[Live] Festival les inRocKs 2016 à Stereolux

Vacillant entre salles parisiennes et provinciales, le festival cher au magazine Les Inrockuptibles a fait comme à son habitude halte à Nantes et son Stereolux. Récit d’une première soirée, samedi 19 novembre 2016, où la couleur clairement annoncée était celle de la pop à la française.

Lescop - crédit : Fred Lombard
Lescop – crédit : Fred Lombard

Le sourire espiègle aux coins des lèvres, la divine Juliette Armanet ouvre le bal. Ses mots et ses notes au piano se télescopent vers un paradis tantôt désenchanté, tantôt surréaliste. « C’est l’homme de ma vie » chante-t-elle en croisant le regard d’un spectateur face à elle. « Ça a l’air gênant pour lui » plaisante-t-elle en plein milieu de sa chanson. Suspendre l’émotion dans des morceaux comme « Manque d’amour » et reposer les pieds sur terre puis s’envoler de nouveau, c’est la patte de la compositrice parisienne. « L’amour en solitaire » et ses paroles faussement naïves ou encore le remuant « Cavalier seule » témoignent d’une intelligence et d’une malice qui transparaissent à travers l’interprétation de l’élégante chanteuse et comédienne. Une interprète bien accompagnée, puisqu’entourée sur scène des musiciens maison d’Aquaserge et de Melody’s Echo Chamber (le fougueux et heureux Stéphane Bellity aka Ricky Hollywood derrière les fûts et l’énergique Vincent Mougel aux claviers notamment). Les hommages qu’elle rend à Véronique Sanson par sa voix fluette sont évidents, mais ne tournent jamais à la caricature. Le projet de Juliette Armanet mélangeant chanson française classique et pop moderne nous a convaincus par sa fraîcheur prometteuse.

Les Rennais de Her continuent leur brillant parcours depuis leur révélation aux Trans Musicales l’an passé. Dans un live oscillant entre douceur et fureur, ce « boys band », qui ne comporte donc pas de membre féminin, mais qui sait si bien leur rendre hommage captive avec brio. Entre le charisme de Victor Carpentier au chant impressionnant les mains dirigées vers le ciel et le style vocal maîtrisé de Victor Solf, la synergie est sublime. Autour d’eux, les autres musiciens s’emparent des compositions avec corps et passion. Tantôt gospel, tantôt soul, tantôt pop, le quintette surprend et communique son enthousiasme avec les spectateurs nantais, nombreux et conquis dans l’assemblée. Après une triplée de nouveaux hits, inconnus jusqu’ici mais sacrément fédérateurs, l’arrivée du nonchalant puis fougueux « Quite Like » fait surgir des hourras de la foule attendait le morceau avec impatience ainsi qu’un autre tube en date, plus récent celui-ci, « Five Minutes ». C’est sur la reprise du fascinant et frissonnant « A Change Is Gonna Come » de Sam Cooke que le concert sera conclu. Un moment magique du concert phare (pour nous) de cette soirée, qui affirme un peu plus encore la maturité gagnée par le projet en à peine un an. Il nous tarde désormais plus que jamais de découvrir le premier album.

Après un premier album « Recto Verso », orfèvrerie de house « french touch » accompagnant des textes en français tendance Laurent Voulzy, nous attendions beaucoup de ce concert de Paradis. Le groupe a laissé tomber sur scène sa formation duo pour s’élargir à travers un groupe « live ». Une formation audacieuse pour un groupe très connecté à ses machines et qui a donc voulu s’entourer d’un batteur (celui de Zombie Zombie) et d’un claviériste. L’idée était bonne. Qui n’a jamais pensé qu’un concert derrière des platines était moins vivant qu’une scène occupée par des musiciens et leurs instruments ? Paradis est avant tout un projet clairsemé de douceur et de poésie, mais qui se voit sur scène assailli par le jeu trop énergique de son batteur mêlé au chant timide de son chanteur Simon Mény. Nous avons donc assisté à une prestation où les musiciens en arrière-plan étaient bien plus valorisés que les leaders du groupe, ce qui sort de nos habitudes. Avons-nous donc assisté à un Paradis perdu ? En revanche, le set est parsemé de tubes qui font mouche : « Garde-le pour toi » et ses beats planants ou encore « Toi et Moi » et sa mélodie miraculeuse dégagent un plaisir d’écoute intense.

Très attendu par un public conquis depuis un premier album sorti en 2012, Lescop fait son retour sur scène et vient présenter les morceaux de son nouveau disque « Echo ». C’est d’ailleurs sur ce morceau phare qu’il entre sur scène, veste en jean et foulard autour du cou. Haranguant la foule et enchaînant des tubes plus lumineux qu’auparavant comme « David Palmer » et son sifflotement entêtant ou encore le cinématographique « Dérangé », le chanteur originaire de Châteauroux arrive à réconcilier amateurs de new-wave à l’ancienne et fans de sons plus électro. Sur scène, Lescop incarne les personnages qu’il raconte à travers ses textes et n’hésite pas à apposer sa gestuelle, quitte parfois à paraître vindicatif. La mélodie de « La Nuit Américaine » ou encore les paroles de « La Forêt », visiblement très attendues par le public à en juger ses cris, ont fait mouche. Une explosion rock sur « Un Rêve » nous a rappelé les débuts punks du chanteur avec son groupe Asyl. Un bémol en revanche du côté du son, souvent trop dissonant, qui a eu tendance à gâcher les harmonies de concert. Nous sommes en tout cas ravis par ces retrouvailles.


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