Désormais bien ancré dans le paysage musical français et pourtant tout nouveau, La Femme revient au Chabada après un passage remarqué l’an dernier et un premier album, le très réussi « Tropical Psycho Berlin ».

J’arrive tout juste pour voir les Angevins de Thylacine chauffer la scène avec leur deep house de très bonne facture.
De date en date, le duo habite de mieux en mieux la scène et sait emmener le public vers le lieu désiré.
En plus de composer de très bonnes chansons contrairement à la majorité des producteurs du genre, la tête pensante du projet, William Rezé parvient à faire danser toute la salle en commençant sagement par les premiers rangs pour tranquillement faire voyager la fièvre du samedi soir jusqu’au fond de la salle.
Il serait fort probable de voir Thylacine exploser grâce à la sortie imminente de leur prochain EP ; c’est en tout cas tout le mal que je leur souhaite.

La dernière fois que j’ai eu l’occasion de voir La Femme, c’était à Rock en Seine. Un concert qui ouvrait à un très grand week-end de concerts. La Femme était cet après-midi là très carré, très propre et avait fait un choix de chansons relativement sages. Ce soir au Chabada, la troupe de Biarritz et leur chanteuse de Quimper montrent le visage de la folie qui plaît tant.

En ligne sur le devant de la scène, le groupe distribue les claques et les tubes armés de leurs fidèles vieux claviers et thérémines, osant allier des pop songs évidentes à un psychédélisme jubilatoire.

L’extase apparaît lors de l’enchaînement « Sur La Planche » et « It’s Time To Wake Up » en plein milieu du concert. Déjà classique, l’ode au surf de Biarritz modèle la foule selon son bon vouloir.
Nous verrons même un slam durant ce morceau, fait assez rare au Chabada pour être précisé. Puis résonne un « California, it’s time to wake up » à peine chuchoté par les chanteurs, départ de l’instant psychédélique fou et génial du concert. Tel un mantra, le morceau ose sans peur aucune les répétitions, les larsens et l’improvisation. Avec une même ligne de basse de deux notes jouées durant tout le morceau – le plus long de la soirée – et le chant au texte absolument sublime, La Femme n’a vraiment pas peur de profiter d’un public conquis d’avance.

La suite des évènements était prévisible, le groupe enchaîne les titres géniaux de son premier album avec brio et sans temps mort, laissant sa performance toujours aller plus haut. Allez donc écouter le groupe vous jouer la douceur morne de « Le Blues de François » ou l’explosion d’énergie et les paroles débiles de « Anti-taxi » pour vous convaincre que La Femme sera un des groupes majeurs des prochaines années.
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