[Entourage #57] THÉOPHILE

La poésie à la fois lunaire et concise de THÉOPHILE apparaît, au fur et à mesure des découvertes qu’il parsème scrupuleusement, comme la continuité d’une œuvre en construction, d’une sculpture sonore et lyrique ancrée aussi bien sur l’être que sur les décors qu’il explore afin de mieux se les approprier. Ayant prouvé cette influence de l’esprit sur la matière grâce à son récent « Laisse moi », libération d’un amour illuminant des globes et formes circulaires posées et passives, il élabore, en se mettant en scène, une stratégie axée sur ses envies, ses regards, ses idéaux où s’entremêlent l’abstrait et le réalisme pur. L’homme au bonnet, aux cheveux longs et aux lunettes rondes a accepté de nous parler des artistes qui, tandis que sa progression vers la perfection et l’expression d’une identité propre est maintenant indubitable, demeurent l’une des clés de la compréhension de THÉOPHILE, maître des lieux d’une structure où les pièces bougent continuellement.

crédit : Morgan Roudaut

Gaël Faye

J’ai eu la chance et l’occasion de faire la première partie d’un homme pour qui j’ai un affect tout spécial pour ses musiques. Ça fait quelques années que je l’ai découvert, tout d’abord par son collectif Milk Coffee and Sugar. Il a monté par la suite son projet portant son nom, avec des textes forts et engagés qui sont relevés par une sincérité certaine.

Je suis arrivé à Saint-Malo le jeudi 29 Novembre 2018 pour jouer à la Nouvelle Vague, en première partie. Je suis entré dans la salle pendant ses balances, qu’il a mises en pause pour venir me saluer avec un grand sourire et de l’intérêt pour mon projet, qu’il avait écouté auparavant.

À mon goût, l’accueil et les premiers mots avec une personne sont quelque chose de très important. Gaël Faye est une personne authentique, sincère et bienveillante. Une âme pure qui m’a marqué pour longtemps…


Nino Vella

Ah, Nino ! Je voulais mettre un point d’honneur à ce gars, qui est tout d’abord un copain et, ensuite, celui avec qui j’ai travaillé pour les sons déjà sortis. Une personne en or, qui vit et travaille avec son cœur. Un « réal’ » d’excellente qualité, qui bosse avec beaucoup de projets différents et qui sait tout autant travailler sur du rap ou de la chanson que sur de la pop ou du rock. Il a toutes les cordes à son arc, ajoutées à sa sensibilité,ce qui donne un tout autre tournant à son travail, non seulement excellent mais aussi touchant et incontournable. Il faisait partie d’un groupe appelé Babe, qui tire malheureusement sa révérence mais qui est écoutable sur les plates-formes de streaming et qui reste, je crois, mon groupe francophone préféré.


La Jambe de Frida

Le premier groupe qu’il m’a été donné de rencontrer lors de mon lycée. Le premier groupe que j’ai admiré et avec qui j’ai créé des liens forts, et qui dont les membres font aujourd’hui partie de mes meilleurs amis. Une puissance musicale accordée à des textes époustouflants et poétiques ; c’est en français que les gars défendent leur projet résolument rock. C’est un projet qui part du collège et qui perdure et évolue à chaque nouvel album. Le dernier, « Harfang », est vraiment à découvrir en premier lieu, avant d’aller ressentir ce qu’est la violence mélancolique de ce groupe de rock sur scène. C’est le groupe que j’ai le plus vu en concert et qui m’a toujours mis une claque en ressortant. On sent une bande de potes qui partagent et suent pour nous faire ressentir la force de leurs mots et de leur musique.


Odor

Un rappeur angevin que j’ai eu l’occasion de rencontrer via le dispositif de la salle de concert « Le Chabada », l’équipe espoir. Odor est le frère d’un copain de lycée, à la base. Son projet est lourd, sérieux et j’y attache une importance et un suivi au jour le jour. Ses clips sont décalés et dingues, comme « Crocodile » ou « Saitama », que j’affectionne particulièrement. Sur scène, c’est la folie. Il fait ressortir la dinguerie chez les spectateurs, ce qui donne une ambiance particulièrement improbable. Ultra productif, il diffuse en ce moment des freestyles sur Youtube à aller découvrir. Il a créé – ou, du moins, fait partie de – le développement de la marque « AGS » (Angers), qu’il clame à chaque concert pour soutenir les gens avec qui il travaille et qui sont des locaux. J’aime beaucoup cette solidarité, qui consiste à mettre en avant les gars qui travaillent avec lui et qu’il soutient. Un petit « Ah oui oui ! » pour la fin, un petit gimmick qu’il place souvent et qui amène encore un truc en plus pour l’identifier sur des sons !


VedeTT

Un groupe de pop spleen wave d’Angers, bien ancré dans le décor et qui est, pour moi, incontournable quand on parle du paysage musical de la ville. Nerlov, qui tient le projet et qui y chante, est celui que je vois de temps en temps dans ce café concert mythique d’Angers appelé le Joker’s Pub. Le dernier EP est tellement puissant et mélancolique. Des sons à l’ancienne et novateurs en même temps. Une tonalité de guitare à couper le souffle. Un groupe qui fait planer et qui te vide tout le temps de l’écoute. Un univers musical pointu et précis qui me fait rêver. À découvrir…


Le premier EP de THÉOPHILE sortira en septembre 2019.


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