[EP] Indolore – Love Letters From Eylenda

La fuite, plutôt que le besoin de se ressourcer. La découverte de nouveaux territoires d’écriture, vierges de toute influence, extérieure comme intérieure. L’immersion dans un univers à la fois inconnu et accueillant pour laisser sortir le meilleur de soi-même. Avec « Love Letters From Eylenda », témoignage d’un isolement créatif qui semblait vital pour Indolore, l’auditeur reçoit en plein visage autant de caresses que de flocons d’une neige glacée et vivifiante, sous un folk épuré mais à la dimension climatique et mouvante inoubliables. Le déchaînement des éléments dans la douceur.

Indolore ne fait pas les choses comme tout le monde, et c’est bel et bien pour ça qu’on l’aime. Ainsi, le bonheur aurait pu être, pour lui, à portée de main, dans une chambre anonyme ou devant des paysages hexagonaux somptueux et inspirant des chansons toujours plus profondes et sensibles, comme il nous l’avait prouvé avec son précédent EP. Mais c’était mal connaître l’homme ; ou, plutôt, l’irrésistible appel auquel il était incapable de résister. L’Islande. Le lointain. La virginité musicale et poétique. Parti deux semaines dans les studios de Sigur Rós, notre créateur a tout accompli, soignant « Love Letters From Eylenda », ses missives de la solitude et du réconfort, avec une émotion constante et une dévotion de tous les instants. Un album à la fois intime et charnel, dissimulé sous les draps d’un lit accueillant et chaud où l’on viendrait se blottir. Pour se reposer. Pour oublier. Pour tout recommencer.

N’appelant jamais sa terre d’accueil par son nom actuel, afin de lui offrir une apparence anonyme laissant place à l’imagination que nous déployons au fil de la découverte, Indolore se recueille et remercie ceux qui lui ont octroyé le droit de creuser dans les terres ancestrales afin d’y découvrir son identité double ou, finalement, complémentaire. « Let Me Find Out » se pare d’instrumentations toutes en écho, prélude d’un voyage et apparition, furtive tout d’abord, des horizons qui seront ceux du compositeur pendant plusieurs aubes et crépuscules. Une prière à l’être aimé, un texte griffonné à la va-vite avant le grand départ, mais devenant le sacerdoce d’une expérience à part. L’émerveillement de « Still Can Not Believe », immersion au piano dans la tendresse chaleureuse d’un espace d’enregistrement anonyme, permet à son auteur de rédiger les plus belles pages de son journal intime, celui-là même qu’il avait entamé il y a quelque temps maintenant ; « I Go Where My Heart Goes » étend ses ailes protectrices au-dessus de notre mal-être en un battement discret et obsédant, tandis que, plus loin, « When She Comes and Glow » appelle le fantôme de la passion : « Love liberates ». « Les Landes » se souvient, blessé, de la contrée laissée derrière soi du fait de l’abandon, course vers l’inconnu et menant à la décision irrémédiable de tout plaquer pour renaître, avant que « Number One Fan », suivant le cri silencieux de ses chansons précédentes, ne se métamorphose en obstination, en promesse et en aveu.

crédit : Juliette Rowland

« Love Letters From Eylenda », ou la chronique d’une transformation. Celle d’un songwriter livré à lui-même, par choix délibéré, tout en laissant errer, dans les étoiles de son âme et d’un ciel nocturne revigorant, ses songes les plus fous et les plus cathartiques. Un EP dont l’impact se fait sentir longtemps après ses nombreuses écoutes ; une main tendue, une incitation à nous battre contre nos démons, quitte à choisir le départ afin de mieux rentrer au bercail. En ayant laissé, là-bas, quelques bribes de notre identité, que l’on retournera cherchera lorsque l’heure sera venue.

« Love Letters From Eylenda » de Indolore est disponible depuis le 27 octobre 2017.


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