Beauregard 2023, c’était aussi HADA et son « garage rock pop à facettes ». Prix du public au tremplin John’s Session du Festival Beauregard 2022, les quatre membres caennais lancent la dernière journée du fest sur la grande scène. Au programme : nostalgie pop des années 80, guitares saturées, synthés et mélodies aux accents anglo-saxons pour exprimer toutes les facettes de leur nouvel EP Marigold , écrit et composé en une semaine. Rencontre avec Manon (voix et synthé), Simon (basse), Alban (guitare) et Louis (batterie et composition).

- Vous voilà de retour sur le festival et côté scène cette fois, qu’est-ce que ça fait ?
Manon : Première fois sur scène, mais c’est vrai qu’on avait fait le tremplin il y a un an et demi, qu’on avait perdu d’ailleurs.
- En voilà une belle revanche, on a tous envie de perdre comme ça.
HADA : C’est clair !
Manon : En plus, c’est notre première aussi grosse scène donc une sacrée expérience.
Alban : Un peu de pression.
Manon : Stressés, oui.
Alban : Mais au bout du deuxième morceau, on était lancé.
Simon : Et les gens étaient hyper réceptifs, ça dansait et il y avait quelques têtes qu’on connaissait.
Manon : Oui, les copains, ça rassure.
- Est-ce que vous avez un rituel avant de monter sur scène pour évacuer la pression ?
Manon : On tient quelque chose là… (rires) alors avant on avait le petit shooter pour détendre un peu les nerfs, mais là on ne l’a pas fait.
Alban : On ne voulait pas prendre de risque alors, à la place, on s’est fait un gros câlin.
- Ah, rien ne vaut l’échange d’ocytocines ! Est-ce que vous êtes des habitués des festivals ?
Manon : En tant que festivaliers ? Alors Beauregard, je l’ai fait pas mal de fois, Chauffer dans la noirceur aussi qui n’est pas très loin d’ici, Art Sonic…
Simon : le Hellfest !
Alban : Et Levitation France à Angers.
- Quelle serait la scène où vous rêveriez de jouer ?
Manon : Glastonbury (approbation générale)
Alban : Ah bah là, je te dis pas la pression.
- Faudra un méga câlin là.
(Rires) C’est clair.
- Est-ce que c’est vrai que vous avez composé votre 2e EP en une semaine ? Ça s’est passé comment ?
Manon : Oui. On s’est enfermés tous les quatre ensemble.
Alban : On a loué une petite maison en bois vachement cool dans le Perche qui avait déjà une salle de musique. On s’y est installé, on a monté une mini-régie dans le salon…
Louis : On a pris du vieux matos : une console 16 pistes.
Simon : premier jour : installation, et deuxième jour : on a commencé à enregistrer directement. Pas de démo, on a tout créé et enregistré sur place.
Alban : On devait avoir une ligne de synthé max et basta.
- Comment ça se passe quand vous êtes en création ?
Manon : Souvent les garçons font les instruments d’abord et après je pose ma voix dessus.
Alban : T’étais à côté à chantonner des trucs…
Manon : J’écrivais pendant qu’ils accordaient les guitares.
Simon : On échangeait en même temps, du genre « là, je mettrais bien un refrain, cette partie je la ferai bien durer plus longtemps, et cetera », et ça s’est fait assez vite et naturellement. Presque un son par jour pendant 4-5 jours, les cinquièmes et sixièmes jours, on a peaufiné tout ça, puis on a remballé le matos et Louis a mixé à la maison.
- Et, au final, de tout ce que vous avez créé vous avez tout gardé ?
Manon : Oui. C’était un test, c’est pas sûr que ça marche aussi bien à chaque fois.
Alban : Mais parce que c’était la première, qu’il y avait un côté vacances, on avait envie de tout donner dans une ambiance studieuse, mais détendue et ça l’a fait !
- Pourquoi vous chantez en anglais alors que vous êtes français ?
Manon : On est tous déjà plutôt clients de la musique anglo-saxonne et je suis plus à l’aise en anglais, c’est plus facile de se cacher derrière la langue. Quand on regarde mes playlists, il y a très peu de sons en français, mais plutôt du Fleetwood Mac, Depeche Mode, Talking Heads, et si c’est français, ce sera plutôt du Niagara ou du rap.
Alban : Ou du Bashung, du Balavoine.

