[LP] [Exclusivité] Dutch Uncles – O Shudder

Deux ans après le sublime « Out of Touch in the Wild », le quintette mancunien Dutch Uncles revient en force avec un quatrième opus, « O Shudder », pouvant s’avérer au premier abord déroutant, car complètement différent de son prédécesseur.

Dutch Uncles - O Shudder

Qu’on se le dise, pour Dutch Uncles, complexité rime avec facilité : avides d’en faire toujours plus, les cinq Anglais nous plongent directement dans un univers pop façonné d’influences 80’s.

Si la chanson d’ouverture « Babymaking » pourrait rappeler celles qui ponctuaient le précédent album avec ses violons mélancoliques, « Upsilon » part, elle, dans une toute autre direction. Taillé pour vos soirées les plus sauvage et pour vous entraîner sur le dancefloor, ce morceau est né pour être un, même LE tube de « O Shudder ». Chœurs toujours aussi présents et efficaces, maîtrise de la voix particulière de Duncan Wallis et touches eighties avec des claviers très marqués ; Dutch Uncles se lance encore plus loin dans la « synth pop » et trouve la recette qui marche et laisse à penser que ce groupe en a toujours plus sous le pied, d’autant qu’il réussit partout où il s’essaie.

Avec ses claviers encore plus en avant que sur les précédents disques et une touche électro grandement renforcée, on ne pourrait s’empêcher de penser à des groupes tels que Tears for Fears ou encore Talk Talk (d’ailleurs, le chanteur ne s’est jamais caché d’être un grand fan de cette décennie musicale). Très bon parolier, Duncan Wallis évoque là encore des sujets assez graves comme le terrorisme, les déboires amoureux, les doutes… Il semble être douloureux d’être un jeune d’une vingtaine d’années et issu de la banlieue nord de l’Angleterre.

Le seul regret que l’on pourrait avoir est l’abandon quasi permanent des guitares tout au long de l’album. Fort heureusement, la basse reste, elle, largement présente et ajoute même un côté funk sur des chansons telles que « Decided Knowledge » (ponctuée là encore de chœurs terriblement prenants, venant donner la réplique au chanteur tout le long du morceau) ou encore « In n Out ».

On appréciera également le piano vivement ressenti sur les titres « I Should Have Read » et « Given Thing ». Donnant un air encore plus grave et rappelant des anciens morceaux comme « Dolli » et « Nometo », il nous donne l’envie subite de faire le vide et de nous laisser bercer par chaque note jouée.

Il est loin, le temps du premier album éponyme et du (déjà très bon) « Cadenza ». En six ans, le groupe britannique a atteint une très grande maturité, que ce soit dans les textes ou les rythmiques très complexes. Exit les petites salles anglaises ou les premières parties de groupes plus affirmés (comme Wild Beasts ou Paramore) : le quintette mancunien excelle dans une pop exquise qui lui sied à merveille. On ne peut dès lors que lui souhaiter le meilleur et une plus grande reconnaissance partout en Europe (comme dans le monde). « O Shudder » sort le lundi 23 février, et se révèle bien évidemment comme l’album à posséder de toute urgence.

crédit : Adrian Lambert
crédit : Adrian Lambert

« O Shudder » de Dutch Uncles, sortie le 23 février 2015 chez Memphis Industries.


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