[Interview] Some Smoking Guys

À l’affiche de notre première soirée concoctée et présentée avec nos amis du magazine Longueur d’Ondes et de la Grosse Radio le 14 février prochain, Some Smoking Guys poussera l’ampli sur onze la nuit de la Saint-Valentin pour faire battre le cœur des filles et des garçons, en faisant crisser les larsens dans une Boule Noire plus que jamais bouillante d’électricité. François, membre fondateur et guitariste du quintet rock parisien raconte sur indiemusic, et sans tabous, toute l’histoire de son groupe, tout en nous jouant l’ambassadeur de Louis Arlette et Fabulous Sheep, les deux formations qui compléteront notre plateau de folie !

crédit : Julien Hélaine
  • Vous avez deux maxis à votre actif, un premier EP 5 titres « The Ground », sorti en 2015 et un double single « Shiny Days » sorti en février dernier. Au-delà d’un son plus affirmé, plus assuré aussi entre les deux enregistrements, on sent une volonté de trouver voire d’installer votre propre identité. Je me trompe ?

Oui, effectivement, mais je pense que c’est le cas de nombreux groupes que de vouloir trouver son identité, on essaie d’apporter quelque chose de différent dans un style qui est tout de même assez éculé, et qui a totalement été absorbé par la pop culture. Quand on voit l’explosion du rap aujourd’hui par exemple, qu’on aime ou pas, il y a parfois de vraies propositions qui sortent réellement de l’ordinaire. De notre côté, on a d’abord eu le malheur d’avoir été tous influencés par des styles différents, mais, au final, on a essayé d’en faire une force, ça nous a pris du temps. On peut dire que le double single « Shiny Days » est l’essence de ce vers quoi on veut aller, du rock, avec de belles mélodies pop, des morceaux peu linéaires, mais en même temps, sans vouloir tomber dans le prog.

  • Votre projet est indéniablement attiré par différents courants du rock 90’s : qu’est-ce qui fait pencher la balance chez vous pour un rock stoner, limite psychédélique et une compo davantage portée sur la brit pop ?

Bonne question, je ne sais pas si dans l’album à venir on sentira encore les influences stoner, présentes dans « The Ground », sur le côté psyché, difficile à dire, je ne m’avance pas trop en disant que dans le groupe ce n’est vraiment pas une influence qui prime, à la rigueur pour les claviers… Et encore… Sans parler du fait que le terme a été beaucoup galvaudé ces derniers temps. Au final qu’est-ce que le psyché ? Alors… ? Et le côté 90’s, oui, pour le coup on vient de là, c’est notre génération, ça doit faire partie de notre ADN, on ne s’en rend pas ou plus compte. On a vraiment cette volonté de sonner pop comme populaire : au sens positif du terme, on fait de la musique populaire, le rock est une musique populaire, et ce qu’on aime entendre ce sont de belles mélodies entêtantes, bien construites. La force de la pop est d’être simple et non simpliste.

  • Le nom de votre groupe, Some Smoking Guys, qu’on pourrait traduire par « Quelques fumeurs » sonnerait définitivement très mal en français. Qu’est-ce qui, au-delà même des textes, fait que votre musique puise incontestablement ses influences outre-Manche ? Qu’est-ce qui a guidé ce choix ? Des rencontres, des envies, des groupes en particulier ?

Tu sais, quand FG et moi, on a monté ce groupe, on n’avait aucune idée de ce qu’on voulait faire, où on voulait aller. Je crois qu’au fond de nous on a toujours voulu se lancer, aller loin, mais tout s’est fait au fil de l’eau ? Dans le groupe, personne n’avait d’attache avec le milieu de la musique, ou peu en tout cas. Un vrai coup de tête. Some Smoking Guys, on a souvent pensé à changer de nom, mais sans jamais rien trouver alors on l’a gardé. Au final, il fait partie de notre Histoire, et on ne veut pas faire comme tous ces groupes qui n’assument pas leur passé, qui changent de nom. Mais parfois, je me réveille le matin et je me dis, putain il est pas top ce nom, et puis merde. Pour te dire la vérité, il a été trouvé en 2010, place des Vosges quand FG et moi on faisait tout juste connaissance, avec nos deux grattes acoustiques dans l’herbe et… nos clopes. Et effectivement, il traduit nos attaches fortes au monde anglo-saxon en général, la pop, le rock c’est eux, et je crois que pour beaucoup de membres du groupe, ce sont nos influences principales. Mais le « Some » de Some Smoking Guys, je crois qu’inconsciemment c’était une volonté de dire qu’on n’était pas grand-chose, juste « quelques » mecs qui font de la musique entre potes, ce qui est encore le cas d’ailleurs, et le restera j’espère. Par ailleurs, Some Smoking Guys peut aussi être traduit par « Quelques gars fumants », ce qui laisse le choix à deux interprétations, tu vois on fait du rock, mais on n’est pas si binaires…

