[LP] Lou-Adriane Cassidy – C’est la fin du monde à tous les jours

La jeune auteure-compositrice-interprète québécoise Lou-Adriane Cassidy nous livrait son premier opus de 10 titres en février dernier. Fille de musiciens, mais aussi choriste auprès d’Hubert Lenoir, la chanteuse aux multiples casquettes nous montre qu’elle a beaucoup à nous offrir avec cet album qui « nous prend au cœur et au ventre ».

En 2017, Lou-Adriane Cassidy sortait son premier single « Ça va, ça va », l’année précédente, elle était sélectionnée à la fameuse émission La Voix puis repérée lors des Francouvertes de 2018. Cette année, la jeune Québécoise de 21 ans continue de faire parler d’elle à travers un album riche et intensément beau. « C’est la fin du monde à tous les jours » nous parle de vie, de mort et sacrément d’amour.

Les artistes ont pour habitude de faire de grands jets de médiatisation pour la sortie de leur album (surtout le premier), Lou-Adriane a quant à elle fait le choix de la discrétion et de la simplicité ; pas de clip, pas de teaser, juste un album à l’état brut. D’habitude, les artistes valorisent de tout faire seul, de la composition à l’écriture, elle n’en a que faire et ne voit pas de honte à collaborer et se nourrir des autres pour monter cet opus. C’est d’ailleurs auprès de Simon Pedneault (Tire Le Coyote, Gabrielle Shonk) qu’elle s’appuie pour signer en coréalisation ce dernier. C’est aussi avec Stéphanie Boulay (« La fin du monde à tous les jours »), Tire le Coyote (« Mon bel antidote ») et Philémon Cimon (« Ça va, ça va ») qu’elle coécrit avant de se prêter elle-même au jeu de l’écriture. De cette philosophie décomplexée naît un premier long format fort, aux défauts rares et où, manifestement, le partage fait la force.

crédit : John Londono

Lorsqu’on parle de folk du nouveau continent, le mot d’ordre est souvent la mélancolie. Lou ne déroge pas à la règle. Accompagnée d’un band clavier-guitare-basse-batterie et d’un quatuor à cordes, Lou chante les amours tristes, mais pas que ; c’est la tragédie de tous les jours qu’elle nous livre, celle qui se loge dans les petits gestes quotidiens. C’est ce qu’elle réussit à faire avec brio sur le titre « Respiration ».

Parfois, les mélodies sont douces et les instruments nous bercent ; d’autres fois, la tristesse tourne à l’orage et les cordes grincent. L’interprète dépeint avec sa voix chaude un monde lui, bien froid. Avec désinvolture, elle nous emmène nous promener sur sa terre natale : « Il pleut des oiseaux morts au bord du Saint-Laurent, le soleil se lève lentement… »

L’album évolue dans des nuances de gris et se marie parfaitement avec nos journées moins heureuses. Après tout « c’est la fin du monde, mais on s’en fout, y en aura d’autres après nous. »

« C’est la fin du monde à tous les jours » de Lou-Adriane Cassidy est disponible depuis le 8 février 2019 chez Grosse Boîte.


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