Wax Tailor – Dusty Rainbow From The Dark

Le français Jean-Christophe Le Saoût, plus connu sous le nom de Wax Tailor nous revient avec un nouveau disque qui se figera, pour ma part, une fois de plus sur une étagère afin de prendre la poussière pour quelque temps.
En effet, que dire d’un nouvel album du roi du hip-hop instrumental et du sampling à la française sans vouloir jouer les rabat-joie.

A l’écoute de cet album où la même chanson semble tourner en boucle avec, certes, des arrangements qui attirent parfois l’oreille, des samples et sons bien sentis, je me lasse bien vite et au bout de 5-6 morceaux, j’ai sérieusement envie de virer le cd pour me remettre le disque de « La Mauvaise Humeur » qui m’avait vraiment scotché il y a de ça quelques mois.

Dusty Rainbow From The Dark n’est pourtant pas foncièrement mauvais, loin de là.

Je reste, en effet, admiratif face à une telle maitrise de la construction du sample et du beat ; là où Wax Tailor parvient à servir une certaine forme de musicalité quasi absente chez ses cadets de C2C ou les Birdy Nam Nam, autres grandes figures du beatmaking hexagonal.
Alors même que Birdy Nam Nam a eu le mérite à travers son dernier album de renouveler son style en fonçant vers une électro percutante et particulièrement efficace en live.

Notre producteur sauve l’honneur sur certains titres dont le sympathique « No » qui, pour le coup, m’a vraiment plu, sans pour autant m’avoir donné l’envie de le réécouter plusieurs fois de suite.
Il y a également de belles trouvailles dans la manière de Wax Tailor d’appréhender le format album, dont sa science du cut et de l’enchaînement de morceaux qui fait d’ailleurs penser dans un style différent au ouffissime Mégamix d’I:Cube.

Malheureusement, ces bons points ne rattrapent pas la platitude d’un album qui se fond un peu trop dans la masse d’un hip-hop qui tend à la variété, car oui, c’est davantage ce style musical vu et revu qui ici me perturbe.

Dusty Rainbow From The Dark s’écoute, là n’est pas le problème, mais autant écouter des artistes de la scène hip-hop qui se bougent réellement tels les activistes Odezenne qui il y a un an m’avaient sérieusement retourné les tripes avec un O.V.N.I. qui laissait à penser que le rap français n’était pas encore mort, et ce, même s’il « se baladait parfois avec un vocodeur dans le cul ».

Peut-être sera-t-on surpris par Wax Tailor au prochain album, mais j’ai personnellement cessé d’y croire il y a déjà quelques années.

Dusty Rainbow From The Dark de Wax Tailor, disponible depuis le 10 septembre chez Lab’Oratoire.

waxtailor.com

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Maxime Dobosz

chroniqueur attaché aux expériences sensorielles inédites procurées par la musique