[Live] Fontaines D.C. au Point Éphémère

On a adoré Shame et Idles. On va vénérer Fontaines D.C. Replaçant le centre de gravité du post-punk anglo-saxon à Dublin, les Irlandais épatent sur un premier album furieux et transfiguré sur scène par ses interprètes. Démonstration à Paris.

crédit : David Servant

Pour leur deuxième date de tournée hors UK, les Irlandais semblent prêts à en découdre. Le chanteur ne tient déjà plus en place, et fait les cent pas sur scène autour de ses acolytes alors qu’un petit bug technique interrompt la prestation dès la première chanson. Tension et nervosité sont les maîtres mots de cette prestation, mais qui conviennent ainsi fort bien à l’esprit du groupe au rock bagarreur. Même un peu froids et distants, les Dublinois parviennent à venir chercher leur public, à le porter dans une transe punk dont les spécialistes du pogo ont du mal à échapper. Le cœur de la fosse reste ainsi en ébullition toute l’heure du set.

Dans la foulée des Shame et autres Idles, Fontaines D.C. participe au renouvellement des scènes les plus furieuses de l’axe Londres – Dublin. Portant toutes les désillusions de la jeunesse, le groupe nourrit de grands espoirs pour être, à la suite de leurs aînés, parmi les « must see » de nos prochains grands festivals estivaux. De l’autre côté de la Manche ou de l’Atlantique en tout cas on ne s’y trompe pas, en leur déroulant le tapis rouge en réponse à la tendance pour la morosité qu’on trouve pour la scène indie-rock anglo-saxonne actuelle. Toujours en recherche d’une formation qui pourrait chatouiller le mainstream, Fontaines D.C. n’a peut-être pas encore tous les ingrédients du live, mais pas de doute qu’avec le temps et l’expérience, ces Irlandais-là cassent la baraque au-delà du cadre intimiste du Point Éphémère.

Tubes potentiellement pop ou énergie punk, ce rock-là, en effet, sans rien inventer en a franchement sous le capot. « Television Screen » et autres « Boys in the Better Land » sont des hymnes en puissance qui ne demandent qu’à épouser l’ampleur d’un large public. Ils portent un premier album qui fait figure de sensation cette année : pour façonner ce « Dogrel », traduit comme une poésie populaire irlandaise, Fontaines D.C. joue de sarcasmes dans les textes et de rage dans la diction.

Le tout est d’une urgence renversante, donnant un certain charme à ces impuretés ou ses imperfections portées par un chanteur à la voix pleine de fioritures et d’insouciance. On y retrouve l’esprit des Pogues converti au hardcore sur « Dublin City Sky » évoquant la fameuse « Dirty Old Town ». Amateurs de sensations fortes : n’attendez pas de vous plonger ce déluge irlandais.


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