- On vous qualifie de « garage rock pop à facettes », c’est une expression qui vient de chez vous ?
Manon : C’est un journaliste qui nous avait dit ça, Gildas. On avait trouvé ça marrant donc on l’a gardé. Mais tout à l’heure, on nous a dit qu’il fallait changer en « garage rock pop à paillettes ».
- Ça fait plus festivalier oui, en effet. (Rires) Est-ce que vous avez vraiment commencé à jouer dans des garages ?
Manon : Dans des caves hyper planquées, des petits bars…
Simon : Et mélanger grosses scènes et petites scènes c’est bien, je pense que, quoi qu’il arrive, les petites scènes on en fera longtemps.
Alban : On a tous des assos aussi donc petits comités de 50-80 personnes max qui viennent que pour le concert, c’est une autre ambiance. On aime jouer pour ces milieux-là et notre asso nous permet aussi d’aider d’autres groupes à tourner. Il y a un côté indé et on est très DIY alors on crache pas sur les grosses scènes, c’est clair, mais on aime bien aussi s’occuper de l’organisation des concerts, imprimer nos t-shirts.
Manon : On fait nos pochettes…
Alban : Via notre asso La fée couinée qui s’appelle comme ça parce qu’on avait des potes en concert qui criaient « fait couiner ta guitare ».
Manon : Et notre label aussi Sylverbarbe Records.
- Donnez-moi trois chansons pour les gens qui ne vous connaissent pas :
Louis : Claps
Manon : All We’ve Done
Simon : Journey
- Quelle est la chose que vous aimez le plus des uns chez les autres ?
Manon : L’énergie de Simon.
Louis : Moi je sais pour tous : les jumps de Simon, le suspense de Manon et la tranquillité d’Alban.
- Est-ce que vous pensez que la musique doit être engagée aujourd’hui ?
Manon : Si c’est engagé, il faut que ce soit jusqu’au bout.
Louis : Et que ce soit authentique.
Alban : C’est important d’avoir une position je trouve, mais elle n’est pas obligée de ressortir partout. Mais avoir un minimum d’éthique ; c’est la base.
Simon : Après c’est vrai qu’on partage aussi tous les mêmes valeurs.
Manon : Par exemple, sur « All We’ve Done » on parle de réchauffement climatique.
Alban : Grâce à Manon, on s’inscrit dans un mouvement qui favorise la visibilité des femmes qui font du son, on a des femmes backstage aussi, on a entendu parler du mouvement More Women on Stage. Et plein de petites choses qu’on fait au quotidien pour être cohérent en tant que groupe avec nos valeurs.
- Ici à Beauregard, un un groupe a imposé à son label de laisser le merchandising à prix libre…
Manon : Ce ne serait pas Cemented Minds ?
Manon : Ah bah, c’est des copains, on fait les t-shirts et d’autres petits trucs ensemble.
Alba : Et dans notre asso, il y a une branche « sérigraphie » où l’on fait tous nos tees.
Manon : Le seul truc qu’on ne peut pas mettre à prix libre, ce sont les vinyles, sinon on fait tout et on fait en sorte que ce soit accessible aux plus de gens possible.
- Si vous deviez jouer au nom d’une cause en particulier, ce serait laquelle ?
Manon : C’est compliqué parce qu’il n’y en a pas une qui mérite plus qu’une autre.
Louis : Moi, la cause des migrants c’est quelque chose qui me tient vraiment à cœur.
Alban : La difficulté, c’est de trouver une asso clean, mais Sea Shepherd, ça pourrait être pas mal. Donc soit un truc en rapport avec l’écologie, soit une asso qui œuvre pour du social.

- Si la musique avait un super pouvoir, vous voudriez qu’elle fasse quoi ?
Alban : Que tout le monde s’aime.
Manon : Rassembler les gens.
- Une chanson comme hymne mondial ?
Simon : « In the End » de Linkin Park (rires)
Manon : C’est cliché mais « Imagine » de John Lennon.
Alban : Et un truc d’actualité : « I Shot the Sheriff » de Bob Marley et pourtant j’aime pas le reggae.
Louis : C’est vrai que Bob, même si t’aimes pas le reggae, tu connais forcément et tu ne peux pas lutter contre son chill.
- Une chanson pour tomber amoureux ?
« Enola Gay » (commencent à chanter), « Dreams » de Fleetwood Mac, « Still Beating » de Mac DeMarco : ça, c’est idéal pour se faire des bisous sur la plage.
- Une chanson avec une couleur ?
« Blue » de Eiffel 65 et « Yellow Submarine » parce que les Beatles !
- On vous retrouvera au BBC à Caen le 31 octobre et on a hâte d’entendre ce nouveau single dont la sortie est prévue en décembre. Merci HADA et à bientôt !























