[Live] JoyCut au Chabada

Combien étions-nous ce mercredi soir devant la scène club du Chabada ? Cinquante ? Soixante ? Une poignée de curieux, de passionnés ou d’irréductibles piliers du lieu, venus avec le vague pressentiment de viser juste

JoyCut © Fred Lombard

Qu’attendre de la prestation d’un groupe encore confidentiel, certes adoubé par la scène indé (collaborations avec Arcade Fire, Editors, Art Brut, Sebadoh…), mais encore loin de remplir les Zénith et de faire la une des Inrocks ? Qu’elle nous surprenne, qu’elle nous empêche de prononcer cette sempiternelle et terrible phrase de fin de concert : « Mouais… Pas mal. C’est sympa. Rien de révolutionnaire mais bien foutu… » Bref, qu’elle nous empêche de nous replier vers le bar au bout du 3e morceau, un œil distrait sur la scène et l’autre sur sa mousse…

Mission accomplie pour les trois Italiens de JoyCut. D’emblée, la configuration de la scène annonce la couleur : un synthé au centre, encadré de chaque côté par deux kits de batterie. À la manière des Young Gods et de leurs riffs de guitares samplés, JoyCut détourne les codes traditionnels du rock pour n’en conserver qu’une vision désincarnée et singulière. Chant absent, nappes de claviers lumineuses, délires sonores en tous genres et pilonnage en règle des deux grosses caisses. Les premiers morceaux du set voient le trio naviguer entre séquences quasi indus’, références cold wave façon New Order, hommages à Kraftwerk et réminiscences d’un Depeche Mode devenu aphone.

JoyCut © Fred Lombard

Côté visuel, c’est presque le minimum syndical : un jeu de lumières sobre et un écran découpé en forme d’as de trèfle, diffusant quelques images énigmatiques. Aucune esbroufe, JoyCut capte l’attention par la seule force de sa musique, lui subtilisant durant la dernière demie-heure du set ses atours les plus froids et martiaux au profit de climats plus « ambient » et psychédéliques. Le clavier placé au centre de la scène empoigne enfin une guitare et expédie illico le public en orbite. Mugissements de la six cordes et chant noyé d’échos. Le ton se fait plus religieux, incantatoire. Ça tombe bien d’ailleurs, car les parties de guitares claires du morceau suivant ravivent l’esprit du Cure des 80’s. JoyCut achève son set en totale apesanteur : chant planant, piano et claviers crépusculaires. Bilan de la soirée : une heure de show, une reprise de Foals (« Spanish Sahara ») et un (trop maigre) public conquis. Grazie mille !!


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