[Flash #5] Theo Lawrence & The Hearts, Després, Ouest, Joe Sampson et Cosima

Pour le cinquième rendez-vous de Flash, nous avons retenu cinq projets (et uniquement des EPs) captivants entre pop, chanson, blues, soul et musique électronique, dont les émotions contrastées et captivantes sont parvenues jusqu’à nos oreilles. Au programme : Theo Lawrence & The Hearts, Després, Ouest, Joe Sampson et Cosima. Et des coups de cœur quasi garantis !

Theo Lawrence & The Hearts – crédit : Brice Martinat

[EP] Theo Lawrence & The Hearts – Icky Sticky

25 novembre 2016 (Gentilly Potion)

Après un remarquable double single, « Heaven To Me / All Along », qui lui fit côtoyer cet été les brillants espoirs de la nouvelle scène française, le talentueux Theo Lawrence poursuit sa fulgurante et audacieuse ascension avec ses inséparables compagnons de The Hearts ; soit cinq amis musiciens, unis comme les doigts de la main et férus de soul américaine. Le groupe fièrement gentilléen nous revient cet hiver avec un premier EP, « Icky Sticky », à l’efficacité ravageuse et au charme d’antan divin. De l’accrocheur et très Black Keys « Icky Sticky » à l’americana folk en room session de « Heavenly Dog », les cinq titres de ce premier recueil officiel marquent des points à chaque tentative. Nous retiendrons ici le refrain de crooner enflammé d’« Ali », le groove délicieux de « Good For Nothing », pépite centrale et incontestable du disque, et le saisissant prêche soul de « Made to Last ». Theo Lawrence, c’est bien l’autre classe américaine, n’en déplaise à l’ami George !


[EP] Després – Després

13 février 2017 (Label Météorites)

Elle fût la première chanteuse à poser sa voix sur les productions electronica de Thylacine. Trois ans ont passés depuis et Camille Després, ancienne étudiante des Beaux-Arts d’Angers, a eu tout le temps de peaufiner son projet pop électronique personnel. Son premier EP, composé en toute confiance aux côtés de son complice Raphaël Thuïa (My Sweet October), nous livre une pop électronique aussi téméraire que diablement accrocheuse. Sa voix naturellement autoritaire dirige une création captivante aux pulsations urgentes et passionnées. De nos premières écoutes répétées, nous retiendrons les entêtants mantras de « Shinny Steel » et la plongée en eau glaciale de « River ». Prometteur.


[EP] Ouest – EP

23 novembre 2016 (Le Cactus Jaune)

Le temps d’une pause à durée indéterminée pour le duo pop mayennais La Casa, nous avions suivi avec attention l’aventure solo de Pierre Le Feuvre, alias Mazarin. C’est désormais au tour de son compère Jean-François Péculier, alias Ouest, de prendre son envol en solitaire le temps d’un premier EP éponyme. Le Lavallois nous réserve six courtes ballades en français nourries autant par son imaginaire d’explorateur que par son spleen de rêveur tantôt optimiste, tantôt soucieux (« Ça ira »). Un peu western (« Mon aquarium », « Le légendaire, le quotidien »), les compositions pop du lonesome Jef nous emmènent loin et parfois même pour un tour dans l’azur, tant les « Aviateurs » mais également les rêveurs dans son genre manquent d’espace. Une Ouest side story à suivre de près.


[EP] Joe Sampson – Songs of Delay

12 septembre 2016 (Hidden Shoal)

Nous aurions pu nous attarder sur son nouvel album « Chansons de Parade », sorti ce premier jour de décembre, mais nous lui avons préféré « Songs of Delay », court EP dévoilé quelques mois plus tôt chez Hidden Shoal, label d’accueil de l’attachant Kramies (qui nous l’avait d’ailleurs vivement recommandé). À mi-chemin entre la mélancolie paisible du regretté Elliott Smith (« Dream on Demon ») et l’irrésistible tendresse de Neil Halstead (« Moon on the Rise », « Paper Dolls »), Joe Sampson, songwriter de Denver, nous adresse ses plus beaux poèmes chantés en cinq temps aussi magnifiques les uns que les autres. La plus belle surprise sera cependant sur « Song Bird », en duo avec Nathaniel Rateliff, revenu à ses premiers amours, le folk, le temps de deux minutes qui pourraient nous bercer une nuit durant.


[EP] Cosima – South of Heaven

2 décembre 2016 (Barclay)

La neo-soul s’est peut-être trouvée sa nouvelle égérie pour bien terminer 2016. Avec sa voix enchanteresse, sa stupéfiante grâce et ses compositions aussi éclectiques qu’impeccablement harmonisées, l’inconnue Cosima pourrait rapidement devenir la future sensation d’une pop anglaise en quête de nouvelles références. Originaire de Peckham, dans la banlieue sud de la capitale britannique, la jeune chanteuse nous régale avec un premier enregistrement, « South of Heaven » ; sept pistes qui évoquent autant Rhye, la féminité en plus (« Hymns For Him »), que Lorde (le tube girly en puissance « Girls Who Get Ready »). Une chose est déjà certaine : nous voici en présence d’une révélation tant chaque piste, de la première (le sensuel « WYH » aux parfums de Sade) à la dernière (la soul aux éclats gospel de « Supernova »), propose une expérience riche et ô combien mémorable. « South of Heaven » n’aurait-il pas un goût de paradis ?

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