délicats.
On se dirige vers la scène Lift, les festivals comme le Pukkelpop sont toujours l’occasion de découvrir dans de bonnes conditions sonores des groupes moins connus. Ici, c’est King Hannah dirigé par la Galloise Hannah Merrick. Elle a les cheveux d’un noir corbeau et le regard perdu des artistes qui ont passé la nuit à écrire des chansons. Elle distille une espèce de blues rock binaire et urbain, froid dans le bon sens du terme, avec un brin de shoegaze dans l’attitude. D’une voix grave et sensuelle, elle livre des performances de crooneuse envoûtantes. Alors qu’elle murmure dans son micro en égrenant un arpège sur sa guitare électrique. Officiellement le groupe est un duo et son collègue Craig Whittle lui donne la réplique sans fausses notes à la guitare. Écoutez : « A Well-Made Woman » et « Foolius Caesar ».
S’il a l’air très spontané, Declan McKenna, le cool kid britannique a flairé l’air du temps. À mi-chemin entre les looks extravagants d’un Bowie période Ziggy Stardust et d’un Harry Styles période ringardise kitch savamment calculée. Il balance ses titres woke-pop d’une voix blessée, mais mélodieuse. Saute de toutes parts de la scène faisant entrer en transe les teenagers dans la fosse. Les cheveux bleus sont là, les pantalons en velours trop larges et les pulls en laines moches piqués à mamie aussi. Dans 30 ans (quand tout se sera écroulé et qu’on ira chasser le dahu avec un lance-pierre, habillé d’un grand sac H&M comme poncho), ce sera LA photo souvenir de 2022. Au même titre que Knebworth et les frères Gallagher en furent ceux de 1996. Écoutez : « My House » et « Brazil ».

Q, le jeune chanteur natif de Floride, propose un R&B intersidéral bien groovy, chanté d’un falsetto vaporeux sur des mid-tempo lascifs. Il débarque sur scène avec un pantalon moulant et un crop-top scintillant. Son groupe le soutient d’une rythmique imparable qui fait onduler les festivaliers. Un musicien à écouter à l’instar de ses premiers succès « The Cry Out » et « Garage Rooftop ».
Nous allons ensuite voir les vieux briscards de Cypress Hill. Le groupe de hip-hop californien qu’il n’est pas nécessaire de présenter fait le show, laid back. Un hold-up de la Main Stage, c’est comme la bicyclette ça ne s’oublie pas. Les papas du rap latino-américain sont dans la place pour de bon. Gros deux-feuilles entre les doigts, dont B-Real tire quelques bouffées entre ses interventions, barbichettes poivre et sel et casquette de baseball. On se croirait propulsé au début des 90’s californiennes. Le trio de MC fait le tour de ses classiques sur les instrus soignées et mélodiques de l’historique DJ Muggs. Puis sépare le public en deux pour le faire danser façon Pimp My Ride sur « Hits from the Bong » et « Lowrider ».
Le chanteur romantique à la voix cristalline James Blake envoute le public de la scène Marquee durant le milieu de soirée. La foule ondule gentiment se laissant bercer par les instrumentations minimalistes et les interprétations pleines de soul de l’artiste. Ses tubes comme « Mile High » et « Godspeed » font mouche.
En filant découvrir la sensation rap britannique du moment, nous passons écouter Kokoroko. La formation londonienne est virtuose, ils nous proposent un set très instrumental avec beaucoup de cuivres et des interventions vocales çà et là. Une basse très groovy, et des rythmes très variés. C’est de la musique plus pointue, pour esthète. Écoutez l’album « Could We Be More » pour vous faire une idée.
Puis sur la route, festival belge oblige, nous nous arrêtons par la scène Dance Hall pour écouter le groupe résident : Goose. Les quatre natifs de Courtrai jouent un electro rock planant taillé pour les pistes de danse, parfaitement illustré par « Synrise » et plus encore « British Mode ».
Dernière sensation en date outre-Manche, ArrDee a sorti sa première mixtape en mars 2022 et c’est tout bonnement un Eminem à l’anglaise. Du haut de ses 19 ans, il livre un set à haute énergie et sautant de part et d’autre de la scène. Son public est principalement constitué de jeunes chiens fous en pleine adolescence, prêt à se lancer des défis stupides mais marrants. Pour imiter leur idole, ils se sont mis torse nu et adoptent toute la gestuelle saccadée qui va bien. Ils ont allumé ce qui semble être leurs premières cigarettes. ArrDee, comme tout bon cockney qui se respecte, a laissé ses T à la maison. Blague à part, le rappeur de Brighton est maitre de son art, ses morceaux sont accrocheurs avec un peu de pop. Certains sont déjà tubesques et repris en chœur comme « Early Hours » et « Hello Mate ». En soirée, les pogos sont de rigueur.










