[Live] Last Train et The Animen à La Maroquinerie

Last Train, ou la fameuse claque prise par les médias, revenait tout défoncer à La Maroquinerie le jeudi 10 mars dernier, pour fêter sa vingtième date parisienne. Et en plus, c’est du made in France, ma p’tite dame !

Last Train à la Maroquinerie
Last Train à la Maroquinerie – crédit : Christophe Crénel

La première partie l’annonce clairement : ce soir, personne ne chômera ! Théo Wyser, leader des Animen, enfourche sa guitare et nous embarque dans un intrépide road trip, ou plutôt un horse trip. Le set galope, le public est séduit par la maîtrise et l’assurance du groupe. Le projet jongle habilement entre les inspirations 50’s et 60’s, à l’instar d’un « At War » très proche de l’univers de Gaspard Royant. Les mélodies et le timbre de voix, légèrement rugueux, du chanteur rappellent parfois les débuts des Mighty Stef ou des Last Shadow Puppets. Les guitares grincent, le public frappe des mains et puis, soudain, un ukulélé surgit de nulle part. Il entonne une composition plus lumineuse, plus aérienne et intemporelle: « My Pretty Ballerina ». Le concert se termine sur l’une de ces jolies chansons entraînantes que l’on entend dans les films, lorsque les protagonistes courent de joie sous la pluie, en plein Paris.
À l’entracte, la bande de potes de derrière prédit « un concert énorme, à l’ancienne ». À l’ancienne, nous ne savons pas ; mais énorme, c’est incontestable !

L’harmonica d’un western spaghetti fend l’obscurité, les quatre jeunes hommes de Last Train montent sur scène à pas de loup… et balancent (littéralement) les premiers riffs de « The Holy Family ». Toute la force du groupe réside dans cette maîtrise parfaite de la tension. Les musiciens domptent instinctivement la fosse dès les premières notes par le rythme saccadé des morceaux. Ils instaurent de longs interludes suspendus, où la poussière vole, avec de gros riffs des familles bien crasseux. La scène prend des allures de ring, comme si le groupe devait livrer un dernier combat pour exorciser ses vieux démons, tout donner avant de s’évanouir.

La fièvre du rock’n’roll ne tarde pas à monter, Jean-Noël se joint aux fidèles et fait passer son instrument de main en main, avant d’entamer « Jane ». Ce titre empeste le Far West : il est lourd, lent et poussiéreux… et ne pensez surtout pas que cette remarque est péjorative. Au contraire, ce rock brut est excellent. De plus, à force d’écumer les scènes de France, la part technique ressort moins et les titres gagnent en sincérité. Par exemple, le chant paraît plus naturel maintenant que sur les clips. Bien sûr, il reste quelques imperfections et peut-être quelques clichés, mais c’est ce qui offre tout son charme au groupe. N’est-ce pas amusant de voir un jeune type galérer à jouer de la gratte tout en voulant tirer sur sa clope ?
La soirée est à son zénith lorsque les deux morceaux « Leaving You Now » et « Fire » s’enchaînent. Le public est plus dingue qu’une Américaine apercevant la Tour Eiffel derrière la vitre d’un wagon de métro !
Au rappel, la joyeuse troupe revient avec un « Cold Fever » à fleur de peau : le point culminant du combat, le moment décisif. La batterie prend de l’ampleur, monte progressivement, les voix chuchotent, les guitares ralentissent… l’assemblée est tendue, captivée… et le refrain pop ressurgit ! Last Train a remporté cette victoire, maintenant ils foutent le zbeul sur scène, grimpent sur les amplis, se lancent dans des solos aussi interminables qu’improbables, défoncent la batterie et se barrent avec un pied de micro en main, comme si de rien n’était. Chic et rock’n’roll.


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