crédit : Julien Hélaine
  • Dans vos textes, vous passez de l’ombre à la lumière, du bord du caniveau au bout du tunnel. Au fond, ne cherchez-vous pas à défendre l’idée à travers vos chansons que dans les pires situations, il y a toujours de l’espoir, et qu’il faut juste provoquer le destin ?

Oh lalala… Cette question, Fred. T’aurais dû me la poser après deux pintes ! (rires) Et puis faudrait plutôt poser la question à FG, qui écrit la grosse partie des paroles, voir l’intégralité désormais. Mais ce que je peux te dire, c’est que FG attache beaucoup d’importance au rythme des mots, ce qui est la force de l’anglais. Mais il n’en oublie pas le sens, sans tomber dans le figuratif, tu vois « Lay Down » parle du 13/11, et FG avait commencé à écrire les paroles avant l’événement, mais au final je suis sûr que peu de gens aient fait le lien et c’est pas si mal au final. L’objectif est peut-être que les gens s’approprient les textes à leur manière, mais on ne fait pas non plus dans la chanson universelle sur l’amour, le sexe, la drogue, Pigalle (grosse mode en ce moment) ou le fait d’avoir passé le cap de la trentaine, pour certains que ne citerai pas par respect… Pour moi-même. En tout cas, si je ne me trompe pas, nos textes ont une belle part de mélancolie, peut-être involontaire, mais présente, FG aime beaucoup aussi le thème du « looser sympathique ». On vient de la classe moyenne, ni plus ni moins, on n’a pas vraiment de story telling, on vient pas de quartiers chauds, on vient pas de la haute arty, et je pense que ça joue sur nos textes. Simples / Basiques.

  • Aujourd’hui, après plusieurs années de tournées, quel regard portez-vous sur vos premières compositions ? Avec ces expériences emmagasinées, quelles sont vos ambitions musicales à l’avenir tant du point de vue des compositions que du point de vue scénique ? En d’autres termes, qu’est-ce qui en 2018 peut selon vous faire la différence par rapport à d’autres groupes rock parisiens et français ?

Je pense que les tournées ont beaucoup fait évoluer nos compositions. L’intérêt du live c’est qu’on peut tester nos morceaux auprès de publics souvent différents, voir ce qui marche ou non. L’objectif n’est pas de coller aux attentes du public, mais parfois ce dernier est un bon révélateur d’une compo foireuse, ou bonne. Ça nous est arrivé de rebosser entièrement des morceaux après une série de concerts. Concernant l’aspect scénique, c’est pareil, il a énormément évolué : avant on regardait nos pompes en jouant, mais après des séries de cafés-concerts où tu es en prise directe avec le public, ou des scènes un peu plus grosses voire des scènes de festivals, on a vachement évolué. Mais comme pour la composition, on n’a jamais intégré de dispositif d’accompagnement, et il nous a fallu du temps pour nous rendre compte de nos erreurs, et c’est pas fini, je pense. Souvent grâce à des personnes qui ont osé nous dire nos quatre vérités, au début ça pique un peu, mais au final on leur est énormément reconnaissants. Pour ce qui est la différence avec les autres groupes, je ne sais pas ; on fait ce qu’on aime, on essaie d’être de plus en plus perfectionnistes, mais je pense sincèrement que nos compos sortent de l’ordinaire, on ne fait pas le rock que tout le monde fait, et puis ce qui nous sauvera réellement ? La pugnacité ! Depuis qu’on a commencé, on a vu tellement de groupes splitter… Certains qui étaient à l’époque bien meilleurs que nous, d’autres qui nous regardaient de haut, mais on est toujours là, et je crois que si on n’avait pas ça, on se ferait bien chier dans la vie, et ça compte pour un projet comme le nôtre. On veut essayer d’aller jusqu’au bout. Pas de regret.

