[Live] Festival Aurores Montréal 2019

Second soir à la Bellevilloise : Émile Bilodeau, Joe Bel et Pascale Picard

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Second soir à la Bellevilloise : Émile Bilodeau, Joe Bel et Pascale Picard

Émile Bilodeau, jeune auteur-compositeur-interprète de 23 ans, sera le premier à chanter ce soir pour les Parisiens. Le Québécois fit sensation dans la belle-province avec son premier album sorti en 2016, « Rites de passage ». Notamment grâce à la rengaine mélodieuse et captivante « Ça va ». Le chanteur arrive sur scène accompagné uniquement d’un claviériste, qui prendra aussi les chœurs sur certains morceaux. Il interpelle jovial la salle encore assez dégarnie et entame son set sur les chapeaux de roues.  Bien qu’équipé uniquement d’une guitare acoustique, il occupe remarquablement l’espace et ses textes font mouche. Entre poésie de la vie ordinaire et jeux de mots pince-sans-rire. Comme sur le titre, « Ton nom » qui se termine comme suit : « Québécois, c’est joli/québécois, c’est concis/et crois-moi, c’est con si/on ne devient pas un pays ».

Vous l’aurez deviné, le titre traite aussi de l’indépendance du Québec. Alors que nous rencontrions l’artiste plus tôt dans la journée, il s’exprimait sur les sujets qui le touchent, par exemple, l’environnement. Interview à venir aussi. « Freddy Mercury », chanson pleine d’humour qu’il ne manque pas de surjouer volontairement comme le ferait un acteur de Vaudeville. Puis, lorsqu’il interprète son titre « j’en ai plein mon cass » (comprendre j’en ai ras le bol en québécois) et harangue joyeusement la foule, on se surprend à réaliser que le jeune homme est un peu un Coluche de la chanson. Dans la bonhommie comme dans l’engagement. Ce dernier titre marque par le nihilisme de ses paroles (mais n’est-ce pas la seule façon de rester sain d’esprit que d’être nihiliste ?) et le ton désabusé de son chant. Il assène ensuite « Robin des bois » tiré de son dernier album « Grandeur mature » puis son tube « Ça va » repris en chœur par la foule qui s’est faite plus dense. Il quitte la scène en remerciant chaleureusement le public et le festival.

C’est au tour de Joe Bel de monter sur scène. La Française, elle aussi seule avec sa guitare acoustique et habillée d’un costume noir, nous interprète ses compositions. La plupart en anglais, mais certaines aussi en français. Dotée d’une jolie voix douce et légèrement éraillée, elle propose une soul-folk très ancré dans la tradition musicale du sud des États-Unis. Les refrains sont efficaces et entrainants, volontiers chantés par le public. Avec deux EP et un album à son actif, mais aussi ayant ouvert pour Asaf Avidan durant une de ses tournées européennes, et s’étant fait remarquer dans le film « Tout pour être heureux », la jeune artiste a déjà de solides fondations dans l’industrie de la musique. Elle s’autorise aussi la fragilité et nous annonce comme avant dernier morceau un titre qui traite du sujet de la peur et de la volonté de l’accepter et la maitriser. Elle semble avoir conquis le cœur des Québécois, car la plupart de ses concerts se passent de l’autre côté de l’Atlantique.

Dernier interlude de la soirée le temps que soit organisée la scène pour Pascale Picard. Cette dernière arrive avec une formation inhabituelle : une pianiste, une contrebassiste et elle-même au chant et à la guitare. Ayant acquis une forte notoriété au milieu des années 2000, en s’inscrivant dans une scène folk-pop dont faisaient partie des chanteuses telles qu’Amy Macdonald ou Katy Melua, l’interprète a marqué l’époque avec entre autres le tube « Gate 22 ». Après un morceau d’introduction enlevé, elle se présente et nous explique comment elle est arrivée à tourner avec ce format de groupe dont elle est très satisfaite. Ce dont témoigne son compte Instagram. Bien qu’elle n’ait que deux musiciennes avec elle, l’adresse de celles-ci avec les harmonies vocales et leurs instruments en impose. D’autre part, on peut sentir le plaisir de jouer les morceaux dans leur attitude. Le set couvre différents albums de la chanteuse, mais on remarquera en particulier un morceau tiré de son dernier long format « The Beauty We’ve Found ».

« Rock Bottom » fait frémir avec son arrangement de guitare aux sonorités country-blues hantées et son crescendo sur le refrain. Le trio varie les ambiances. Entre chansons à trois instruments, morceaux avec la chanteuse seule au micro accompagnée des deux autres ou interludes surprenants uniquement aux percussions. La Québécoise garde le meilleur pour la fin et nous interprète bientôt le hit mentionné plus haut. Après leur sortie de scène, les trois femmes reviennent pour le rappel et jouent un titre accompagné de boucles de percussions déclenchées aux pads par la chanteuse. Il faut bien vivre avec son temps.


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