San Carol – La Main Invisible

On pourrait écrire des pages sur le sentiment musical. Cette sensation d’immensité en trois dimensions, l’infini étudié sous tous les angles.
La musique se suffit parfois à elle-même, là où les mots ne deviennent alors qu’accessoires pour nous guider et nous conforter dans une certaine vision de son auteur. Et on apprécie d’ailleurs bien souvent ces repères, qui nous rassurent parfois face à l’abandon auxquelles les musiques expérimentales semblent nous livrer. Mais avons-nous vraiment besoin de tant de repères, nous permettent-ils réellement d’apprécier la musique ou nous formatent-ils à une « pensée unique » ?

San Carol - La Main Invisible

À l’écoute du premier album de San Carol, « La Main Invisible », la question ne se pose définitivement pas.
L’Angevin, sur neuf pistes, nous désoriente, nous mène en bateau et se joue de nous. Alors qu’on pense avoir cerné son petit manège, voilà que le doute s’installe. Du complexe à l’incompris, il n’y a qu’une piste.

L’accrocheur instrumental d’ « Un étage au dessus des buildings » est là pour nous accompagner, à la manière de l’ascenseur de verre de Charlie et la chocolaterie. Le bouton est enclenché, les niveaux défilent d’abord doucement, puis tout s’accélère. Le battement se rigidifie, on grimpe encore et toujours. L’excitation, toujours l’excitation. Les synthés s’invitent sur le beat, les néons s’allument, on fonce dans l’hyperespace. L’ascenseur est devenu navette.

On se crashe alors dans la fourmilière de l’épileptique « Anthill » peuplé de rythmes synthétiques et du chant complètement délirant de Maxime Dobosz.
On explorera même l’underground malfamé de Once Upon A Time, batte chromée en main sur une new-wave renversante.

Inquiétante et nerveuse sur « La Course » et son orgue électronique tourmenté, ou sévère et métronomique sur « Séville », San Carol donne à sa musique un semblant d’ombre. Entre ces titres viennent se positionner quelques moments plus langoureux comme le décontracté et érotique « Placement Libre » rapidement plongé dans un tourbillon de violence hypnotique. La spirale infernale.

Conclusion au pays de Mario et Bowser sur « Ce que vous n’avez pas eu le temps de voir » et ses rythmiques 8 bits aussi édulcorés que nostalgiques tendant vers un électro zouk merengue peuplé de congas et de nyan cats. Un final très barré !

On en oublierait presque de parler de la très belle pochette du disque réalisée par le fameux illustrateur belge Jangojim qui permet de partir encore plus loin dans l’univers déluré de San Carol.

Sur son premier disque, San Carol nous catapulte dans tous les sens, sans préciser un instant la destination finale. Laissons-le donc faire !

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

« La Main Invisible » de San Carol, disponible le 5 novembre chez Ego Twister Records en digital, CD et vinyle.

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