  • Vous serez en concert à la Boule Noire le 14 février prochain avec Louis Arlette et Fabulous Sheep dans le cadre de la première soirée ever co-organisée avec nos amis de La Grosse Radio et Longueur d’Ondes. Vous ne me donneriez pas cinq bonnes raisons de venir faire la fête avec vous ce soir-là ?

Easy ! La première, c’est que la Saint-Valentin, et que c’est une fête de merde, alors si tu veux épater ou surprendre ton mec ou ta copine, t’évite le pseudo resto gastro qui coûtera cher, mais dont la bouffe vaut pas mieux ce que tu fais chez toi, et tu vas à un triple concert de bon rock.

Ensuite y’aura les Fabulous Sheep, et je crois que c’est un groupe montant, donc si un jour tu veux dire à tes petits enfants, j’y étais il y a 15 ans, c’est le moment. Idem pour les deux autres groupes d’ailleurs !

Y’aura bien entendu Louis Arlette, et je t’avoue que je suis curieux de voir ce que ça donne sur scène, alors si je suis curieux tout le monde devrait l’être.

La quatrième c’est que c’est à Pigalle, donc c’est hype #therapietaxi

La dernière, et non la moindre, il y aura Some Smoking Guys, et je pense que ça vaut le coup d’être vu au moins une fois dans ta vie, ne serait-ce que pour la barbe de notre bassiste, les biceps de notre batteur et le déhanché suave de notre claviériste.

  • Pour continuer sur la thématique de la Saint-Valentin, si vous deviez reprendre une chanson absolument pas rock sur scène à cette occasion, quelle serait l’élue de votre cœur ?

Je pense que du Francky Vincent s’y prêterait bien, pas une chanson, tout son répertoire.

  • Un mot peut-être sur les deux autres groupes de notre soirée du 14 février ? Vous les connaissez un peu ? Vous avez déjà partagé des dates ensemble ?

Écoute, pour Louis Arlette, non, pas du tout. J’ai bien sûr écouté, comme je disais, je suis assez curieux de voir ce que ça donne en live. J’ai du mal à me fier aux productions aujourd’hui, c’est un univers hyper marqué, et je pense que ça peut être très intéressant, surtout dans une salle comme la Boule Noire.

Les Fabulous Sheep, faut les voir ! Je crois qu’ils ont fait une très forte impression aux dernières Trans Musicales, et en général c’est plutôt de bon augure. Il est peut-être question qu’on joue avec eux au Marquis de Sade à Rennes le 20 avril, mais rien n’est confirmé.

  • Pour finir, quelle est votre actualité du moment ? Planchez-vous sur une prochaine sortie ? Que pouvez-vous nous dévoiler à l’instant présent ?

On sort un album cette année, notre premier et logiquement, si tout va bien, un 10 titres. On part en Normandie au Studio 33, juste après le concert du 14, donc vous allez entendre parler des SSG en 2018. Et puis sinon quelques dates, qu’on continue de trouver par nous-mêmes : le Marquis de Sade, à Rennes le 20 avril, Brin de Zinc à Chambéry le 25 avril, Le Farmer à Lyon le 26 avril, Le Local à Strasbourg le 27 avril et Bain de Bretagne le 15 juin.

On cherche d’ailleurs des dates pour enchaîner avant ou après le Marquis de Sade, dans le Grand Grand Ouest. En fait, c’est chouette indiemusic, on peut passer des petites annonces. J’en profite pour vous dire que notre bassiste a perdu sa gourde fétiche à Tours lors de notre dernière tournée, si vous la retrouvez…

crédit : Julien Hélaine

Rendez-vous le 14 février prochain pour notre première soirée en co-plateau avec nos amis de La Grosse Radio et Longueur d’Ondes.
Au programme : Some Smoking Guys, Louis Arlette et Fabulous Sheep.
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