[Live] Drenge au Nouveau Casino

Après deux grands albums indie rock soufflant le chaud et le froid, on attendait Drenge au tournant de 2019. Avec son « Strange Creatures », le groupe de Castleton repart en tournée européenne, quatre ans après.

crédit : Mauro Melis

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les frères Loveless ont plutôt évolué. Depuis « Undertow » déjà, avec la mutation vers un trio en studio en accueillant le bassiste Rob Graham, et en encore plus aujourd’hui sur scène avec un quatrième partenaire, Ed Crisp, qui s’emploie à la guitare au synthé. Moins brut et direct, passé la formule guitare/batterie à la Slaves, Blood Red Shoes ou autres Royal Blood, les Britanniques se sont un peu calmés. Leur troisième long-format atténue leur verve grunge et ses accents garage ou punk.

Plus réfléchi, moins pressé, Drenge surfe davantage sur les vagues d’un rock alternatif, et le chanteur Eoin Loveless ne rugit plus tant dans le micro, posant sa voix tel un Alex Turner. Paradoxalement, on le trouve ainsi bien plus libéré sur devant le public, lâchant même la guitare pour se montrer davantage expressif sur scène, et moins froid qu’à son habitude. Mais les partitions ont du mal à suivre derrière, moins incarnées pour ne pas dire assez anecdotiques : « No Flesh Road », « Autonomy » ou le single quasi pop « This Dance » restent assez lisses. Quelque chose coince dans leur mécanique habituelle, mais les dernières productions offrent néanmoins quelques exceptions plus énervées : on retrouve ainsi quelques vibrations punk des Anglais avec « Bonfire on the City Boys ».

Mais un simple show consacré à « Strange Creatures » nous aurait laissés sur notre faim. Heureusement, le quatuor transforme la performance en revenant quelques années en arrière, réarrangeant ses compositions rageuses à quatre. Le sombre « Running Wild » est un délice instrumental, « Bloodsports » toujours aussi furieux et immédiat, quand le post-punk « Face Like a Skull » réveille le public pour un pogo de folie. Un précieux rappel remet ensuite tout le monde d’accord avec le génial « We Can Do What We Want ». La barre aurait ainsi largement été redressée si « Backwaters » n’avait pas subi le filtre aseptisé de ses dernières productions : revu et corrigé selon le format 2019, le titre y perd toute sa saveur et son énergie, dommage.


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