[Live] Someday Festival 2017, jour 2

De retour au Ferrailleur pour le Someday Festival et sa programmation des plus excitantes entre dream pop, rock’n’roll et noise punk, entre évasion, séduction et grande folie. The Blind Suns, Parlor Snakes et Bison Bisou nous en ont fait voir de toutes les couleurs lors de cette Saturday night des plus torrides et passionnées.

Parlor Snakes – crédit : Fred Lombard

Bien connus des mélomanes angevins, les Blind Suns offraient au Ferrailleur, en ce samedi 7 octobre, une toute première séance d’écoute publique de leurs nouveaux titres, complétés de leurs singles les plus rêveurs et aériens. Un « dépucelage » en règle, pour reprendre l’expression fleurie de son chanteur Romain qui, entre quelques nouveautés à l’instar d’« Alligators » et « Boundaries », nous aura rappelé aux bons souvenirs des excellents « Personal Way of Love », « Rockefeller » et autres « Shaking All Over », reprise toujours aussi mystique et sauvage du pirate Johnny Kidd.

Entre dream pop, rock bluesy parsemé de kicks électroniques et americana, l’envoûtant groupe angevin, guidé par l’indomptable Dorota, aura, une fois n’est plus coutume, livré un concert sans fausse note, très complice et jamais duel. Un univers soigneusement distillé, dont l’embarquement immédiat vers de lointaines contrées, souvent fantasmées, se trouve rarement égalé.

Qu’il sera pourtant difficile de rivaliser de charme avec la vénéneuse Eugénie, dompteuse de crotales au regard mortel, quand elle prend la scène, armée de ses trois bras droits, prêts à retourner sièges et comptoirs d’un café-concert pour nous faire la peau et la mue s’il le faut. Parlor Snakes est de ces projets rock qui marchent à l’énergie fossile, captivent d’un premier regard pour nous laisser béats, ensorcelés, possédés par une prestation animale s’insinuant comme un souffle chaud de notre cou et jusqu’entre nos cuisses.

Expérience sensitive, sinon extra sensuelle, d’un épisode rock encore brûlant, aux pulsations cardiaques envenimées et à la prestation survoltée quand sa chanteuse incarnée laisse son corps tout entier s’exprimer, ses longs cheveux virevoltants. Une vraie leçon de rock comme on aime en recevoir : directe, foudroyante et sans contrainte. Sans temps mort ni rappel, Parlor Snakes trace sa route sans peine ni remords, et offre aux spectateurs tétanisés une expérience du sensible où la séduction compose avec le plaisir… divin. Une performance épatante, généreusement livrée et définitivement mémorable. « Wild at heart », pouvait-on lire sur le tee-shirt de la rockeuse francilienne. À nous alors de répondre : « Born to be wild » !

« Au fond, qu’est-ce qu’on veut, au fond, qu’est-ce qu’on cherche ?… » À notre cher Katerine, la réponse tient finalement en deux mots : Bison Bisou, drôle de phénomène musical balançant du riot punk instinctif au combat rock, du noise insidieux au math rock avec une rigueur et une efficacité redoutables, entre des interludes plus câlins tu meurs. Les cinq Buffalo-Lillois, auteurs en début d’année d’un redoutable premier album, « Bodysick », vont livrer pendant près d’une heure (et un rappel plus que mérité) une performance au moins aussi malade que leur stupéfiant frontman, homme de toutes les émotions, passant du tragique au caustique avec l’intensité d’un mime.

Remuant et généreusement brutal, le quintet du Nord (ou venu du froid, c’est selon) distribue des claques sans jamais mettre de pains. Une merveilleuse gifle offerte par les enfants dérangés de Fugazi, se donnant à corps perdus sur scène par tous les moyens d’expression, sans en porter les moindres stigmates. Un exutoire salutaire, savoureux et inventif qui aura complètement transcendé (d’amour) un public béat. Il fallait le vivre, il fallait le voir pour le croire !


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