[Interview] Nicolas Michaux

Nous avons rencontré Nicolas Michaux, chanteur belge francophone, à la sortie de scène au festival Fnac Live 2016. Accompagné de ses musiciens, il nous présentait son premier album solo « À la vie, à la mort ». Un titre qui « résume bien les deux pôles entre lesquels [il a] navigué pendant ces quatre années ».

crédit : Solène Patron
crédit : Solène Patron
  • Ce soir, il y avait une belle énergie sur scène, on sentait que tu étais heureux d’être là et que tu avais envie de partager ce moment, cette énergie avec le public. Cela contraste avec l’album qui est un peu plus intimiste, un peu plus dans la retenue. Avec ton groupe, avez-vous retravaillé le concept de l’album pour le live ?

Pour l’album, j’étais très souvent seul pour jouer presque tous les instruments. Il a fallu quatre ans, entre 2012 et 2015 pour le travailler, le composer et l’enregistrer. Mais maintenant, une nouvelle aventure commence. J’ai beaucoup joué dans de petits lieux, ce qui permettait d’avoir une certaine intimité, en effet, avec le public. Mais pour jouer sur la place de l’hôtel de ville à Paris, tu dois aborder ta musique avec une énergie totalement différente. Alors oui, notre musique évolue selon l’environnement.

  • C’était très rock ce soir

C’est vrai, mais il y a aussi ce côté rock dans l’album avec des chansons comme « Les îles désertes » ou « Si tu me laisses ». C’est vrai que pour le live, j’ai choisi des musiciens qui jouent du rock, c’est un style de musique que j’aime beaucoup. Ils ont réinterprété librement les titres sans intervention de ma part.

  • Tu peux nous les présenter ?

Bien sûr ! Morgan Vigilante est le batteur. Il fait partie du groupe Great Mountain Fire dont je vous conseille d’ailleurs d’écouter ses deux albums. Ted Clark est le bassiste. Il est Écossais et vit à Bruxelles. Clément Nourry, Français vivant également à Bruxelles, est le guitariste ; il vient de la scène jazz.

  • Il y a eu un invité-surprise pendant le concert, Adrien Soleiman, avec qui tu as interprété le « Requiem pour un con » de Serge Gainsbourg.

Oui, c’était à l’occasion des vingt ans du label tôt Ou tard, alors pour marquer le coup, on a décidé de faire une chanson ensemble sur scène. Adrien a récemment signé sur le label comme nous, alors cela avait du sens. Nous partageons la même tourneuse. C’est elle qui m’a fait découvrir ses chansons qui m’ont beaucoup plu. Il est venu répéter avec nous la semaine précédente. Ce morceau nous a permis d’apprécier également ses talents de saxophoniste.

  • Pour revenir à l’album, peux-tu nous expliquer le choix du titre « À la vie, à la mort » ?

Le titre est venu complètement à la fin. Lorsque j’ai commencé à écrire des chansons, je ne pensais pas à faire un album. J’écrivais au fil de ma vie, quand j’avais du temps et de l’inspiration. L’idée d’un album est venue lorsque j’ai accumulé suffisamment de titres. Après en avoir sélectionné une dizaine, puis terminé l’enregistrement, le mixage et je n’avais toujours pas d’idée de titre pour l’album. Au fur et à mesure que la date de sortie approchait, cela devenait angoissant. J’ai trouvé le matin avant qu’il ne parte au pressage. J’avais déjà plusieurs idées quand Clément m’a fait remarquer que la chanson « À la vie, à la mort », qui est ma préférée, ferait un bon titre.  Et c’est vrai que ce titre résume bien les quatre années que j’ai vécu. J’ai été un peu malade, puis j’ai trouvé un second souffle, je suis reparti de l’avant, puis j’ai cru que je n’allais jamais terminer l’album. Ces années étaient assez extrêmes avec des grandes joies, mais également des périodes difficiles. « À la vie, à la mort » résume finalement bien les deux pôles entre lesquels j’ai navigué pendant ces quatre années.

  • Avant, tu faisais partie du groupe Eté 67. Est-ce qu’être seul aux commandes a changé ta manière de composer des chansons ?

Dans le groupe, j’avais l’impression d’être le porte-parole d’un collectif. Être seul m’a offert plus de liberté. Je pouvais aller au plus profond de moi, je devenais le chroniqueur de ma vie, de ce que je voyais, de ce que je vivais. D’autre part, je n’étais plus tenu par un style musical précis. Alors oui, la démarche créative a été profondément différente et j’ai l’impression de m’être véritablement retrouvé dans cette configuration.

  • Quelles musiques t’ont inspirées pour cet album ?

Je ne saurais dire quelles musiques précisément. J’ai été certainement influencé par la musique que j’aime, et peut-être même par celle que je n’aime pas. Je suis un grand amoureux de musique en général, de tous les styles, de toutes les époques. Je ne m’attache pas à un style musical particulier. Quand j’aime une musique, je l’aime vraiment, je la décortique et elle me nourrit. Alors oui, il y a forcément de la musique des autres dans ma musique.

  • Ton album a reçu un accueil très enthousiaste, la critique est très positive. Est-ce que cela t’a surpris ?

Pas vraiment. J’ai bien évidemment douté pendant très longtemps sur plein de choses, mais une fois l’album fini, avec le titre, la pochette, je connaissais sa valeur. Je n’étais pas vraiment stressé. Bien sûr, je ne savais pas qu’il allait toucher autant de monde, qu’autant de papiers sur lui paraîtraient. Mais je me disais qu’un album fait avec autant de passion et de bonnes vibrations ne pouvait pas être totalement mauvais. Alors, tous ces articles font très plaisir, mais après ? Car on est comme tout le monde, on a un loyer à payer. L’important, pour nous en tant que musiciens, reste le nombre de dates à venir. Et puis, cela va-t-il nous faire vivre ? Autant de questions qu’on se pose aujourd’hui.

  • Du coup, la signature avec le label tôt Ou tard a dû te rassurer par rapport à ces questions ?

Quand on a signé, l’album était presque terminé. Cela n’a donc rien changé pour le projet. Par contre, le label a changé l’exposition apportée à l’album. Il t’ouvre des portes, te permet de jouer sur des scènes comme celle-ci.  Et cela nous a poussés effectivement à adapter le projet pour ce genre de rendez-vous. Arriver tout seul sur scène avec une guitare acoustique, même si Vianney va le faire ce soir, c’est pas mon truc. J’ai besoin d’être entouré de musiciens, d’avoir une « team » derrière moi.

  • Tu joues autant en Belgique qu’en France ?

Oui, essentiellement dans ces deux pays. Même si on a joué au Canada en juin, à Montréal puis à Tadoussac, où l’on a vu des baleines. Début 2017, une tournée est prévue en Italie. À partir de septembre, beaucoup de dates sont programmées en France, notamment le 1er septembre à Paris dans le cadre du festival Kiosquorama.

  • Et quels sont tes projets après Fnac Live ?

Le projet immédiat, ce sont des vacances en Italie. Je voudrais prendre un peu de temps pour m’occuper de ma fille, Rosa ; je suis papa depuis deux mois ! Et pourquoi pas écrire de nouveaux morceaux…


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