Dimanche 26 juillet
Dimanche 26 juillet
Les journées se suivant et ne se ressemblant pas, surtout en Normandie, terre de tous les contrastes météorologiques, la dernière journée se voit transférer in extremis dans le lounge du casino alors que le vent finit de balayer toute trace de la présence du festival de la plage.
Cabourg, Mon Amour sait combattre les éléments ! Le temps pour l’organisation, les bénévoles et les artistes devant ainsi revoir l’agenda de la journée, Gandi Lake s’installe dans l’ambiance cosy et rouge feutrée, non loin du bar, en mode acoustique et baladin. Et même si on est un peu décontenancé par des versions minimalistes et déroutantes de leurs premiers titres, on ne peut que saluer la force d’écriture et de composition qui transparaissent à chaque glissement sur la corde de guitare ou sur les notes chantées. Avec des tonalités très Gallagher, Dandy Warhols voire Brian Jonestown Massacre, les cinq musiciens de Gandi Lake nous emmènent dans leur pays, dont l’estuaire se concrétisait ce jour-là par une reprise de Julian Casablancas.
Pain-Noir n’aura pas forcément été un pain béni en ce dimanche. Une heure inadéquate dans un mode acoustique somnolent n’auront pas été propices à une écoute studieuse et une attractivité spontanée vers le projet.
L’auditoire rassemblé religieusement devant la scène improvisée sombrera plus volontiers dans l’électro mélancolique de Novembres, duo Franco-Irlandais, tout en volutes et folklore dépaysant. Telle une Dolores O’ Riordan en mode tea time, Lynsey vient soutenir les loops de son complice Johan dans une alchimie presque celte.
Quelques titres de Ratatat, Lindstrom et Hot Chip plus loin, mis en ondes par Chevaliers Play, le Caennais Superpoze nous offre une super pause musicale introduite par des chants tribaux africains. Nouveau grand sorcier du dancefloor, il suffit de regarder le public se lever et danser spontanément pour visualiser le pouvoir et l’impact du jeune DJ et patron du label Combien Mille Records, réclamé en un rien de temps par les plus grands festivals en Europe. C’est donc une chance inespérée que de pouvoir communier avec lui en seing presque privé à nous faire dresser les tétons !
En clôture et point d’orgue de cette journée spéciale et du festival, le trublion Jacques installe sa quincaillerie en survêt’ (par manque de goût ou pour le sport ?), décidé à finir de nous lessiver avec son bordel organisé dans lequel il avance avec désordre. À mi-chemin entre le DJ, le bruiteur et l’ingénieur de l’IRCAM, Jacques – de son vrai nom Jacques – enchaîne, coupe au bol en tête, sa grammaire musicale dont il aime nous apprendre la conjugaison. Il s’amuse et rit même de ses trouvailles et de ses accidents live, tout étant prétexte (ou pré-test) à sortir un son, pour peu qu’il soit harmonieux et dansant. Il improvise à l’improviste en sortant son déjeuner de son sac qu’il bruisse, déchire, manipule en rythme sous des micros qui n’en croient pas leurs oreilles. Cet extra-terrestre venu de l’Est et récemment installé dans la capitale va rapidement le devenir. Quand Jacques a dit qu’il allait tout faire péter, il faut le croire. Et avec lui, tout est magnifique. Non Metz !
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